lundi 28 septembre 2026

GYASI @ Bag Noz, 27 septembre 2026 - Saint-Thonan

L’association La Bergerie Rock a eu la très bonne idée de programmer au Bag Noz de Saint-Thonan l’extraterrestre Gyasi, album du mois l’année dernière chez Rock & Folk pour son brillant LP Here Comes The Good Part, et lead guitar sur le dernier album d’Alice Cooper… Rien que ça ! Restait à savoir si Gyasi Heus, de son vrai nom, allait nous la jouer full band glam à la Bolan/Bowie ou en mode intimiste, guitare blues, puisque son nouvel album, sorti il y a quelques jours, est une véritable ode à Robert Johnson, le guitariste maudit du Mississippi. La réponse est juste en dessous !

C’est le groupe Chevrotine qui ouvre la soirée au Bag Noz. Une formation brestoise au style glam rock et à l’esthétique assez particulière, un brin foutraque, à vrai dire. Jouant à domicile, Chevrotine met toute son énergie pour chauffer comme il se doit le Bag Noz. De bons titres comme Jukebox Lady ou Motor Holy Baby, une reprise sympa de Crimson and Clover version Joan Jett, un final en explosion de paillettes qui a son petit effet… mais qui me laisse malheureusement un peu de côté. À peaufiner à mon sens.


Place à Gyasi, prononcé « Jah-see », qui apparaît sur scène magnifiquement habillé et maquillé. Plus glam que drag, un Ziggy plus vrai que nature ! Le set démarre pied au plancher avec Cheap High, sur lequel Jonny Martini à la batterie donne d’entrée de jeu un tempo très rapide. À la guitare, Leilani Kilgore enchaîne, dès ce premier titre, riffs et solos à la pelle. Elle est aussi énergique que Cole Bearden est calme et placide à la basse, au beau milieu de cette tornade glam rock. Gyasi, lui, perché sur ses bottes à plateforme, occupe magistralement l’espace et fixe le public droit dans les yeux, comme pour nous prévenir que ça va secouer. Et ça va secouer !

Après Mind Explorer et le très “Black Keysien” Tongue Tied, le groupe enchaîne avec She Says et Teacher, avant de jouer une nouvelle chanson, You Got The Look, qui n’est pas sans me rappeler Black Math des White Stripes. Du tout bon ! Il fait désormais très chaud au Bag Noz, vient Fast Love, où Gyasi et Leilani Kilgore nous offrent une nouvelle démonstration de guitare, à coups de jeux derrière la tête et de solos avec les dents. Impressionnant ! Tout en reprenant son souffle, Gyasi explique tout le plaisir qu’il a à revenir dans le Nord-Ouest de la France. Il faut dire que la Bretagne l'a déjà vu passer il y a trois ans, à La Nef des Fous de Binic, puis plus récemment à l’Ubu de Rennes. À chaque fois, un passage très remarqué et salué par la presse comme par le public.

Après Baby Blue, Lightning et Kiss Kiss, le prodige androgyne s’offre une ballade ténébreuse sur 23, en déambulant sur le comptoir du bar. La fin du set fait la part belle à Bowie avec Snake City, qu’on pourrait confondre avec The Jean Genie. Et puisqu’on ne pourra pas éviter les comparaisons, le dernier titre, All Messed Up, joué en partie dans le public, est habilement transformé en I'm Waiting for the Man du Velvet Underground. De nombreuses références pleinement assumées, un artiste charismatique, doté d’un jeu vraiment remarquable, c'est ainsi que l'on pourrait définir le phénomène Gyasi qui retourne le Bag Noz aussi facilement que Morgane retourne les crêpes dans son food truck Mo, Fée des crêpes posté devant la salle de Saint-Thonan.

Le rappel est réclamé et le groupe revient pour jouer un petit air très country avant de finir en apothéose sur Bang Bang, où Gyasi termine son solo porté par la foule. Même si je m’y attendais un peu, c’est une grosse prestation de Gyasi à laquelle j’ai assisté au Bag Noz ce soir. Et ce n’est pas souvent que je me retrouve autant secoué un dimanche soir. Wouahou !



Jérôme

dimanche 27 septembre 2026

Thomas Croisière (Feat. Frédéric Fromet) @ Salle Cap caval, 26 septembre 2026 - Penmarc'h

Excellente soirée à Cap Caval hier avec le nouveau spectacle de Thomas Croisière, La Comédie contre-attaque, précédé des chansons décapantes de Frédéric Fromet en première partie ! De quoi nous échauffer les zygomatiques en chansons et en blagues bien piquantes et terriblement actuelles.

