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vendredi 13 février 2026

H-Burns & The Stranger Quartet @ L'Archipel, 12 février 2026 - Fouesnant

Il y a des soirs comme ça où l’on sait, avant même le début du concert, qu’il ne fallait le rater sous aucun prétexte. Deux ans quasiment jour pour jour après être venu présenter son dernier album New Moon, H-Burns est de retour à l’Archipel de Fouesnant, accompagné du Stranger Quartet, pour un concert hommage à Leonard Cohen. Une parenthèse personnelle qui, en 2021, avait donné naissance au magnifique album Burns on the Wire. Ce concert, l’un des plus attendus de la saison, affichait complet quelques jours seulement après l’ouverture de la billetterie fin août dernier.

Les lumières s’éteignent et, alors que la scène est encore vide, seulement occupée par de multiples instruments répartis çà et là, c’est la voix de Leonard Cohen que l’on entend. Un extrait sonore d’interview où résonne cette voix grave et douce si particulière, qui donne immédiatement des frissons. Une introduction parfaite, à la fin de laquelle musiciennes et musiciens entrent en scène. À deux autres reprises pendant le set, nous aurons le plaisir d’entendre le poète canadien s’exprimer en français sur les thèmes de la mélancolie ou de la tristesse. 

H-Burns, alias Renaud Brustlein, est magnifiquement entouré sur scène. Des fidèles : Antoine Pinet à la batterie, basse et guitare, et le Stranger Quartet composé de Pauline Denize, Mélie Fraisse, Lonny et Ysé, aux violons, violoncelle, alto, basse, guitare, claviers et chœurs… Rien que ça ! Le résultat est superbe : un hommage beau et fidèle à l’œuvre de Cohen.

Chelsea Hotel #2, Bird on a Wire, So Long, Marianne, Famous Blue Raincoat… H-Burns revisite une sélection de chansons issues des quatre premiers albums de Leonard Cohen avec un soin particulier, en respectant chacune d’entre elles. Comme il le dit en début de show, nous avons tous une histoire avec certaines de ses chansons, avec certains de ses textes — nous les chérissons. Pour ma part, j’ai adoré Lover Lover Lover et Who by Fire, issues de l’album New Skin for the Old Ceremony, mon préféré avec Songs from a Room.

 

Dans un premier temps installées derrière leurs instruments à cordes, les quatre musiciennes alternent ensuite entre différents instruments avec une grande maîtrise, tout en assurant des chœurs impeccables. Sur The Partisan, c’est Antoine Pinet qui, avec sa guitare steel, apporte une touche délicate à cette chanson que je connais surtout grâce à la formidable version de Leonard Cohen. Un peu comme la jeune génération connaît peut-être mieux Hallelujah dans sa version chantée par Jeff Buckley. Mais quelle version de The Partisan ce soir !

 

Le groupe quitte la scène sous les ovations et seules les quatre musiciennes reviennent pour nous offrir un Sisters of Mercy quasi a cappella, se partageant le chant à tour de rôle dans un silence de cathédrale. Sublime ! Le groupe revient pour un dernier tour de chant avec notamment le très country et joyeux Passing Through. Le public est debout et réclame un ultime rappel. Vœu exaucé : cette fois, H-Burns revient simplement accompagné d’Antoine Pinet pour The Stranger Song, qui clôt un concert remarquable.

Jérôme

dimanche 17 novembre 2024

VOX LOW @ L'Archipel, 14 novembre 2024 - Fouesnant

Elle était bien étrange cette soirée à L'Archipel. Si la programmation de Vox Low, dont j'écrivais le plus grand bien il y a 3 ans lors de leur venue à La Carène, me réjouissait totalement, je ne pouvais pas cacher une certaine appréhension quant à la configuration du concert. L'Archipel est une salle magnifique dotée de sièges très confortables et... non démontables. Idéal pour apprécier comme il se doit une pièce de théâtre, un concert de jazz ou un live de Dominique A certes, mais pour la Coldwave/Electro du groupe parisien, je me demandais bien ce que cela allait donner. 

