jeudi 6 août 2020

LESNEU @ Mercredis Musicaux, 5 août 2020 - Quimperlé

Ce sera donc LESNEU. Cinq mois après Mademoiselle K qui, sur le somptueux Final, nous chantait "Est-ce que vous reviendrez ?". Cinq mois après Lysistrata venu jouer sur scène le furieux Breathe In/Out de circonstance, c'est Lesneu qui vient nous ramener à ce que l'on aime tant : la musique live. Dans une configuration adaptée aux précautions actuelles (réservation, spectateurs en gradin, distanciation, jauge max de 300 et port du masque en déambulation), les Mercredis Musicaux organisés par la ville de Quimperlé ont pu se maintenir pour la plus grande joie des spectateurs venus profiter de cette occasion rare. Bien entendu, c'était complet. Alors oui, c'était un peu bizarre et frustrant de rester sagement assis, à distance, mais bordel, ça fait un bien fou !
Victor Gobbé, au cœur du projet Lesneu, vient donc présenter sur scène "Bonheur Ou Tristesse" premier Lp du groupe, après plusieurs mois de tournée avec Miossec, dont il assurait les premières parties en mode solo. Cette fois c'est le groupe au complet qui se présente devant les Quimperlois. Une vrai bande de potes musiciens multi-instrumentistes qui se retrouvent au gré des différents projets musicaux brestois (au sens large), que ce soit avec les Slow Sliders, Bantam Lyons, ou Djokovic entre autres.

 

Lesneu débute avec le somptueux Fringes, issu de leur tout premier Ep : Lovin'. Tout comme Griezou's Grief et Sergio également joué en début de set. Les six autres titres joués ce soir sont toutes des nouvelles compos.
La musique de Lesneu peut surprendre. Adepte du slow*, le groupe assume totalement et dégaine trois bijoux : Depression, Amoureux De Vous et Looking For You. Sur cette dernière, Victor Gobbé déploie toute sa puissance vocale, de quoi rappeler les plus belles envolées de Jeff Buckley. Carrément ! Quelques briquets s'allument dans les gradins, il ne manque que les couples enlacés dansant devant la scène pour compléter le tableau. Mais Lesneu sait aussi accélérer le tempo. Sur  le très "Strokien" (ça se dit ça ?) King's Fool, on retrouve un son plus axé sur les guitares et qui colle néanmoins très bien à l'empreinte du groupe.

* (Lesneu reprend d'ailleurs The Korgis : Everybody's Got To Learn Sometime sur La Mixtape II La Mort du collectif Mourir à Brest) 
  

Gros coup de cœur pour Shocked et son "riff synthé" entêtant. Un son cristallin et un rythme bien calé entre slow et pop, ce morceau résume le style du groupe à lui seul. Superbe !
C'est déjà l'heure du dernier morceau : Bonheur Ou Tristesse. On ne pouvait pas faire plus approprié. A la fois heureux de retrouver enfin du live, et frustré de le faire dans des conditions encore très contraignantes. Soulagé de voir l'horizon se dégager pour le secteur de la musique et du spectacle et inquiet des conditions sanitaires et organisationnelles à venir.
Le groupe insiste en criant sur leurs dernières notes Bonheur Ou Tristesse? 
Les deux mon Capitaine.

Finalement le mot de la fin reviendra à Victor, qui, en saluant les spectateurs avant de quitter la scène, lâche spontanément : "Bah c'était bien sympa !"


                                                                                                                                                            Jérôme

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lundi 9 mars 2020

LYSISTRATA @ Le Cargö, 7 mars 2020 - Caen

Le Club du Cargö n’est pas totalement plein, peu importe ! Les quelques 200 personnes présentes ne regretteront certainement pas d’avoir bravé la psychose épidémique actuelle. C'était, pour certains,  l'occasion de vérifier la grosse réputation scénique de Lysistrata, qui vient de sortir son deuxième album Breathe In/Out. Pour les autres, celles et ceux qui avaient déjà goûté à la fureur live des jeunes charentais, être là était une évidence.


Le tour de chauffe débute avec les caennais de Elecampane qui sont ici en terrain conquis, puisque ces 3 anciens membres Concrete Knives sont des habitués de la salle. Un set très bien mené par Nicolas, Augustin et Guillaume. Le plaisir est réel de retrouver ce groupe, vu au festival Beauregard  en 2015 et qui nous avait fait une très bonne impression.


21H30, Lysistrata entre en scène, et dégomme nos tympans dès les premières minutes, pour ne plus nous lâcher pendant l’heure et demie qui s’ensuit. Théo, Ben et Max : une guitare, une batterie, une basse, et 3 voix qui résonnent, à tour de rôle ou à l’unisson, dans un déluge de décibels et de riffs distendus qui n’auront de cesse de nous scotcher sans temps mort. Les titres de Lysistrata sont denses, ponctués de quelques accalmies pour mieux exploser ensuite. Pas de fioriture, mais de la sueur, du rock, de la rage et une énergie incroyable qui fait honneur à la scène et au public. Voilà qui résume en quelques mots la grosse baffe qu’on se prend tous ce soir, à l'écoute de The Thread, Death By Embarassment, Sugar & Anxiety ou encore l'excellent Mourn.


