mercredi 8 juillet 2026

BEAUREGARD #18

Je me revois encore passer les grilles menant aux jardins du château de Beauregard avec mon frère, il y a dix-sept ans, pour la première édition du festival normand. Alain Bashung devait en être le parrain, mais il nous avait malheureusement quittés trois mois plus tôt. Sur la plus grande des deux scènes, devant le château, Arthur H lui avait rendu un magnifique hommage en reprenant La Nuit je mens devant des spectateurs éblouis à la fois par le soleil et par la prestation. Je m'en souviens comme si c'était hier. Il y avait du beau monde sur l'affiche pour une première édition : Mogwai, Gossip, Pete Doherty, Tahiti 80, Karkwa, Charlie Winston... Nous avions passé un excellent week-end, le festival ne durait alors que deux jours, en nous promettant de revenir chaque année. 

Promesse tenue, nous sommes toujours là dix-sept ans plus tard. Le festival a beaucoup changé, grandi, grossi même, au point de devenir un rendez-vous incontournable de la région, complet plusieurs mois à l'avance. La programmation s'est élargie, est devenue plus généraliste, mais Beauregard parvient encore à glisser sur son affiche quelques groupes qui flashent immédiatement sur mon radar. Ajoutez à cela une organisation aux petits oignons, un site toujours aussi agréable et une équipe de bénévoles d'une gentillesse exemplaire, et vous comprendrez pourquoi, dix-sept ans plus tard, avec quelques courbatures en plus, je suis toujours au rendez-vous.

Alors, ce cru 2026, il vaut quoi ? Retour forcément sélectif sur cette 18e édition de Beauregard.

Le festival se déroulant désormais sur cinq jours, j'ai volontairement passé mon tour pour le « before » du mercredi qui réunissait Bob Sinclar, Macklemore et Aya Nakamura. C'est donc sous un grand soleil que j'arrive jeudi pour les quatre journées restantes, toutes complètes elles aussi.

JEUDI

The Lanskies étaient déjà de la partie en 2009. Originaires de Saint-Lô, les Normands jouent clairement à domicile. Après près de dix ans de pause, ils reviennent avec un quatrième album, War Machine, et c'est tout naturellement que nous les retrouvons à Beauregard. Avec un drapeau normand en guise de cape, Lewis Evans évolue comme un poisson dans l'eau devant une fan base acquise à sa cause. Personnellement, je reste assez peu convaincu par les nouvelles compositions et, hormis l'inévitable Bank Holiday que tout le monde attend, The Lanskies traversent l'après-midi un peu trop tranquillement à mon goût.


Place ensuite à Dynamite Shakers, que je retrouve après deux superbes prestations au God Save The Kouign de Penmarc'h en 2023 et 2024. Depuis, les jeunes Vendéens ont changé de dimension, enchaînant les festivals jusqu'à ouvrir à la Paris La Défense Arena pour Sum 41 et The Offspring, tout en défendant leur très bon premier album Don't Be Boring. Mais depuis quelques mois, le groupe chante en français sur les morceaux de son nouvel EP Cinema. Un choix risqué tant je trouvais que leur musique sonnait parfaitement en anglais.

Mes craintes se confirment assez vite. Le groupe reste solide, mais le choix de confier davantage le chant à Lila-Rose me laisse perplexe. À mes yeux, elle n'a pas encore l'assurance nécessaire pour porter les morceaux en lead. C'est évidemment très personnel, mais Dynamite Shakers prend parfois des airs de BB Brunes, et la reprise assez quelconque de C'est comme ça des Les Rita Mitsouko ne me fera pas changer d'avis. Dès qu'Elouan reprend le micro, tout retrouve de la vigueur avec Blow My Mind, What's Going On ou la reprise de Hot Stumps des Controllers. Globalement, le public semble beaucoup plus convaincu que moi. Je trouve les Dynamite Shakers aujourd'hui le cul entre deux chaises. Attention, c'est casse-gueule.

