dimanche 3 août 2025

Festival du Bout du Monde 2025 - Samedi

Très heureux de revenir au Bout Du Monde pour cette 25ème édition. Ce festival, qui n'a jamais augmenté sa jauge (20 000/jour), est complet chaque année et bénéficie d'une réputation très solide grâce à une programmation métissée de qualité et une ambiance good vibes et multi générationnelle. Le public du Bout Du Monde est fidèle à cet état d'esprit et se rue sur les billets dès leur mise en vente. On pourrait presque parler d'abonnés ou de communauté du Boudu. Rarement disponible début août, je n'ai pu profiter du festival qu'une poignée de fois seulement, mais je garde en mémoire des concerts splendides: Manu Dibango, Matmatah, Robin Foster & Dave Pen, Technobrass, Calexico and Iron & Wine ou encore Stephan Eicher & Traktokestar pour ne citer qu'eux. Cette année, j'ai pu me libérer et venir jusqu'à Crozon pour la journée du samedi qui flashait sur mon radar depuis l'annonce de la programmation. Direction la presqu'île, c'est parti !

Il y a trois scènes au Boudu : la scène Landaoudec, la plus important où se produisent les têtes d'affiche, ainsi que le chapiteau Cabaret de Seb' et la scène François Kermarrec, deux espaces où les groupes programmés assurent 2 passages par jour. En entrant sur le site, je retrouve la déco plutôt rustique du festival. Des panneaux de bois, du fait main, pas d'écrans sur les scènes : un minimaliste qui donne au Bout du Monde un aspect artisanal qui convient à tous ici. Mais surtout pas de méprise, derrière cette simplicité affichée et assumée se cache une organisation bien rodée et une grande tribu de fidèles bénévoles qui œuvrent chaque année pour le bon fonctionnement du Boudu. En me dirigeant vers le premier concert de la journée, je longe une palissade du festival qui regroupe les affiches et les photos des précédentes éditions, sympa ! 

Je commence avec Dieuf-Dieul de Thiès qui ouvre la journée sur la scène F. Kermarrec. Le groupe sénégalais formé en 1979, séparé au bout de 4 ans et reconduit en 2015 est un petit phénomène ne serait-ce que de part son histoire. Le line-up n'est plus le même qu'il y a 46 ans, seul Bass Sarr, membre fondateur, reste à la baguette du collectif constitué de plusieurs chanteurs et musiciens sénégalais. Leur Afro/Jazz est parfaitement réalisé et s'inscrit dans le sillage du grand Manu Dibango entre autres. Le groupe est peu bavard et l'annonce dès le départ : «Les paroles sont inutiles laissons la place à la musique...». Après 32 ans de silence ! Démarrage idéal malgré quelques soucis techniques, le tout sous un magnifique soleil breton.


Direction la grande scène Landaoudec pour Ayo. En mode intimiste, piano, guitare et contrebasse, la belle chanteuse allemande va enchanter le public avec ses balades folks teintées de soul. Throw It Away, Wildfiya, Tears Of Joy... La voix est parfaite et, chose que j'aime beaucoup, elle n'en fait pas des caisses alors que franchement elle pourrait. On est dans le suave, la contemplation, douceur, calme et volupté. Souriante, attachante, lorsqu'elle raconte sa relation lointaine avec son fils et ses ruses pour le suivre à distance sur les réseaux sociaux, Ayo a enchanté le Bout du Monde qui lui aura offert une belle ovation après le fameux Down On My Knees qui clôture son set. 




Troisième concert et troisième scène avec Robert Finley sous le chapiteau de Seb'. Reconnu sur le tard ce Bluesman aveugle venu de Louisiane arrive guidé sur scène par sa fille Christie qui chante avec lui. Une entrée hésitante juste quelques secondes car cet enfant du Bayou qui affiche désormais 71 ans au compteur se déhanche et bouge comme un beau diable. Grosse présence, un capital sympathie indéniable auprès du public, une voix faite pour chanter le blues, la mayonnaise prend immédiatement. De là où je me situe je lui trouve un air de Samuel L. Jackson à la sauce B.B. King. Du blues à la Bill Deraime pour prendre une référence nationale. Medecine Woman, I Just want To tell You, I Can feel Your Pain,... Autant de titres qu'on pourrait déjà prendre pour des standards. Le set ne dure que 40 minutes, c'est court mais c'est le jeu sur cette scène, le Bluesman reviendra finir le job au même endroit à 23h pour une seconde représentation.