Les quatre musiciens  s'installent au milieu de la scène, presque trop grande pour le coup et dénuée de tout artifice. Juste les instruments, le fond noir et le light show. Un minimalisme qui colle assez bien à la musique de Vox Low, même si j'imagine assez bien des séquences vidéo en fond de scène renforcer la noirceur et le côté anticipation du groupe. Un atout visuel très bien utilisé par exemple par Gwendoline, autre groupe du Label Born Bad Records. Mais peut-être est-ce mieux ainsi... Au micro et clavier, Jean-Christophe Couderc salue le public et aborde directement la question de la configuration de la salle. "C'est la deuxième fois seulement que nous jouons devant un public assis, c'est différent, un peu bizarre mais en même temps nous ne bougeons pas beaucoup non plus, donc...". Bien parlé ! Le concert peut commencer avec Now, We're Ready To Spend et Some Words Of Faith, deux titres du premier album, qui oscillent entre un groove sombre et monocorde pour l'un et un acid/électro angoissant pour l'autre. 



Jérôme Pichon partage son temps entre notes new wave au synthé et guitare agressive. Le jeu de basse de Benoît Raymond est omniprésent et forme avec Mathieu Autin, à la batterie, une rythmique précise, puissante véritable poutre maitresse de l'édifice Vox Low. Place aux titres de  Keep On Falling, second album du groupe sorti il y a 1 an. Dans ce nouvel ouvrage, Vox Low est un peu plus humain que machine. Plus de guitare, un son plus Rock, plus Cure, Depeche Mode (Violator) ou Sister Of Mercy. C'est assez flagrant sur Henry Rode, Keep on Falling et le superbe Breathless Tuesday. Les interactions avec le public sont réduites certes mais l'écrin qu'est la salle de L'Archipel offre à Vox Low la possibilité de mettre en avant d'autres aspects du live. Le light show est très bon et le son est tout simplement parfait ! Les applaudissements soutenus du public entre les morceaux ne trompent pas. La température monte d'un cran après It Grows et We Walk. Aussi, lorsque Mathieu Autin décide d'enlever son t-shirt, quelques réactions admiratives se font entendre parmi l'auditoire. Du tac au tac, Jean-Christophe Couderc réplique avec humour : "ça, c'est prévu dans le contrat". C'est l'heure du dernier morceau, et face à la déception non dissimulée que certains spectateurs expriment à voir le show se terminer si vite, Jean-Christophe Couderc, toujours, les rassure en précisant que ce titre dure très longtemps. Effectivement l'enchainement Something Is Wrong avec I Am A Strange Machine Sometimes doit se situer aux alentours de 15 minutes de trip hypnotisant et vibratoire. 



Le concert aurait très bien pu s'arrêter là, mais Vox Low viendra une dernière fois inonder L'Archipel de ses vagues synthétiques et dansantes avec Distance, autre titre du dernier album dont 6 morceaux auront été joués ce soir. Excellent concert de Vox Low dans un cadre particulier où j'ai eu le sentiment paradoxal d'être freiné dans l'ambiance tout en étant le privilégié d'une broadcast session ou d'une résidence. Habitué à une proximité bien plus importante avec le public, je me demande aussi comment le groupe a vécu cette soirée. 

Jérôme

dimanche 7 avril 2024

Rodolphe Burger + Sofiane Saidi + Mehdi Haddad @ L'Archipel, 04 avril 2024 - Fouesnant

La qualité de programmation de l'Archipel m'amène une quatrième fois à Fouesnant cette année. Après Alela Diane, H-Burns + Animal Triste et Zaho De Sagazan, c'est cette fois le projet Mademoiselle qui me semblait tout simplement immanquable. Mademoiselle est une hydre à trois têtes, une rencontre aussi évidente que géniale entre Rodolphe Burger, Sofiane Saidi et Mehdi Haddad, des artistes qui n'ont cessé de multiplier les collaborations et de mêler leur talent et leur culture à celle des autres. Le résultat est splendide, l'album est une vraie réussite, un beau métissage de blues, de raï et d'électro qu'il me tardait donc de voir joué sur scène.

La salle de l'Archipel est pleine une fois de plus, les trois artistes s'installent et le set débute sur Vous Êtes Belle (Mademoiselle). Rodolphe Burger et Sofiane Saidi se partagent le chant, l'un dans un style résolument Gainsbourien et l'autre en virtuose du raï. Mehdi Haddad, lui, semble ne faire qu'un avec son oud électrique, sa réputation de Jimi Hendrix du Maghreb n'est pas usurpée et chaque solo qu'il entreprend est une vraie merveille, à commencer par celui réalisé sur 504, le second titre de la soirée. La rythmique est soutenue, Sofiane Saidi derrière ses claviers fait office de chef d'orchestre et sur One Two Three, c'est la présence de Rachid Taha qui transparait de partout, lui qui incarnait tant le rock et ses alliages. Après le bluesy I Drink Alone, une très belle reprise de George Thorogood, le trio interprète Embrasse Marie Pour Moi, l'un des morceaux les plus intenses du set à mes yeux et à mes oreilles. Le light show est splendide et le son impeccable, malgré quelques soucis rencontrés sur un des amplis de Mehdi Haddad qui a paru un peu agacé par cet imprévu.


