Belle soirée de printemps à La Carène avec, 11 ans plus tard, le retour de Totorro dans la cité du Ponant, et en ouverture un Chaton Laveur tout droit venu de Liège. Le club est plein à craquer, presque trop petit pour ce groupe décidément à part, dont l’impact reste toujours aussi fort auprès d’un public qui, dès les dernières notes du concert, n’aspire qu’à les revoir au plus vite.
En voilà un drôle d’animal ! Chaton Laveur, c’est Julie à la basse, guitare, clavier et chant, et Pierre à la batterie, clavier et chant. Vous l’avez compris, ces deux-là sont plus proches de l’octopus que du duo classique. Musicalement, Chaton Laveur explore un univers entre l’expérimental de Broadcast, le post-rock hypnotique de Baston, les mélodies aériennes de La Battue ou encore les rythmiques obsédantes de Vox Low. Les chants sont partagés entre les deux membres, principalement en français, parfois en espagnol, et les projections en arrière-plan ajoutent une dimension loin d’être inutile à l’ambiance particulière installée sur scène.
Le duo joue ce soir l’avant-dernière date de la tournée qui suit la sortie de leur nouvel album Labyrinthe, largement mis à l’honneur, avec notamment un inédit répété seulement quelques heures plus tôt. Mention spéciale à La Source, que j’ai beaucoup aimé. Accueil chaleureux et prestation convaincante, qui confirme toute la qualité de la nouvelle scène rock belge. Chaton Laveur vient gentiment s’asseoir à la table de La Jungle, It It Anita ou Gros Cœur, pour ne citer qu’eux.
Après six ans de pause mis à profit pour explorer d'autres projets (La Battue, Do It Later…), Totorro est de retour avec Sofa So Good, excellent album qui s'inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs Come To Mexico et Home Alone. Autant dire que l'attente est grande et l'excitation est palpable. Lorsque le groupe entre en scène, la clameur qui s'élève est révélatrice et une question me vient aussitôt : pourquoi cette chanson en fond sonore - Comme un roc - de Nâdiya (dont j’avais oublié l’existence) ? Mystère…
Ce soir, le nouvel album Sofa So Good occupe logiquement
la moitié de la set-list. Mention spéciale à Bernard Guez et Smile
Paste, particulièrement réussis ! La complicité entre les quatre
musiciens transpire sur scène et se propage naturellement au public, qui, comme
moi, passe un vrai moment de plaisir. Je reste subjugué par la maîtrise du
groupe, capable de jouer un math rock irrésistible sans jamais sacrifier la
mélodie. Les ralentissements de tempo ne sont que des courses d’élan avant un déferlement de guitares porté par une rythmique qui emporte tout. On finit totalement retourné.
Le final est magnifique. Bertrand, à la batterie,
prévient : il reste deux morceaux à jouer… mais ils sont bien ! Franchement,
tout était parfait, mais il est vrai que Smile Paste et Tonton
Alain Michel en conclusion, ça fonctionne carrément.
Vite, revoir Totorro !
Jérôme