 

Petite balade sur le site, le temps de prendre une Coreef Blonde Bio (il fait chaud !) et de profiter des jongleurs ou des fanfares répartis sur le festival. Je constate une fois encore que le Bout du Monde réunit toutes générations, du bébé de quelques semaines aux septuagénaires confirmés, on trouve d'ailleurs une garderie sur place (pour les enfants pas pour les septuagénaires...).



De retour devant la grande scène, j'ai le plaisir de croiser  mon "vieux" camarade Erwann et son épouse (quand on se connait depuis plus de 30 ans, on a le droit de dire vieux camarade), avec qui j'échange quelques bons souvenirs. Rapidement nous en venons à parler de concerts et de festival et notamment du Festival La Corde Raide. Erwann fait partie du staff du festival qui se déroule à Pont-Château et garde toujours une oreille et un œil alertes sur les artistes pouvant y être programmés et nos échanges sont toujours enrichissants. Cela fait un moment que j'observe avec envie la programmation Rock/Blues de La Corde Raide et il faut que je pense sérieusement à y aller. Avec un pote sur place, y'a pas d'excuse !

On ne présente plus Altin Gün, véritable référence du rock psyché sauce turque depuis bientôt 10 ans. Changement majeur pour la formation néerlandaise avec le départ il y a un an de la charismatique chanteuse Merve Daşdemir. On pouvait alors s'interroger sur le nouveau visage du groupe qui a fait le choix de ne pas la remplacer, laissant Erdinç Ecevit Yildiz seul au chant. Inquiétudes rapidement balayées, Altin Gün, bien que plus statique (Erding Ecevit Yildiz joue aussi du saz et du clavier) est toujours aussi bon. La sensation est différente, on est finalement plus face à un groupe là où Merve Daşdemir captait une grande partie de l'attention. Un peu plus focus sur le jeu des musiciens du coup, on se rend bien compte à quel point ils maîtrisent leur sujet. Très bon concert.


Le Mefisto Brass marche dans les pas de Meute, la fanfare allemande célèbre pour ses ambiance techno. Musique éléctro oui, mais interprétée à coup de percussions et de cuivres. Un résultat détonant qui aura soulevé le public de la scène Kermarrec et celui du Faou, de Landevennec, Lanvéoc, Telgruc et Roscanvel où les intenables milanais se sont produits depuis jeudi en concerts "hors les murs". 



Je partage ce créneau avec le concert de Maija Kauhanen sous le chapiteau. Cette one woman show finlandaise vaut le détour car son concert est un véritable ovni musical baignant dans le traditionnel et le baroque. Percussions, carillons de coquillages, de pierres, ustensiles de cuisine et surtout ce magnifique kantele (instrument traditionnel finlandais) qu'elle manipule avec une aisance déconcertante tout en maintenant un chant assez élevé. Belle parenthèse dépaysante, le voyage continue !



C'est l'heure de manger, il y a 22 stands de nourritures sur site ! On a hésité un peu quand même et notre choix s'est porté sur Listo Papito et ses spécialités d'Amérique Latine Bio. 
C'était franchement délicieux ! 


J'avais vraiment hâte de voir Orange Blossom. Je connais peu ce groupe mais je sais qu'il jouit d'une excellente réputation sur scène. Pour preuve, le collectif nantais est soutenu depuis longtemps par l'illustre Robert Plant et a assuré à plusieurs reprises ses premières parties de concert, encore cette année. Maria Hassan a remplacé Hend Ahmed Hassan qui officiait au chant depuis plus de 10 ans. Autour d'elle, le noyau dur du groupe est constitué de Pierre-Jean Chabot le violoniste punk intenable et de Carlos Roblès Arenas à la batterie. Musicalement, ce fût un régal du début à la fin, j'ai trouvé Orange Blossom captivant. Un métissage parfait entre lyrisme oriental et vibrations électro puissantes. Cela m'a beaucoup fait penser à Archive version métissée. Le public est hyper réceptif et réagit à la moindre estocade de violon et à chaque décollage rythmique. La prairie Landaoudec se transforme en un nuage de poussière sous les sauts des festivaliers, que même le drapeau géant de la Palestine, déployé dans le public pendant le set, ne pourra contenir. Superbe concert !