 

La seconde moitié de concert gagne encore plus en chaleur et en énergie. Des gens se sont levés pour danser dans les allées, Sofiane Saidi incite les autres à en faire autant, à quitter leur confortables fauteuils et à se laisser aller sur les nappes électro de Sahara Malakoff (Le Désert). Une autre reprise est jouée : Hey Baby de Jimi Hendrix sur laquelle Mehdi Haddad se hisse aisément au niveau du guitariste légendaire. Superbe ! Fin de set relevé avec Le Dédain, puis La Terre De Feu (Que Sera Votre Vie?), où Mademoiselle revisite à la sauce algérienne un des titres phares de Kat Onoma. 

Le public en redemande et c'est tout d'abord Mehdi Haddad qui revient seul pour un solo somptueux en intro de Hard Times. Il est rejoint par Sofiane Saidi qui, tel un muezzin, invite ses fidèles par son chant puissant, puis par Rodolphe Burger, revenu lui aussi pour distribuer de gros coups de griffes avec sa fameuse Gibson. Le concert s'achève sur le tempo soutenu de Ndjoum, où l'instru électro/raï pourrait facilement se confondre à la musique traditionnelle bretonne, elle aussi jamais meilleure que lorsqu'elle est bousculée et enrichie par d'autres cultures. L'ouverture, la curiosité et le mélange font bon ménage. Une évidence qu'il est toujours bon de rappeler et ce soir c'est chose faite de la plus belle des manières.

 Merci Mademoiselle.

Jérôme

dimanche 18 février 2024

H-Burns + Animal Triste @ L'Archipel, 17 février 2024 - Fouesnant

Magnifique plateau musical à l'Archipel de Fouesnant où le folk électrique de H-Burns cède ensuite sa place à la noirceur rock de Animal Triste. Une fois de plus le public est au rendez-vous et la salle est pleine. Je crois bien qu'à chaque fois que je suis venu ici c'était le cas. Signe d'une programmation de qualité et d'un public curieux et fidèle à cette belle structure. Pour ma part, je me réjouissais à l'avance de découvrir sur scène ces groupes que j'apprécie déjà beaucoup à l'écoute de leurs différents albums. Cette escale bretonne, commune aux deux formations, était donc une occasion rêvée de faire d'une pierre deux coups. 


C'est sous les projecteurs bleus qui éclairent la scène de l'Archipel que H-Burns débute le set avec Blue Lights. En toile de fond, la magnifique peinture de Gilles Marrey évoquant une plage de Pacific City, réalisée à la demande de H-Burns et qui illustre la pochette du dernier album Sunset Park. Un décor parfait qui n'est pas sans rappeler les paysages alentours. Cette première partie de concert est d'ailleurs largement consacrée à ce dernier opus avec New Moon, la très belle ballade Morning Flight et le très entrainant Late Bloomers

 


H-Burns est le projet de Renaud Brustlein qui, depuis une vingtaine d'années, multiplie les collaborations avec divers artistes afin faire émerger des œuvres scintillantes mêlant le folk américain et le songwrinting anglo-saxon. Son style et sa musique me ramènent aux Cowboys Junkies, à Lloyd Cole, Jay Alanski ou Dominique A avec qui, à mon sens, il partage la même qualité d'écriture et la même excellence, même si l'un chante en anglais et l'autre non. Il n'y a qu'à écouter le magnifique Night Moves pour s'en convaincre. À la guitare basse, Ysé Lallemant vient poser sa voix sur le doux Sister tandis que Antoine Pinet délaisse sa guitare pour s'installer au clavier. Yann Clavaizolle quant à lui, aura su alterner douceur et montée en puissance sans jamais martyriser ses fûts plus que nécessaire. La seconde partie de concert est tout aussi impeccable que la première : Tigress, Nowhere To Be, Movies jusqu'à la standing ovation finale au moment du rappel avec Midlife et Naked. Épatant de justesse et d'élégance.



