vendredi 14 février 2020

BEAUREGARD #12

Le festival Beauregard est cher à notre cœur pour tout un tas de raisons, à commencer par la programmation, toujours de très bonne qualité. Cette année ne fait pas exception et nous nous réjouissons d'avance. Notre fibre Pop/Rock à méchamment vibrée lors de l'annonce globale du line up 2020. C'était mardi soir au Big Band Café, la salle de concert d'Hérouville-Saint-Clair, Paul Langeois et Claire Lesaulnier levaient le voile sur cette 12ème édition qui sonne comme un retour aux sources. Une affiche cohérente, homogène et très convaincante.


Parmi les 38 noms de l'affiche, on ne ratera pas Massive Attack, longtemps dans le viseur des programmateurs, Roger Hodgson, Madness,  The Jesus And Mary Chain, Archive, Body Count, The Fat White Family, Of Monsters And Men, Nada SurfThe Murder Capital, Giant Rooks, Kompromat et Samba De La Muerte

Tous surlignés également sur notre planning, SUM 41, Frank Carter & The Rattlesnakes, Last Train, -M-, Fatoumata Diawara, Parcels, Metronomy, Philippe Katerine et Thylacine, seront à ne pas manquer. La présence le même jour de -M- et de Fatoumata Diawara peut laisser entrevoir un duo sur scène, les deux artistes ayant collaborés sur Lamomali.

Du côté des découvertes, toujours très bonnes chez JOHN, on écoutera avec attention Annabella Hawk, La Gallera Social Club et Eternal Youth. On note aussi la belle présence de Catherine Ringer, de Bertrand Belin et pour l'electro, Martin Solveig, Claptone et Perturbator. Pour finir, les amateurs de musique urbaine auront de quoi se réjouir avec deux représentants par jour : Nekfeu, Niska, Hamza & Sch, Ninho, PNL, Zola, Caballero & Jeanjass et Lorenzo

 

Aucun doute, le programme des 4 jours va être chargé !

A noter parmi les nouveautés 2020 :
  • L'espace VIP agrandi et modifié et l'espace Kid, agrandi lui aussi et déplacé pour être plus au calme (les enfants seront plus au calme 😁);
  • Un effort supplémentaire sera également apporté sur le développement durable sur le site (63% des déchets recyclés en 2019);
  • Distribution de cendrier plus importante afin éviter les mégots au sol;
  • Une équipe de bénévoles plus importante et toujours motivée (1 200 attendus cette année).
Enfin, soulignons la belle initiative de deux étudiants caennais Louis Bruyneel et Antonin Delarue, qui, soutenus par le festival, se lancent dans l'aventure du 4L trophy à bord d'une voiture aux couleurs et logo de Beauregard. L'équipage normand partira le 20 février de Biarritz pour traverser le Maroc et distribuer au passage des fournitures scolaires, des équipements sportifs et des denrées alimentaires aux populations locales. Un raid de plus de 6 000 kms à suivre ICI.

                                                                                                                                                          Stan


samedi 8 février 2020

PHILIPPE KATERINE @ La Carène, 7 février 2020 Brest

Quelqu'un qui, durant 5 minutes, récite son numéro de sécurité sociale, sur scène, sans avoir l'air ridicule, ne peut pas être foncièrement mauvais. C'était ce qu'un ami m'avait glissé à l'oreille avant le set de Philippe Katerine en 2006 à La Route Du Rock. Ce soir là, j'étais resté scotché devant la prestation et le charisme du chanteur que je découvrais en live. Depuis, l'artiste touche à tout est devenu incontournable, multipliant les projets et les collaborations, comme sur Confessions, son 11ème album sorti il y a quelques mois. On y retrouve Gerard Depardieu, Camille, Léa Seydoux, Angèle, Chilly Gonzales, Dominique A, Oxmo Puccino, Clair et Lomepal. Alors, Patouseul Philippe Katerine ? C'est le moins qu'on puisse dire ! Ce soir, Brestoises et Brestois se sont précipité·e·s à La Carène pour le voir et l'entendre expier ses pêchés les plus inavouables. 


Compositeur et musicien ayant accompagné et travaillé avec Philippe Katerine (entre autres) pendant plusieurs année, Eveno assurait la première partie du concert. Seul en scène, jouant, dans tous les sens du terme, avec sa guitare acoustique. Pendant une demie heure, façon humour potache, Eveno revisite quelques airs connus dont Petit Papa Noël, La Thune d'Angèle et une Marseillaise en version country et flamenco. Une maîtrise impeccable des 6 cordes et relation intime avec l'instrument qui donnera lieu à la naissance en direct d'un petit ukulélé. Parfaitement dans l'esprit de la soirée.


Vue imprenable sur des narines géantes à l'intérieur desquelles sort Philippe Katerine comme extrait par l'un des six doigts qui se dressent sur la scène. Entouré de cinq excellents musiciens, le chanteur va composer, sous nos yeux, un concert en trois actes. Le premier sera pêchu avec une série de titres phares, dont BB Panda, le génial Louxor J'adore, Blond, La Banane et Excuse-moi. Et puisqu'il est question de confessions ce soir, Philippe Katerine n'hésite pas à partager ses pensées : du spermatozoïde "winner" à  la musculature apparente dessinée par son t-shirt, de l'accent brestois aux délicieuses langoustines qu'il a dévorées égoïstement. Le public coopère avec délice, l'ambiance est d'emblée très bonne.