Il a beau soutenir l'équipe de foot du Havre depuis qu'il habite en Normandie (il a même écrit une chanson sur le stade Océane dans son dernier album solo), le club de cœur de Pete Doherty reste et restera les Queens Park Rangers. Pour preuve, le fanion des QPR est méticuleusement posé sur l'ampli qui trône sur la scène où tout le monde attend The Libertines. Pour ma part, je retrouve Carl Barât, Gary Powell, John Hassall et Peter Doherty 9 ans après leur très bon concert aux Vieilles Charrues. Le temps passe vite ! Le concert a démarré fort avec Up The  Bracket, titre phare de leur premier album sorti en 2002. C'est le moment que choisit mon appareil photo, dont le zoom souffrait depuis un moment, pour rendre l'âme. Damned ! Je bascule sur mon téléphone portable pour faire quelques photos mais la qualité est moindre. Le groupe a l'air plutôt en forme et la complicité entre les deux leaders du groupe est visible, tant mieux ! Après une petite accalmie, le set reprend de l'intensité dès les premières notes du "Kinksien" What Katie Did, l'enchaînement avec Shiver et Merry Old England est parfait. Je ne suis pas idéalement placé, autour de moi ça rigole et bavarde, c'est un festival je comprends, mais du coup j'ai du mal en rentrer dans le concert. et je décide de reculer pour la seconde moitié de set. De là où j'arrive à me poster, assez loin et sur le côté, le son est plutôt mauvais, ce qui n'arrangera pas mon affaire. Run Run Run, Times For Heroes, Gunga Din, et pour finir Can't Stand Me Now et Don't Look Back Into The Sun, la set list est irréprochable pourtant, j'ai trouvé le set un peu "pépère". Peut-être est-ce juste un problème de ressenti car je ne suis jamais vraiment rentré dedans malgré tout le bien que je pense du groupe. J'étais peut-être trop attentif au beau milieu de cette ambiance un peu dissipée de festival.


 


Le Boudu continue encore demain mais sans moi. Ce fût une très belle journée de festival, une ballade sonore et visuelle qui nous a conduit du Sénégal au Royaume-Uni en passant par l'Allemagne, les Pays-Bas, la Turquie, l'Italie, la Finlande et la France... Tout ça en 8 heures ! 
Il est temps de poser la valise maintenant !



lundi 21 juillet 2025

VIEILLES CHARRUES 2025

Les Carhaïbes, c'est ce qu'on pourrait croire en arrivant sur le site des Vieilles Charrues pour cette 33ème édition. Avec pour thème "Tropical Vibes", le festival carhaisien s'est transformé en île exotique aux couleurs vives et à l'ambiance festive, même si, aux Vieilles Charrues ça l'est toujours. Déco éclatante donc, à l'image de l'amas de containers magnifiquement peint qui trône à l'entrée du festival et qui est devenu, au fil des ans, sa véritable porte d'entrée. Cerise dans le Mojito, il fait un temps magnifique en ce premier jour ! Cette année Milouze En Live a décidé de changer un peu sa façon de faire, histoire de partager le ressenti d'un quinqua (Jérôme) mais aussi celui d'une jeune festivalière de 20 ans (Louise) qui interviendra donc dans cette chronique de temps à autre pour exprimer son point de vue. C'est parti pour ce retour, forcément sélectif (85 groupes sur 4 jours...on a fait de notre mieux) sur les Vieilles Charrues 2025 !

Jeudi : Naza, Grife, Astéréotypie, Meat Shirt, Damiano David, GaBLé et Alanis Morissette

En arrivant sur le site, nous nous arrêtons devant la scène Kerouac où arrive Naza qui ouvre cette édition 2025. Je découvre alors qu'un ambianceur va chauffer le public pendant 10 minutes avant que le fameux Naza n'arrive faire son show affublé d'un sac à dos Vuitton. Musicalement c'est de l'afro/rap, ça zouke un peu certes mais bon... Direction le chapiteau Gwernig pour Grife, duo féminin basse/tambour orléanais dans un style pas si éloigné de la chanson bretonne. Les textes sont teintés d'humour et engagés, Diane et Victoria les deux musiciennes et chanteuses ont une bonne humeur communicative et le set est une vraie réussite.