Comme toujours, je passe mon tour pour le rap autotuné. D'autres en parleront bien mieux que moi.

Retour de Girls in Hawaii à Beauregard, huit ans après. Nous étions déjà en pleine Coupe du monde de football et les Belges avaient déjà plaisanté sur le sujet. Cette fois, c'est Rudi Garcia, nouveau sélectionneur des Diables Rouges, qui prend une balle perdue pendant les salutations du groupe. J'ai beaucoup apprécié ce concert mêlant anciens morceaux et nouvelles compositions. La pop indépendante de Girls in Hawaii, qui me rappelle autant Grandaddy que R.E.M., fait toujours mouche et donne très envie de découvrir El Dorado, leur prochain album attendu en septembre.

Il est temps de se désaltérer et de grignoter quelques douceurs qui me font de l'œil. Mon choix se porte sur le stand Vive la Normandie – La Crèmerie des Baratineurs, qui a eu l'excellente idée de proposer des cornets de fromages et de saucissons. C'était parfait.

Vient ensuite le moment que beaucoup attendaient : le concert d'Orelsan. Comme il y a quatre ans, je me place un peu en retrait tant la foule est impressionnante. Grosse déception malgré une scénographie spectaculaire et de nombreux changements de décors et de costumes. La set-list manque d'équilibre, alternant les titres de La Fuite En Avant, qui peinent à convaincre, et les anciens morceaux que tout le monde attend. On aura même droit à un medley ! Arrivé en terrain conquis, Orelsan livre un spectacle calibré façon Bercy, en laissant de côté cette simplicité qui lui allait si bien.

Avec la foule massée devant la grande scène, il était finalement assez facile de bien se placer pour Pulp. À portée de raisin, pourrait-on dire, puisque Jarvis Cocker en sort quelques-uns de sa poche pour les lancer au public dès son entrée en scène. À neuf sur scène, Pulp n'est pas venu faire de la figuration. Ce qui frappe d'abord, c'est le contraste entre le côté très « monsieur et madame Tout-le-Monde » de Mark Webber, Candida Doyle, Nick Banks et leurs compagnons, et l'élégance fantasque de Jarvis Cocker. Mais qu'on ne s'y trompe pas : le concert est magistral du début à la fin.



Présence scénique, jeux de lumières, scénographie magnifique et set-list imparable : Disco 2000, This Is Hardcore, Sunrise, Spike Island, Begging For Change, Do You Remember The First Time?, Babies et bien sûr Common People, repris en chœur par tout Beauregard. 

La grande classe. Pulp efface d'un seul coup les déceptions de la journée et, en quittant le festival après ce moment exceptionnel, j'ai déjà le sentiment d'avoir assisté au plus beau concert de cette édition.


VENDREDI

Je le sais, la température va monter tout au long du week-end. D'ailleurs, il fait déjà très chaud lorsque j'arrive sur le site, retardé par les bouchons sur le périphérique de Caen qui m'ont fait manquer Louise Charbonnel.

C'est Slift qui est à l'œuvre en plein cagnard. Les Toulousains ont l'habitude, j'imagine, mais quand même… ça ruisselle, et ce n'est certainement pas leur rock stoner psychédélique qui va nous offrir le moindre répit. Quelle énergie et quel déferlement de décibels, avec un tout nouvel album, Fantasia, presque joué dans son intégralité. Si je suis un peu moins convaincu par certains nouveaux morceaux, où le chant se fait plus crié, la prestation dans son ensemble est très solide. Content d'avoir vu Slift !


 

Changement de scène et de style avec Bertrand Belin. Costume violet de rigueur sur cette tournée et entouré de six excellents musiciens, le Breton régale en piochant dans Watt, Tambour Vision et Persona pour en extraire le meilleur. Mention spéciale à Sur mon 31, La Béatitude et De corps et d'esprit. Magnifique ! Bertrand Belin est visiblement heureux d'être là. Il occupe toute l'avancée de scène, ne perd pas une occasion de sourire ou d'envoyer quelques baisers au public qui le lui rend bien. Un très beau concert.