 

«On passe au plat principal, celui qui est sur la carte, c'est le moment du pot pourri». Quel régal ! Une dizaine de titres raccourcis et se succédant sans temps mort. Indéniablement un des moments forts du set. Moustache, La Reine D’Angleterre et Philippe pour le côté farfelu, l'angoissant 20-04-2005, mais surtout Rêve Affreux où Philippe Katerine prend des airs de Kanye West sur ce rap délirant. Musicalement c'est parfait et pourtant pas simple tant les morceaux sont souvent stoppés nets et récupérés brutalement. Le funky Sexy Cool, La Clef puis 88% (en duo virtuel avec Lomepal) clôturent ce second acte. Encore une fois le public prit un malin plaisir à répondre aux demandes les plus bizarre du chanteur, comme celle de compter 88 doigts à l'unisson. Très fort !


 

Changement de tenue et changement de rythme. Cette dernière partie de set se veut plus douce avec Bonhommes, Aimez-Moi, La Converse Avec Vous, Parivelib', Madame De. La dynamique a changé, on profite d'une autre facette plus délicate de l'artiste, interrompu tout de même par un faux appel de sa mère et par ses musiciens exigeant une pause syndicale. Après les ovations reçues des 1 300 personnes réunies à La Carène ce soir, Philippe Katerine reviendra seul pour un magnifique Moment Parfait a cappella. 
Déroutant, touchant, capable de parler masturbation, bifle et nonnes en gode ceinture pour finalement se délecter d'une conversation raffinée, réclamer des bisous et nous supplier de l'aimer. Passant du survet' au costume de velours bleu, des lunettes/pénis à la robe de chambre en satin blanc. Philippe Katerine est plus que jamais unique en son genre.

                                                                                                                                                 Jérôme


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samedi 11 janvier 2020

MATT BIANCO @ L'Archipel, 9 janvier 2020 - Fouesnant

Soirée de prestige à L'Archipel pour ouvrir cette nouvelle année musicale avec Matt Bianco, le célèbre groupe britannique, créé par Mark Reilly, Mark Fisher, Danny White et Kito Poncioni, auteur de tubes imparables au milieu des années 80. Au cœur d'une époque musicale à la qualité très variable, Matt Bianco nous enchantait déjà avec des compositions mêlant habilement pop, jazz, bossa. Le public ne l'a pas oublié, la salle fouesnantaise affiche complet. De la formation initiale, ne reste aujourd'hui que Mark Reilly, toujours actif et très bien entouré, sur scène comme en studio. En témoigne Gravity, splendide album, sorti il y a 2 ans.


Le concert débute avec Invisible, Gravity et Joyride, tous issus du dernier opus du groupe. Musicalement c'est parfait. Martin Shaw à la trompette, Graham harvey au piano, Paul Booth au saxophone, Geoff Gascoyne à la contrebasse et Sebastiaan de Krom à la batterie, le niveau est impressionnant ! Mark Reilly, au centre, ne dissimule pas son plaisir de retrouver la scène et le public français après quelques semaines de pause dans la tournée.


«Nous allons maintenant jouer un titre du tout premier album de Matt Bianco». Retour en 1984 avec Whose Side Are You On ? Sous l'impulsion du chanteur, le public de L'Archipel se laisse porter et reprend le refrain que Basia Trzetrzelewska entonnait à l'époque. Comme sur  le morceau Gravity, joué un peu plus tôt, l'absence de chœurs féminins surprend un peu, tant ils sont présents dans la version album. Le set se poursuit avec le somptueux Under The Moonlight, ballade jazzy ponctuée de séquences latinos et d'un solo de trompette, encore une fois remarquable. Dans la même veine, Paradise, Solace et Dancin' Easy métamorphosent L'Archipel en un cabaret en sous-sol, où l'on s'imaginerait croiser Nestor Burma ou Eddie Valiant au coin du bar. Un nuage de cigare plus tard, More Than I Can Bear vient bercer nos oreilles. Cette chanson est toujours aussi belle ! Elle l'est peut-être encore plus ce soir, jouée dans une version dénudée qui met en valeur la voix impeccable de Mark Reilly. Aucun fossé entre les premières et les dernières compos. Celles-ci se succèdent sans "casser" la fluidité du set.


Après ce moment feutré, retour au swing, teinté de cha cha, avec Sneaking Out the Back Door, joué pour la première fois ce soir lors de cette tournée, puis That's Life et Don't Blame It On that Girl. La température monte d'un cran, les musiciens se balancent des mini solos à tour de rôle, on troquerait bien les confortable sièges de la salle contre une fosse dansante. La performance la plus marquante est sans aucun doute celle de Sebastiaan de Krom, à la batterie, qui, pendant près de 10 minutes, va enflammer la salle en enchaînant un solo mémorable sur Before It's Too Late. Le batteur, laissé seul sur scène par le reste du groupe, va frapper sa batterie de long en large, les pieds de cymbales et de micros, les enceintes retours, le sol et même les chaussures d'une spectatrice du premier rang. Sans temps mort, ce dernier ira reprendre sa place pour finir le morceau, rejoint par ses compères. Un vrai régal !

 

Le set se termine devant un public debout, imitant Mark Reilly qui n'aura cessé de danser tout au long de la soirée. Summer In the City, l'irrésistible Yeh Yeh et, en rappel, le tout premier single de Matt Bianco : Get Out Of Your Lazy Bed.  Le groupe est ovationné comme il se doit et quitte la scène visiblement ravi. Bien qu'étant le premier de 2020, on peut déjà annoncer ce concert comme l'un des plus élégant et maîtrisé de l'année.
                                                                                                                                                                                               Jérôme

 

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