Louise : Naza ce n'est pas vraiment ce que j'écoute habituellement mais j'ai plutôt bien aimé et j'ai apprécié le fait qu'il soit entouré de musiciens et danseurs. Souvent les rappeurs sont avec un dj et c'est tout. L'ambianceur, beaucoup de rappeurs font comme ça aujourd'hui et le sac à dos c'est pour le style. Pour Grife je n'ai pas été plus emballée que cela malgré la belle énergie qu'elles dégageaient.

Petit tour du propriétaire sous un soleil resplendissant !

Trois concerts et trois scènes puisque nous sommes maintenant devant la scène Grall pour Astéréotypie. Collectif de musiciens chevronnés (Moriarty) et d'interprètes atteints d'autisme dont certains œuvrent déjà dans le milieu du journalisme (Le Papotin) et du cinéma (Un Petit truc En Plus). Concert bien barré, très touchant et forcément Punk. Les quatre interprètes se relaient au chant et nous offrent tour à tour une cascade d'émotions poétiques, brutales et déroutantes. De Uno à Que La Biche Soit En Moi, de C5 à Aucun Mec Ne Ressemble À Brad Pitt Dans La Drôme, ce fût un régal du début à la fin.

Louise : Très belle découverte et grosse ambiance dans le public. Concert original et décalé, j'ai beaucoup aimé.




Après la claque Astéréotypie, Meat Shirt n'aura pas réussi à me choper. Pas grand chose à reprocher pourtant aux punks rockers de Saint-Brieuc qui se donnent à fond et qui trouvent un bel écho avec le public venu se défouler sur la scène Gwernig. À revoir.


Place au phénomène Damiano David qui a promis un set de 45 minutes de folie (exceptionnellement court pour une tête d'affiche). Bon... Au niveau du public essentiellement féminin, le seul moment de folie a été lorsqu'il a retiré son t-shirt. Un concert sans saveur et d'un manque de sincérité criant. J'ai l'impression que ce gars n'est pas du tout convaincu par ce qu'il chante... Alors comment pouvons-nous l'être ? Le seul moment à peu près bon à mes oreilles est en fait une cover de Mark Ronson et pour le reste, c'est de la variété sans intérêt chantée par un type déjà fatigué et absent. Allez : pause paëlla bien méritée !

Louise : Un concert très moyen, j'étais surprise qu'il ne dégage pas plus d'énergie sur scène d'autant plus que cela ne durait que 45 minutes.


 

Heureusement le concert suivant va être un kif total et c'est sur Gwernig que se se passe (et oui on marche pas mal entre les scènes aux Charrues). GaBLé va faire un show de haute volée et nous redonner le sourire et la patate pour la soirée. Le trio normand a mis le feu au chapiteau avec son rock underground puissant et perché. Mention spéciale à FRuiTioN, PuRée HiP HoP, WHo TeLLS you ? et au final (broyage de cagette) DRuNK FoX iN LoNDoN, un régal !

Louise : J'y allais un peu à reculons et finalement je suis restée jusqu'à la fin. J'ai trouvé cette musique assez hypnotisante et j'ai vraiment aimé l'ambiance qu'il y avait. J'ai trouvé marrant la musicienne aux claviers qui sourit tout le temps, c'était communicatif.



À peine le concert de GaBLé terminé nous filons vers la grande scène Glenmor pour ne pas rater le début de concert de Alanis Morissette. Après un teaser à l'américaine, la star commence avec Hand In My Pocket, l'un des nombreux tubes de son album iconique Jagged little Pill. Pendant 1h30, la canadienne va tournoyer sur scène et enchainer quasiment nonstop tous ses plus grands titres de You Learn à Ironic, de Smiling à Thank U qu'elle chantera avec un enfant (son enfant ?) dans les bras. Voix majestueuse, show très costaud, moi qui me demandait comment allait être ce concert, car honnêtement elle avait un peu disparu de mon radar depuis 25 ans, j'ai été bluffé par la prestation.

Louise : Je ne connaissais qu'une ou deux chansons mais je n'ai pas vu le temps passer. Elle a une très belle voix et une grosse énergie sur scène, j'ai été conquise.