Place à la noirceur avec Animal Triste. Je m'étais promis de voir au plus vite le groupe normand après les avoir manqué de peu au festival Beauregard 2023 où j'étais arrivé sur site juste après leur passage sur scène. Composé de musiciens qui œuvraient et œuvrent encore dans d'autres formations telles que Darko, Radiosofa ou La Maison Tellier, Animal Triste est un jeune groupe de vieux garçons qui jouent une musique influencée par les artistes que l'on a aimés et que l'on aime, comme le définit bien Yannick au chant. Un rock de daron, un rock à la barbe grisonnante, à la poignée de main solide et au regard direct. La présence scénique du groupe est forte, à six sur scène dont trois guitares...ça envoie du lourd ! 



Musicalement, on est plutôt dans l'univers de dEUS ou des Black Rebel Motorcycle Club, dont le chanteur/guitariste Peter Hayes est venu poser ses riffs sur l'excellent Tell Me How Bad I Am, l'un des titres de leur dernier album Night Of The Loving Dead. Autre morceau de choix joué ce soir, la belle reprise du Boss : Dancing In The Dark. La voix de Yannick Marais est puissante et me rappelle parfois celle de Bono période The Unforgettable Fire, c'est dire ! De toute façon pour s'attaquer aux chansons de Springsteen, faut être équipé et confiant et cette version, plus sombre, est splendide. Après les furieux Afterlife et Rearview Mirrors, le groupe calme volontairement le jeu avec Sky Is Something New, belle ballade issue de leur premier album, que Yannick avoue avoir placé en milieu de set pour calmer le côté cardio du début de concert.

 

Beaucoup de nouveaux morceaux ce soir semble-t-il, laissant entrevoir du très bon pour la suite. Mention spéciale à Montevidéo, dont les chœurs, le tempo et l'ambiance noire qui s'en dégagent en feraient la B.O. parfaite de Sons Of Anarchy et à River Of Lies, où le musicien Alain Johannes (PJ Harvey, Queens Of The Stone Age, Arctic Monkeys...) a posé la patte sur la version studio. Autant de balafres supplémentaires sur la fourrure de l'Animal qui parait plus fort que jamais. Le public en redemande, le groupe revient et interprète With Every Bird puis, en format acoustique la superbe berceuse Diamond Dreams qui clôt le dernier album et le concert de ce soir.

A défaut de tout renverser, la configuration de la salle n'étant pas très adaptée aux concerts rock, le public de l'Archipel aura été d'une grande qualité d'écoute et aura réservé un accueil très chaleureux aux deux talentueuses formations de la soirée...et c'était amplement mérité. 


Jérôme

vendredi 17 novembre 2023

ALELA DIANE @ L'Archipel, 16 novembre 2023 - Fouesnant

Soirée sold out depuis longtemps, le public avait bien compris que L'Archipel était le lieu idéal pour accueillir Alela Diane pour son étape bretonne, à mi-parcours de sa grande tournée française (16 dates). Lumières tamisées, confort, son exceptionnel et un public hyper attentif, attendant jusqu'au lointain écho de la dernière note pour applaudir. De quoi savourer pleinement les superbes mélodies folk et la belle voix de l'américaine.


Accompagnée des talentueuses Mirabai Peart (violon, flute et chant) et Heather Woods (batterie, guitare, flute traversière, piano et chant) Alela Diane a offert au public breton un moment suspendu d'une heure et demie, où, comme déconnecté, écarté de toute l'agitation du monde, L'Archipel s'est retrouvé plongé dans une ambiance douce et enveloppé d'une nostalgie réconfortante. Le concert a débuté directement sans la première partie prévue (Mariee Siou) et pour celles et ceux qui, comme moi, découvrait (enfin) Alela Diane sur scène, ce fût un grand moment de dépaysement total hors du temps. Une échappée belle, une virée vers les plaines et les étendues du grand Ouest américain. All The Light, Camelia et Colorado Blue, joués en première partie de set, en sont de parfaites cartes postales. 


L'éclairage faible et délicat colle parfaitement à l'ambiance intimiste du concert. Au milieu du set, Alela Diane propose judicieusement au public une parenthèse solo pour interpréter quelques titres à la guitare et au piano. D'abord le superbe The Rifle, avant de demander directement au public quelle chanson il souhaite entendre. Réponse directe venue des premiers rangs : Tired Feet. Vœux immédiatement exaucé pour ce qui sera l'un des plus beaux moments du concert. Autres instants de grâce de la soirée à mes yeux et mes oreilles : When We Believed issu de son dernier album Looking Glass ainsi que The Wind issu, lui, de son troisième Lp : Alela Diane & Wild Divine.