On en sort rincé, secoué, lessivé (et peut-être un peu plus sourd aussi…!) tout comme nos trois lascars, mais avec l’impression d’avoir encore une fois, assisté à gros concert d'un des groupes les plus intenses de la scène Rock Indé actuelle.

                                                                                                                                                            Stan


 


mercredi 26 février 2020

Marcel Et Son Orchestre @ L'Olympia, 22 février 2020 - Paris

«Marcel ? Mais qu'est-ce que c'est qu'ça ?». Ces paroles de Plus C'est Con, Plus C'est bon devaient certainement trotter dans la tête des passants du boulevard des capucines samedi dernier, lorsque ceux-ci ont vu débouler des centaines de personnes vêtues de perruques multicolores, de pantalon pattes d'eph', de vieux manteaux panthères et de boas à plumes. Le carnaval de Dunkerque s'invitait à Paname ? Pas tout à fait. Marcel Et Son Orchestre offrait à ses fans un concert mémorable dans une salle de prestige : L'Olympia. Et les fans sont venus de partout pour ce gros rassemblement, ce grand moment de "lâcher prise" au son de Où Sont Passées Mes Pantoufles?, Médiseuse, Tout L'Temps T'Aimer Toujours, Les Neurones À Crêtes, 62, Méfie-Te, et tant d'autres.


Deux première parties étaient en charge de maintenir une salle déjà chauffée à blanc par l’événement : PMQ, L’Élégance voQale et Carotté. D'un côté, de la chanson paillarde, chantée en polyphonie et revisitée tout en finesse, de l'autre, du punk/trad québécois joué par une bande de joyeux drilles louant l'esprit de fête, la révolte et les légumes. Une parfaite entame tout à fait dans l'esprit de la soirée. Difficile ensuite de décrire la fièvre qui s'est emparée de L'Olympia tout entier. Quelle énergie et quelle ambiance ! Mouloud, Tof, Tibal, Bouli, Jb, Bidingue et Bistek ont tenu leur promesse, celle annoncée lors du financement participatif de leur double compilation Hits, Hits, Hits, Hourra !!! Celle d'une grande fête, généreuse et sans complexe. Voici ce que nous avons retenu de cette folie furieuse, dont nous sommes ressortis complètement rincés par les pogos et les chahuts incessants.


Une superbe ambiance donc, due à la performance du groupe et à celle d'un public totalement converti à la fantaisie de Marcel Et Son Orchestre. Comme se plait à le répéter Mouloud, alias Franck Vandecasteele : «Marcel c'est nous, l'Orchestre c'est le public». Cette phrase prend tout son sens un soir comme celui-là. Le groupe est renforcé par une section cuivres et percussions qui donne encore plus de punch à une set-list déjà très forte. La scène se trouve même totalement occupée lorsque Carotté revient jouer La Famille Ingall's, apportant une touche cajun totalement raccord. Et que dire du raz de marée de filles qui recouvre les planches de L'Olympia, presque jusqu'à noyer le groupe sur Femme Mûre.


Toujours prompt à soutenir les causes justes et à dénoncer la dureté et la malhonnêteté de la politique actuelle, Mouloud vise juste en guise d'introduction à À Qui Cela Profite ? 
«Ils ont inventé la précarité pour tous... Une femme en détresse sociale a dit quelque chose de très juste et qui résume bien la situation actuelle : Nous sommes passés de la honte individuelle à la colère collective...».

  

Autre surprise que nous avait réservé MESO : 3 acrobates et jongleurs qui sont venus régulièrement au cours du concert occuper la scène et compléter un bien beau tableau. Tellement évident, là encore, sur Cerf VolantFuite De Fantaisie et Trapèze Volant.
Pas forcément acrobate au départ, il l'est devenu au bout de 5 secondes : mention spéciale au téméraire Capitaine du canot pneumatique qui a bravement affronté la foule déchaînée, et qui, malgré deux ou trois chavirements, a su rester à la barre et mener son bateau tant bien que mal sur Brrr...(au début elle est froide).


Le temps passe et l'ambiance ne faiblit pas. Le set se termine sur Raoul Et Alain avant un ultime rappel. La communion avec le public est totale, en témoigne cette capture vidéo prise par le groupe sur Skakaline
Et pour finir en beauté, le groupe Shimaï, (2 sœurs : Lana au saxo et Emma au ukulélé) rejoint Marcel pour Les Vaches en version japonaise. Idéal pour redescendre en douceur après ce concert de folie !
Dans la joie jusqu'au cou !

                                                                                                                                                       Jérôme