Vendredi : Horizontal Francis, The Kills, Julien Doré, L'Entourloop, Pamela, Macklemore et Viagra Boys

Toujours un grand soleil sur Carhaix ! La journée commence pour nous avec Horizontal Francis, l'un des deux groupes lauréats du Label Charrues qui se produit sur la scène Grall. J'avais d'ailleurs eu l'occasion de les voir avec Fallen Alien lors de la tournée du Label Charrues à La Carène de Brest en mai (chronique dispo ici). Après un petit souci de micro, le concert débute par ce fameux tuto pour neutraliser un Gros Balèze. dans ce style assez irrésistible où la décontraction et l'autodérision se mêlent aux textes réalistes et percutants. Du Fauve mais en mieux comme ils se définissent eux-mêmes ! Victor, au chant, est visiblement impressionné par l'évènement, il avouera le lendemain en conférence de presse, avoir fait un malaise vagal 3 minutes avant d'entrer en scène ! Mission accomplie, malgré ces quelques péripéties, pour Horizontal Francis qui marque les esprits et qu'on a déjà hâte de retrouver en tournée. Bien joué pour un groupe de MPT du mardi soir !

Louise : Grâce au jeu concours du Label Charrues, j'ai pu voir le début concert depuis le côté de la scène. C'était une expérience géniale ! Je n'ai pas vu le reste du concert car nous sommes allés en visite guidée sur le site du festival mais j'ai trouvé le peu que j'ai pu voir original et réussi.



Cela faisait 9 ans que je n'avais pas revu The Kills sur scène mais rien n'a vraiment changé. Le son est toujours assez crade et apporte ce côté brut au rock lourd du duo Alison Mosshart et Jamie Hince. Le set tient la route, alternant les anciens morceaux tels que Kissy Kissy, Black Balloon, Baby Says, DNA avec les nouveaux issus de God Games leur dernier album en date. Rien de fou mais un set très honorable.



 

Pause Burger au Jardin des chefs.

Je me place ensuite devant L'Entourloop que je connais peu. Le public est très nombreux devant la scène Grall ça prend direct dès les premiers sons de King James et Sir Johnny. Grosse ambiance pendant une heure devant le sound system du groupe stéphanois auquel viendra se joindre la chanteuse brésilienne Flavia Coelho le temps de deux ou trois featuring. Je me suis placé un peu en retrait pour apprécier le show et  la ferveur. J'ai passé un très bon moment. 

Louise : Je suis allée voir Julien Doré sur la grande scène. Il a vraiment fait le show avec le public, il y avait une superbe ambiance. J'étais ravie de le voir et de l'entendre chanter ses tubes, surtout Paris-Seychelles qui est la chanson de son répertoire que je préfère.


 

C'est Pamela qui prend le relais sur Graal. Groupe nantais formé autour du duo Simon Quéna et Sam Sprent, deux rescapés de l'aventure Inuït pour l'un et Von Pariahs pour l'autre. Musicalement, on est sur de la new-wave très dansante, un Soft Cell 2.0 qui fonctionne à merveille. Sam Sprent en showman charismatique me fait un peu penser à Jim Kerr dans son jeu de scène, les compos sont excellentes et puisque le répertoire est encore un peu light, Pamela aura le bon goût de reprendre à sa sauce Girls & Boys de Blur et Perfect Day de Lou Reed comme une ultime chanson de ce set très convaincant. Excellent !



Louise : Le show à l'Américaine de Macklemore a mis le feu sur la scène Glenmor. Généreux et engagé pour la cause palestinienne, j'ai beaucoup aimé le concert. Il est venu au contact du public, a chanté tous ses tubes, c'était vraiment un bon moment. Il y a beaucoup d'interactions avec le public, peut-être un peu trop mais globalement c'était excellent.

Pendant que Macklemore clame une nouvelle fois au public que c'est le meilleur concert de toute sa vie, je préfère aller profiter du spectacle sous le chapiteau Gwernig où David Krakauer, clarinettiste américain, se produit entouré de 6 musiciennes et musiciens. Un spectacle total, un style aux influences juives, musulmanes et chrétiennes qui mêlent traditionnel, jazz et fusion. Un vrai message de paix et une musique parfaite contre toute la stupidité du monde actuel. Super moment !