Ether & Wood, The Threshold, impossible de ne pas penser à Joan Baez ou Joni Mitchell à l'écoute de ces deux superbes ballades. Après vingt ans de carrière, six albums et de nombreuses collaborations, Alela Diane peut sans rougir s'assoir à la table de ses glorieuses ainées. Elle est aujourd'hui elle aussi et  sans conteste, une des voix incontournables de l'indie folk. Après le somptueux Of Love, c'est déjà l'heure du rappel. Oh! My Mama joué en solo, avant un final à trois sur l'incontournable The Pirate's Gospel, que le public accompagne d'un tempo d'applaudissement et qui vient clôturer un set éblouissant. Le concert était parfait. Que puis-je vous dire d'autre ? Courez voir Alela Diane !

 

Jérôme

samedi 11 janvier 2020

MATT BIANCO @ L'Archipel, 9 janvier 2020 - Fouesnant

Soirée de prestige à L'Archipel pour ouvrir cette nouvelle année musicale avec Matt Bianco, le célèbre groupe britannique, créé par Mark Reilly, Mark Fisher, Danny White et Kito Poncioni, auteur de tubes imparables au milieu des années 80. Au cœur d'une époque musicale à la qualité très variable, Matt Bianco nous enchantait déjà avec des compositions mêlant habilement pop, jazz, bossa. Le public ne l'a pas oublié, la salle fouesnantaise affiche complet. De la formation initiale, ne reste aujourd'hui que Mark Reilly, toujours actif et très bien entouré, sur scène comme en studio. En témoigne Gravity, splendide album, sorti il y a 2 ans.


Le concert débute avec Invisible, Gravity et Joyride, tous issus du dernier opus du groupe. Musicalement c'est parfait. Martin Shaw à la trompette, Graham harvey au piano, Paul Booth au saxophone, Geoff Gascoyne à la contrebasse et Sebastiaan de Krom à la batterie, le niveau est impressionnant ! Mark Reilly, au centre, ne dissimule pas son plaisir de retrouver la scène et le public français après quelques semaines de pause dans la tournée.


«Nous allons maintenant jouer un titre du tout premier album de Matt Bianco». Retour en 1984 avec Whose Side Are You On ? Sous l'impulsion du chanteur, le public de L'Archipel se laisse porter et reprend le refrain que Basia Trzetrzelewska entonnait à l'époque. Comme sur  le morceau Gravity, joué un peu plus tôt, l'absence de chœurs féminins surprend un peu, tant ils sont présents dans la version album. Le set se poursuit avec le somptueux Under The Moonlight, ballade jazzy ponctuée de séquences latinos et d'un solo de trompette, encore une fois remarquable. Dans la même veine, Paradise, Solace et Dancin' Easy métamorphosent L'Archipel en un cabaret en sous-sol, où l'on s'imaginerait croiser Nestor Burma ou Eddie Valiant au coin du bar. Un nuage de cigare plus tard, More Than I Can Bear vient bercer nos oreilles. Cette chanson est toujours aussi belle ! Elle l'est peut-être encore plus ce soir, jouée dans une version dénudée qui met en valeur la voix impeccable de Mark Reilly. Aucun fossé entre les premières et les dernières compos. Celles-ci se succèdent sans "casser" la fluidité du set.


Après ce moment feutré, retour au swing, teinté de cha cha, avec Sneaking Out the Back Door, joué pour la première fois ce soir lors de cette tournée, puis That's Life et Don't Blame It On that Girl. La température monte d'un cran, les musiciens se balancent des mini solos à tour de rôle, on troquerait bien les confortable sièges de la salle contre une fosse dansante. La performance la plus marquante est sans aucun doute celle de Sebastiaan de Krom, à la batterie, qui, pendant près de 10 minutes, va enflammer la salle en enchaînant un solo mémorable sur Before It's Too Late. Le batteur, laissé seul sur scène par le reste du groupe, va frapper sa batterie de long en large, les pieds de cymbales et de micros, les enceintes retours, le sol et même les chaussures d'une spectatrice du premier rang. Sans temps mort, ce dernier ira reprendre sa place pour finir le morceau, rejoint par ses compères. Un vrai régal !

 

Le set se termine devant un public debout, imitant Mark Reilly qui n'aura cessé de danser tout au long de la soirée. Summer In the City, l'irrésistible Yeh Yeh et, en rappel, le tout premier single de Matt Bianco : Get Out Of Your Lazy Bed.  Le groupe est ovationné comme il se doit et quitte la scène visiblement ravi. Bien qu'étant le premier de 2020, on peut déjà annoncer ce concert comme l'un des plus élégant et maîtrisé de l'année.
                                                                                                                                                                                               Jérôme

 

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