 

On reste dans la très bonne chanson française avec Feu! Chatterton, qui revient lui aussi fouler la scène de Beauregard, désormais avec un véritable statut de poids lourd. Toujours aussi généreux, talentueux et souriants, Arthur Teboul et ses compagnons offrent une nouvelle fois un concert irréprochable au public normand. Des incontournables comme Allons Voir, Un Monde Nouveau ou La Malinche, mais aussi quelques instants suspendus, à l'image de Mille Vagues, interprété tous regroupés au bout de l'avancée de scène dans un silence presque religieux. Bravo, encore une fois.



Toujours du made in France avec Gaëtan Roussel devant une foule immense sur la scène John. Le leader de Louise Attaque partage son set entre son répertoire solo et celui de Louise Attaque. Et, honnêtement, c'est surtout pour ces dernières que le public est venu. Ça danse, ça chante…c'est la grosse ambiance. Je reste faire mon curieux, tout en demeurant assez imperméable à cet enthousiasme. Les goûts et les couleurs…

 

Un peu plus loin je croise la création annuelle de la Brigade Javotte, très Il était une fois en Amérique !

Retour devant la grande scène où l'on aperçoit des ninjas s'affairer à installer câbles et instruments. Les connaisseurs savent ! Ce sont les roadies qui préparent le terrain pour The Hivesde retour à Beauregard pour la troisième fois, et c'est une excellente nouvelle. Jusqu'ici, jamais les Suédois ne m'ont déçu.  Les lumières s'éteignent et le groupe entre en scène dans ses célèbres costumes lumineux puisque le concert est de nuit, devant un décor minimaliste où seuls d'immenses ballons blancs frappés du nom du groupe dominent la scène.

Une fois encore, The Hives et leur incroyable frontman Pelle Almqvist livrent un show aussi déjanté que jubilatoire. De Enough Is Enough, qui lance les hostilités, jusqu'à The Hives Forever Forever The Hives, l'intensité ne retombera jamais. Toujours champion du monde de l'autocongratulation et animateur hors pair, Pelle Almqvist fait toujours l'effort de s'adresser au public en français. On a bien compris que cela lui permet aussi de reprendre son souffle, mais on ne se lasse toujours pas de ses interventions : « Mesdames et messieurs ! Mes amis français ! Allumez tous vos téléphones cellulaires ! »

 

Impossible de ne pas sourire. Il terminera même Tick Tick Boom au milieu du public, ce qu'il ne fait plus si souvent. Une façon de conclure un concert à l'image de The Hives : généreux, spectaculaire et furieusement efficace.

The Hives Forever Forever The Hives !


SAMEDI

C’est avec le bluesman du Mississippi Christone 'Kingfish' Ingram que je commence cette nouvelle journée à Beauregard. Je ne connaissais pas du tout l’artiste avant ce concert et la surprise fut belle ! J’ai adoré son blues teinté de funk et le groove insufflé par ses musiciens. Pas étonnant que Christone Ingram rafle depuis plusieurs années les Blues Music Awards et les Grammy Awards. Entre battle guitare-synthé, descente dans le public et solos majestueux, Kingfish et son groupe ont régalé tout le monde. Voilà un artiste que je reverrai avec grand plaisir en salle, ou pourquoi pas tout près de la maison, à Penmarc’h, à Cap Caval ou au God Save The Kouign, où il serait comme un poisson dans l’eau. Belle claque !

 

Je traverse ensuite le site pour me placer devant Shame. Je m’en doutais un peu : le concert démarre pied au plancher. Charlie Steen déboule torse nu et, à la basse, Josh Finerty est intenable, parcourant la scène de long en large jusqu’à enchaîner quelques roulades ! Quatre albums en huit années d’existence, Shame ne perd pas de temps et, sur scène, le show est à la hauteur de sa réputation. Rock frontal, attitude de gentils branleurs parfaitement assumée… au final un vrai style et un concert particulièrement réussi. Est-ce vraiment une surprise ? Shame sera d’ailleurs de passage au Festival de la Mer de Landunvez les 24 et 25 juillet prochains.