On termine cette grosse journée avec les Viagra Boys sur la scène Kerouac. Les suédois emmené par l'incroyable Sébastian Murphy vont faire un show puissant à la hauteur des attentes. Punk attitude et humour sont dans chacune des interactions de Sébastian avec le public chaud bouillant. S'agenouillant devant un festivalier déguisé en Jésus, rejetant un paquet de chips jeté sur le proscenium où il aura passé les trois quart du concert, « I'm fat enough, i'm trying to loose some weight - je suis assez gros, j'essaie de perdre du poids », on y croit moyen. Man Made Of Meat, Punk Rock Loser, Pyramid Of Health, Sports, etc... On s'est pris une bonne claque avant d'aller se coucher !

Louise : Malgré l'heure tardive, ils ont mis le feu et le public était déchainé. J'ai découvert ce groupe sur ce concert et j'ai adoré. J'ai hâte de les revoir.



 

Samedi : Fleuves, The Kraken Consort, Aurora, Stereophonics, Philippe Katerine et Lambrini Girls

En solo boy pour ce samedi, j'arrive tôt et prends le temps de faire le tour des stands notamment ceux dédiés à la prévention dont la présence est indispensable dans un festival de cet ampleur. Sur le stand Changeons Les Règles de Marguerite & Cie, j'apprends notamment que 8 000 protections périodiques sont distribuées gratuitement pendant les 4 jours de festival. J'en profite pour tester le simulateur électrique de règles...histoire de ressentir ce que la moitié de l'humanité subit plusieurs jours par mois. Je suis monté à 25 sur le potard, 40 étant le seuil équivalent à l'endométriose... Je confirme c'est compliqué. Le jeune curieux qui m'observe n'a d'ailleurs pas voulu le faire.

 

Maintenant que j'ai le bide en vrac, je file sur Kerouac pour la performance annoncée de Fleuves qui va être accompagné de 200 danseurs pour ouvrir le samedi. Je vais faire court c'était magique ! Dès les premières notes du groupe sur scène, les festivaliers se sont intégrés aux cercles qui se formaient et rapidement ce sont des milliers de gens qui se sont retrouvés à danser la gavotte dans une osmose parfaite à l'endroit même où, quelques heures plus tôt, ça pogotait sur Viagra Boys. Tout âge, toute condition sociale, Kerampuilh ne faisait qu'un, c'était beau et impressionnant. Merci pour ce grand moment de partage. 


Petit tour au stand Label Charrues pour l'interview de Horizontal Francis qui, avec Jean-Jacques Toux, le co-programmateur du festival, revient sur son concert de la veille. Aujourd'hui,c'est au tour du second groupe lauréat Fallen Alien de se produire sur Grall.

Petit moment sur Gwernig devant The Kraken Consort, un collectif baroque et traditionnel qui nous plonge au cœur des musiques et des chants celtes. C'était très apaisant.

Dix ans plus tard, Aurora revient aux Vieilles Charrues, cette fois en tête d'affiche. Cela ne surprendra personne tant elle semblait promise à une grande carrière après ce concert mémorable sur la scène Kerouac. Cette fois c'est sur la grande scène Glenmor et, comme il y a 10 ans, il pleut sur la prairie de Kerampuilh. Cela ne semble pas effrayer la belle norvégienne qui vient sur l'avancée de scène chanter au plus près du public. Pieds nus, bracelet du festival à la cheville, elle précise néanmoins ne pas pouvoir danser autant qu'elle le voudrait, la scène commençant à glisser avec la pluie. Voix cristalline, charisme incroyable, l'émotion est palpable dans le public comme sur scène, on reste assez subjugué par cette artiste débordante de talent, toute mimi et néanmoins hyper engagée, s'exposant parfois à de vives attaques de part ses prises de positions fortes. Magnifique prestation en tous points.  



Période Britpop, j'étais un peu passé à côté des Stereophonics, préférant Suede, Blur ou Pulp. Force est de constater que le groupe emmené par Kelly Jones est un peu à part de toute façon. Le côté Gallois peut-être qui apporte une teinte américaine à leur musique. Bref, j'étais plus dans la curiosité que dans l'attente de quoi que ce soit. Au final, ce fût une vraie réussite ce concert. Voix et musique impeccables, style plutôt varié et cool attitude du début à la fin, j'étais agréablement surpris de voir autant de monde rester et reprendre en cœur les hits tels que Have A Nice Day et bien entendu Maybe Tomorrow. Parfait !

