Il y a des soirs comme ça où l’on sait, avant même le début du concert, qu’il ne fallait le rater sous aucun prétexte. Deux ans quasiment jour pour jour après être venu présenter son dernier album New Moon, H-Burns est de retour à l’Archipel de Fouesnant, accompagné du Stranger Quartet, pour un concert hommage à Leonard Cohen. Une parenthèse personnelle qui, en 2021, avait donné naissance au magnifique album Burns on the Wire. Ce concert, l’un des plus attendus de la saison, affichait complet quelques jours seulement après l’ouverture de la billetterie fin août dernier.
Les lumières s’éteignent et, alors que la scène est encore vide, seulement occupée par de multiples instruments répartis çà et là, c’est la voix de Leonard Cohen que l’on entend. Un extrait sonore d’interview où résonne cette voix grave et douce si particulière, qui donne immédiatement des frissons. Une introduction parfaite, à la fin de laquelle musiciennes et musiciens entrent en scène. À deux autres reprises pendant le set, nous aurons le plaisir d’entendre le poète canadien s’exprimer en français sur les thèmes de la mélancolie ou de la tristesse.
H-Burns, alias Renaud Brustlein, est magnifiquement entouré sur scène. Des fidèles : Antoine Pinet à la batterie, basse et guitare, et le Stranger Quartet composé de Pauline Denize, Mélie Fraisse, Lonny et Ysé, aux violons, violoncelle, alto, basse, guitare, claviers et chœurs… Rien que ça ! Le résultat est superbe : un hommage beau et fidèle à l’œuvre de Cohen.
Chelsea Hotel #2, Bird on a Wire, So Long, Marianne, Famous Blue Raincoat… H-Burns revisite une sélection de chansons issues des quatre premiers albums de Leonard Cohen avec un soin particulier, en respectant chacune d’entre elles. Comme il le dit en début de show, nous avons tous une histoire avec certaines de ses chansons, avec certains de ses textes — nous les chérissons. Pour ma part, j’ai adoré Lover Lover Lover et Who by Fire, issues de l’album New Skin for the Old Ceremony, mon préféré avec Songs from a Room.
Dans un premier temps installées derrière leurs instruments à cordes, les quatre musiciennes alternent ensuite entre différents instruments avec une grande maîtrise, tout en assurant des chœurs impeccables. Sur The Partisan, c’est Antoine Pinet qui, avec sa guitare steel, apporte une touche délicate à cette chanson que je connais surtout grâce à la formidable version de Leonard Cohen. Un peu comme la jeune génération connaît peut-être mieux Hallelujah dans sa version chantée par Jeff Buckley. Mais quelle version de The Partisan ce soir !
Le groupe quitte la scène sous les ovations et seules les quatre musiciennes reviennent pour nous offrir un Sisters of Mercy quasi a cappella, se partageant le chant à tour de rôle dans un silence de cathédrale. Sublime ! Le groupe revient pour un dernier tour de chant avec notamment le très country et joyeux Passing Through. Le public est debout et réclame un ultime rappel. Vœu exaucé : cette fois, H-Burns revient simplement accompagné d’Antoine Pinet pour The Stranger Song, qui clôt un concert remarquable.
Jérôme

