Elle ne serait pas un peu fée... ou sorcière, la belle Agnès Obel ? Troisième passage à Beauregard, troisième concert en plein soleil devant le château. Et, comme les deux premières fois, la Danoise offre au public une parenthèse suspendue, délicate et lumineuse, en parcourant ses quatre albums tout en glissant au passage quelques nouveaux morceaux.

 

Je croise ensuite Loïc et son frère qui distribuent à qui le veut des autocollants bien flashy : « Il est où Michel ? » L’an dernier, c’étaient déjà eux qui avaient inondé le festival de stickers Born To Beyoncé et Mycose The Night. Rencontre très sympa avec ces deux malins qui font le buzz tout au long du week-end. La veille, ils avaient même réussi à attirer l’attention de Pelle Almqvist, le chanteur des Hives, qui avait repéré leur autocollant spécial Hives avant de le coller fièrement sur son costume de scène. Bravo les gars !

 

C’est ensuite au tour de Royel Otis d’investir la scène John. Originaires d’Australie, Royel Maddell et Otis Pavlovic — d’où le nom du groupe — jouent une pop-rock qui me rappelle Foster the People, calibrée pour les jeunes... et pour TikTok. Un groupe résolument dans l’air du temps, même si, paradoxalement, ce sont surtout ses reprises qui déclenchent le plus d’enthousiasme : Murder on the Dancefloor de Sophie Ellis-Bextor et surtout Linger des The Cranberries, interprétée en duo avec Charlotte Cardin, qui se produisait sur cette même scène une heure plus tard. Le public a adoré.


Entre le stand café Arbuste et le stand de fête foraine j'ai longtemps hésité mais les aromes de café et de petits gâteaux ont fait pencher la balance vers le premier. C'était très bon !

Place ensuite aux Dropkick Murphys et à leur punk rock celtique made in Boston, toujours aussi entraînant. Un concert porté de bout en bout par l’infatigable Ken Casey, depuis le départ d’Al Barr. Quelle fête ! Ambiance de pub irlandais garantie, hymnes de stade, refrains fédérateurs... tout y est.

En ce jour anniversaire des 250 ans de l’indépendance américaine, les Dropkick Murphys n’ont pas tourné autour du pot concernant la situation de leur pays. Hommage émouvant aux soldats américains tombés sur les plages normandes avec The Green Fields of France, puis charge sans détour contre Donald Trump et sa politique avec First Class Loser et Citizen I.C.E.. Je retiens aussi le bel hommage rendu à Shane MacGowan, dont le portrait illuminait le fond de scène pendant The Body of an American des The Pogues, ainsi que l’incontournable Rose Tattoo, dont le refrain me trotte encore dans la tête plusieurs jours après.

Au beau milieu de la fosse, j’étais placé à côté du seul type, ou presque, qui arrivait à capter le huitième de finale France–Paraguay sur son téléphone. Quelques coups d’œil discrets entre deux morceaux… jusqu’à l’ouverture du score, qui est venue ajouter une dose de bonheur à un moment déjà particulièrement réjouissant.

Je traverse la foule pour essayer de trouver une place correcte devant Franz Ferdinand. Déjà vingt-cinq ans de carrière pour les Écossais, dont seuls Alex Kapranos et Bob Hardy sont encore présents depuis les débuts. Une flopée de tubes, une énergie intacte et de nouveaux morceaux qui prennent une belle dimension en live, au milieu des classiques souvent réarrangés. Franz Ferdinand traverse les années avec une facilité déconcertante, sans rien perdre de son charisme ni de sa générosité. Comme si c’était si simple…Mention spéciale à Evil Eye, 40', Michael, Hooked et Outsiders.