 

La pluie ne s'arrête pas et le terrain commence à être bien trempé, tout comme moi. Face au dilemme Philippe Katerine/Lambrini Girls qui jouent aux même horaires l'un sur Glenmor, les autres sur Grall, je décide de ne pas choisir et de faire les deux. Je commence donc avec Philippe Katerine pour une moitié de concert. Artiste clivant par excellence, il est bien difficile de décrire tout se qui se passe lors d'un concert de Philippe Katerine, mais pour ne citer qu'un moment, j'ai adoré entendre diffuser en bande son tous les commentaires injurieux qui lui avaient été adressés suite à sa prestation controversée à la cérémonie d'ouverture des JO 2024 de Paris. Moi je le trouve génial ce mec, poète, punk et toujours excellent sur scène puisque c'est pour cela qu'on est là aujourd'hui. À noter que ce concert était intégralement chansigné et proposé en dispositif adapté aux personnes en situation de handicap avec notamment la mise à disposition de gilets vibrants pour ressentir pleinement le concert. Je quitte Glenmor à regret mais je veux vraiment voir les Lambrini Girls. Malgré la pluie battante, le duo de Brighton est en train de retourner la scène Grall à grand coup de walls of death et gros pogos. Dans le pur style Amyl & The Sniffers, c'est punk rock, c'est frontal, c'est tout ce que j'aime.

J'aurais vraiment aimé voir Totorro mais je lâche l'affaire pour aujourd'hui. J'ai trop froid et je suis trop mouillé. Je les verrai à la rentrée au Novomax à Quimper, promis !




Dimanche : Boogie, Mémé K7 kba#10, Zaho De Sagazan, Sex Pistols Feat. Frank Carter, Damso et Mitsune

Il a plu toute la nuit mais le site est assez sec, je ne sais pas trop ce que ça donne aux campings mais les conditions n'auront pas été des plus simples. C'est encore couvert aujourd'hui et il y a pas mal de vent. On aura vraiment eu une météo variée au cours de ces quatre journées ! 

On fait un petit tour devant Boogie sur la scène Grall. Artiste rappeur rennais accompagné par le dispositif TREND (Talent Rap En Développement). Dans un style, plutôt US, Boogie aura trouvé un bel écho auprès du public venu tôt, comme nous, profiter des premiers concerts. Quant à moi, ce n'est vraiment pas mon truc mais au moins ce n'était pas autotuné, c'est déjà ça !

Louise : C'était vraiment pas mal Boogie, des samples raps au tout début puis un show à trois qui fonctionnait vraiment bien. J'ai bien aimé !


C'est Last Train, que nous avons vu il y a deux semaines au festival Beauregard, qui ouvre Glenmor nous faisons donc le choix d'aller sous Gwernig pour Mémé K7, le nouveau projet du collectif Kreiz Breizh Akademi. Chants (en breton), histoires et récits (en français) pas toujours drôles, c'est le moins que l'on puisse dire, sur les femmes bretonnes au temps jadis. Un bel hommage mis en scène et en musique avec 10 musicien·nes. La prestation est saisissante, le public ne s'y trompe pas d'ailleurs et réserve à Mémé K7 un accueil triomphal et mérité. 

Louise : Alors ce n'est vraiment pas ce que j'écoute mais j'ai beaucoup aimé. Les histoires sont touchantes et le chant est émouvant et très beau. je me rend compte que j'ai perdu le Breton appris à l'école en classe bilingue, même si je perçois un peu le sens de certains chants. Je ne pensais pas rester tout le concert et pourtant c'est ce que j'ai fait sans m'ennuyer un seul moment. 


C'est l'heure du bilan pour les organisateurs du festival. Jérôme Tréhorel prend le micro et annonce avec un soulagement non dissimulé que l'édition 2025 est un vrai succès. Avec 264 000 entrée sur 4 jours le festival est au minimum à l'équilibre financier. C'est donc la joie qui prédomine et l'équipe est clairement sereine, confiante et apaisée en ce qui concerne l'avenir du festival, ce qui était loin d'être le cas il y a un an. L'objectif est désormais d'engager les travaux du futur Breizh Park dès que possible de façon à pérenniser ses installations. Enfin, les projecteurs sont une nouvelle fois dirigés sur les bénévoles (7457) et les associations (130), grande fierté des organisateurs, tout ce petit monde qui œuvre pour que cet évènement gigantesque puisse se dérouler sans problème pendant quatre jours. Seul festival de cette taille associatif à 100%, les Vieilles Charrues tiennent à mettre en avant ces valeurs et à responsabiliser tout le monde, des instances politiques aux artistes sur l'importance de maintenir la culture accessible à tous. Cap sur l'année prochaine désormais, la 34ème édition se déroulera du 16 au 19 juillet 2026.