Voyage en Comédie…la suite ! Avec La Comédie contre-attaque, Thomas Croisière vise juste encore une fois en décortiquant ces films qui nous font rire, nous rassemblent et s’inscrivent pour toujours dans nos mémoires. Le Corniaud, La Cité de la peur, Un éléphant ça trompe énormément, OSS 117, La Tour Montparnasse Infernale… On replonge avec un plaisir intact dans ces extraits inoubliables, ponctués d’anecdotes et de secrets de tournage que notre humoriste narre avec passion. Titres de films, dialogues, musiques, références et passages cultes, tout est passé en revue : de la scène très West Side Story des Gendarmes à New-York à la fabuleuse séquence du slow de La Boum, reconstituée sur scène avec l’aide de quelques personnes du public.

Cinéma et famille se mêlent aussi dans ce spectacle. Thomas Croisière évoque ses fils, Alfred et Gaston, avec la tendresse d’un père aimant mais chambreur (ils n’échapperont pas aux photos gros plan qui font bien marrer). Quand on a grandi à l’époque de Benny Hill et de La Soupe aux choux…ça laisse forcément des traces ! Sans trop en dévoiler, on oubliera pas non plus son TOC des Michel, sa chemise trop courte (celle de son fils !), son autodérision et sa savoureuse passe d’armes avec Yohan Madec, qui nous aura bien fait rire pendant plusieurs semaines ! En guise de cadeau final, Thomas Croisière et Frédéric Fromet, nous offrent un rappel sur mesure en adaptant la célèbre chanson d’un certain Michel S. en version Penmarc’h contre Connemara. Un régal !

Belle ovation du public et succès mérité. On s’est poilés du début à la fin et, comme Thomas l’a répété malicieusement durant le show, on a appris en s’amusant !

La Comédie contre-attaque : chaudement recommandée par Milouze En Live !

 

vendredi 11 septembre 2026

TVOD @ The Ocean Race, 10 septembre 2026 - Lorient

J’aime penser que le premier concert de la saison est un éclaireur. Celui qui ouvre le terrain et donnera le ton des semaines et des mois à venir. Alors quoi ? Je brûle mes tickets de prévente de l’année si le concert du soir est pourri, c’est ça ? Bullshit… Aucun risque cette année avec TVOD. Toute personne ayant déjà vu les Américains sur scène sait que la prestation sera excellente… et, par conséquent, ma saison aussi. CQFD.

C’est la troisième fois que j’ai la chance de les voir cet été, après leurs excellentes prestations aux festivals God Save The Kouign et Vieilles Charrues. Il n’aura manqué que Quiberon et Nantes pour faire le grand chelem des lives de TVOD dans l’Ouest. Ce soir, c’est à l’occasion de l’Ocean Race que TVOD vient jouer gratuitement et animer la soirée au bord des quais, pile en face de l’Hydrophone, la fameuse salle de concert lorientaise construite au cœur du blockhaus K2. Entouré de très bons amis, je me place aisément au plus près de la scène lorsque le concert débute.

Le public se montre un peu timide en début de set, mais le groupe de Brooklyn, Tyler Wright en tête, va rapidement prendre les choses en main. Uniform, Natalie Portman, Car Wreck, Super Spy, MUD, Rerun, pour ne citer que ceux-là… Le set est composé essentiellement de titres de Party Time, sorti en 2025, et de The Farm, qui sortira en octobre prochain. Rythmique irrésistible et guitares déchaînées, le groupe a la banane et toute cette énergie, cette bonne humeur, est communicative. Devant la scène, désormais, ça chante, ça danse, le public s’est bien rapproché et répond présent.


Tyler Wright, Jenna Mark, Michael Pahl, Denim Casimir, Serge Zbrizher et Mickaela Piccirillo ont des styles assez différents, mais sur scène l’entente est parfaite et le groupe affiche une vraie identité. Un punk/indé plutôt funky qui peut parfois faire penser à Parquet Courts, à Viagra Boys, voire aux Pixies . Tyler Wright harangue la foule, rageur, mange son micro, se tortille sur les amplis avant de se redresser et de remercier le public presque timidement. Fin du set : pas de rideau pour se cacher, les six musiciens restent quelques secondes au pied de la scène, le temps de savourer les applaudissements, avant d’y remonter pour jouer les deux derniers titres de la soirée, Party Time et Alien. Ovation méritée pour TVOD, dont plusieurs membres resteront disponibles longtemps pour discuter avec le public au merch.

Réjouissons-nous, Bretons, d’avoir eu autant de dates de Television Overdose cet été. Ce groupe mérite vraiment la plus grande attention et son futur album promet d’être une grosse claque. Il va nous faire un bien fou pour appréhender cette année placée sous le signe de Céline Dion et des campagnes électorales.

Vive TVOD ! Eteignez vos télés et allez au concert !

Jérôme