vendredi 27 avril 2018

ARCADE FIRE @ Le Zénith 26 avril 2018 - Nantes

Hier soir, 8 000 personnes se retrouvaient à Nantes, dans un Zénith bouillant pour accueillir ARCADE FIRE pour la première de leur deux dates françaises. L'excellente réputation Live du groupe n'est plus à faire, alors même si leur dernier album "Everything Now" a quelque peu dérouté les fans de part sa base disco et quelques titres jugés moins ambitieux qu'à l'accoutumée, voir Arcade Fire sur scène c'est toujours un grand moment. On a vérifié et on vous dit tout maintenant !


La scène de cette tournée est un ring de boxe placé au milieu de la fosse et surmonté d'écrans géants sur ses quatre côtés. Le public peut ainsi profiter pleinement de toute la troupe, puisque non seulement une plateforme centrale tourne tranquillement pendant les chansons mais les musiciens, eux aussi, alternent les placements pour occuper, au fil du concert l'ensemble du ring. Notons que la première partie est assurée par Preservation Hall Jazz Band. Excellent Brass Band de La Nouvelle Orléans, oscillant entre jazz et fanfare. Ceux là reviendront, 2 heures plus tard, rejoindre sur scène Arcade Fire, pour l'incontournable Wake Up.
Mais revenons à ce début ce soirée. Le groupe canadien entre en scène traversant la foule comme un boxeur entouré de sa team et c'est le son de la cloche qui  marque le début du show avec Everything Now.



C'est ensuite au tour de Régine Chassagne de chanter son Haïti natal, invitant les esprits vaudou à hanter les nuits de Duvalier. Lorsque celle-ci saisi son accordéon peu après, on devine déjà que c'est pour No Cars Go, première grosse montée en température dans la salle. Le seul moment un peu faiblard à mon sens sera Electric Blue, car malgré une belle interprétation de Régine, ce son Electro/Pop très années 80 me gène un peu. Gros light show sur Here Comes The Night Time et belle rythmique sur Put Your Money On Me : ce titre aux influences Georgio Moroder fonctionne très bien en Live. Le groupe sollicite ensuite le public pour un éclairage au téléphone portable sur Sprawl I (Fatland). Le Zenith prend d'un coup des allures de constellation.



L'enchaînement qui suit est énorme : Rococo (superbe titre issu de l'album The Suburbs) puis le puissant Neighborhood #3 (Power Out), avec une orchestration impeccable : xylophone, violon, percussions, basse. On distingue clairement chaque musicien, le son est parfait ! Le morceau se termine sur une incursion du manifeste anti Trump I Give You Power et une montée cacophonique dans le style A Day In A life des Beatles qui enchaine directement avec Rebellion (Lies). De façon très théâtrale, Will Butler maltraite son tambour et vient affronter son complice guitariste Richard Reed Parry à la façon toréador vs taureau. Et pour clôturer en beauté cette première moitié de set sous le signe de Funeral (premier Lp d'Arcade Fire), c'est le somptueux Neighborhood #1 (Tunnels) qui est repris par la foule chauffée à blanc. Le public en gradin est (pour la plupart) debout depuis le début du concert et l'ambiance est franchement très bonne.



On a bien apprécié les versions alternatives de certaines chansons. The Suburbs jouée au piano puis Ready To Start en mode remix. C'est ensuite le moment de la veste miroir et de la boule à facettes sur Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) et Reflektor. Le visage de David Bowie (qui reprend un couplet dans la version album) apparait sur les écrans tandis que Régine danse avec le public en plein cœur de la fosse, au son du saxophone qui transperce la fin du morceau. Puis c'est au tour de Win Butler de prendre son bain de foule sur Afterlife avant une fin de set entêtante sur Creature Confort



Vient le rappel en trois phases. Tout d'abord le superbe We Don't Deserve Love, une chanson du dernier Lp comme une complainte, dans le pur style de ce que produisait le groupe à ses débuts. Sur cette chanson c'est cuillères et bouteilles en guise de xylophone pour Régine Chassagne !
La reprise de Everything Now (Continued), version lente, qui sert aussi de prétexte pour faire revenir sur scène le Preservation Hall Jazz Band pour un final en apothéose sur Wake Up, joué ce soir à 16 musiciens et repris par les 8 000 spectateurs comme un hymne. Le groupe quitte la scène en jouant à travers la foule jusqu'à se diriger vers la porte de service, celle par laquelle ils sont arrivés il y a deux heures.  
C'est passé extrêmement vite et l'on reste époustouflé par tant de maîtrise. La démonstration de ce soir confirme ce que l'on sait déjà : Arcade Fire combat désormais chez les poids lourds et ne souffre pas de beaucoup de concurrence dans sa catégorie.

                                                                                                                                                              Jérôme



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