Le concert de Zaho De Sagazan a commencé lorsque j'arrive sur Glenmor et la foule compacte m'incite rapidement à prendre du recul. J'ai encore en tête son concert incroyable sur la scène Kerouac à 15h il y a deux ans. Elle était alors quasi inconnue et elle allait tout balayer sur son passage cela ne faisait pas l'ombre d'un doute. Alors maintenant qu'elle joue dans des salles immenses partout en Europe, l'émotion est forcément différente. La foule est très attentive et la dévore des yeux. Elle est toujours aussi généreuse et se donne à 100% à son public jusqu'à partager son micro avec Anza, une petite fille qui interprète le refrain de La Symphonie des Eclairs en Breton. 

Louise : C'est la première fois que je la voyais, j'ai trouvé les chansons très belles et j'ai été assez surprise sur le changement en concert éléctro sur la fin. J'ai quand même trouvé que le public avait du mal à accrocher. Peut-être que certains étaient fatigués ou attendaient plutôt Damso qui passait après elle.


En bottes et en poncho, j'étais presque déçu qu'il ne pleuve pas ! Heureusement, la pluie arrive pour les Sex Pistols. Frank Carter le dira lui-même : "C'est normal qu'il pleuve, nous sommes Anglais !" Clairement il n'y avait pas mieux que le furieux Frank Carter pour prendre le micro à la place de Johnny Rotten. Sur scène autour de lui, Steve Jones, Paul Cook (dont c'était les 69 ans ce jour) et Glen Matlock.. Ces trois là ont écrit l'histoire du Rock quand même ! On pouvait être un peu inquiets sur la prestation c'est normal...Que reste-t-il des Sex Pistols en 2025 ? Doutes rapidement chassés dès les premières notes de Holidays In The Sun, quelle pêche ! Frank Carter est lui-même et ne cherche pas à imiter qui que ce soit et nos 3 papys, bien qu'assez statiques, assurent carrément. L'ambiance est super bonne et on se régale sur Pretty Vacant, God Save The Queen, My Way et bien entendu Anarchy In The U.K. Mon passage préféré sera le rageux Problems. En les voyants saluer longuement le public, je pense à cette phrase de l'excellent Ramon Pipin qui résume bien la chose : plutôt crever que d'rester jeune !

Louise : Là encore je ne connaissais que 2 ou 3 chansons. Frank Carter a tout donné et il a mis le feu, les gens faisaient des slams sans arrêt et même une personne en fauteuil roulant ! C'était top ! J'étais vraiment contente de voir un groupe historique comme les Sex Pistols. Je suis restée ensuite pour voir Damso sur la grande scène mais j'ai été déçue. Aucune interaction avec le public, pas un mot, tout est enchaîné. La voix est prenante je trouve mais j'attendais mieux.




Ah ah, tu m'étonnes, entre Damso sur Glenmor ou Mitsune sous le chapiteau, le choix était vite fait, même sans la pluie ! Je termine donc mes Charrues avec du folklore traditionnel japonais coloré, psyché et joyeux ! Grosse ambiance encore une fois sur cette scène que j'affectionne particulièrement, la chanteuse et musicienne agite un éventail et semble me dire au revoir : c'est le moment parfait pour quitter le festival ! Nous laissons les festivaliers profiter des quelques concerts restants avant que cette édition ne se termine pour de bon. 


 

Rendez-vous l'année prochaine bien sûr !

Le rituel, notre top 5 sélectif :

Louise

  1. Viagra Boys
  2. Astéréotypie
  3. Sex Pistols Feat Frank Carter
  4. Macklemore
  5. Julien Doré

Jérôme

  1. Fleuves
  2. Sex Pistols Feat. Frank Carter 
  3. Viagra Boys
  4. Alanis Morissette
  5. Aurora
Coups de cœur : Astéréotypie, GaBLé, Pamela, Horizontal Francis, Mémé k7.

Toutes les photos sont ICI :