 

DIMANCHE

Voilà l’un des concerts que j’attendais le plus ce week-end. J’avais vu Kevin Morby une seule fois auparavant et il m’avait laissé une magnifique impression. Avec un excellent nouvel album en poche, le voici sur la scène Beauregard, entouré de ses musiciens, devant un décor de tournesols qui prolonge à merveille la pochette de Little Wide Open trônant en fond de scène. Les cinq premiers morceaux sont tous issus de ce dernier opus, avant que le groupe ne pioche dans les précédents albums pour en extraire quelques véritables bijoux. J’espérais entendre Five Easy Pieces, ma préférée… vœu exaucé ! Puis viendront This Is A Photograph, Campfire, City Music, pour ne citer qu’eux. C’était vraiment excellent. Kevin Morby, remarquablement entouré, évoque avec beaucoup de classe son Midwest, son pays, les tornades, la vie sur la route et le retour à la maison. Son passage à Beauregard restera, à mes yeux, l’un des plus beaux moments du week-end.




C’est ensuite l’heure du bilan avec Claire Lesaulnier et Paul Langeois, les deux directeurs du festival. Le constat est très positif puisque 160 000 festivaliers ont foulé Beauregard au cours de ces cinq journées complètes. Paul Langeois se félicite d’une programmation volontairement large afin de satisfaire tous les publics, tout en conservant une vraie volonté de proposer des artistes différents. Il cite notamment Agnès Obel, Biga*Ranx l’an dernier ou encore Dropkick Murphys, qui, selon lui, ont largement séduit le public alors qu’ils ne correspondaient pas forcément à l’ADN historique du festival.

Les sujets plus sensibles sont également abordés, notamment celui des agressions sexuelles en festival. Une plainte ayant été déposée lors du before du mercredi, Claire Lesaulnier détaille les dispositifs mis en place pour prévenir ces situations et intervenir rapidement en cas de problème. Comme dans la plupart des festivals aujourd’hui, des Safe Teams, facilement identifiables, patrouillaient en permanence sur le site. Le sujet est, à juste titre, pris très au sérieux.

Les échanges tournent ensuite autour des conditions météorologiques qui ont entraîné l’annulation de plusieurs festivals cet été. Paul Langeois se montre visiblement agacé par cette situation et dénonce un deux poids, deux mesures, si l’on compare les festivals à de grands parcs d’attractions comme Le Puy du Fou ou Disneyland Paris. Selon lui, les festivals sont encore trop souvent considérés comme des lieux d’irresponsabilité ou de simple fête, et les décisions d’annulation restent entre les mains des préfets, sans véritables lignes directrices ni justifications autres que la saturation des hôpitaux. Un problème éminemment politique qui retombe trop facilement sur les organisateurs. Doit-on interdire les festivals en Espagne ou dans le sud de la France lorsqu’il fait très chaud ?

Les conditions d’accréditation et les rencontres avec les artistes sont également évoquées. Beaucoup regrettent des procédures devenues bien trop lourdes et un manque croissant de liberté de manœuvre. Cette surprotection dépend souvent davantage de l’entourage des artistes que des artistes eux-mêmes, déplore Paul Langeois. Peu de solutions émergent pour le moment, mais le malaise est palpable chez les photographes et les journalistes. Je ne peux qu’être d’accord avec eux. Il y a longtemps que je ne vois presque plus de conférences de presse d’artistes ici. Le village presse était autrefois un lieu où l’on croisait facilement les musiciens, toujours disponibles pour quelques échanges simples et chaleureux. Ce n’est malheureusement plus vraiment le cas aujourd’hui.

Quoi qu’il en soit, cap sur l’année prochaine ! Le before est déjà annoncé et la prochaine édition se déroulera les 30 juin, 1er, 2, 3 et 4 juillet 2027. Qu’on se le dise !

Elle a pris du temps, cette conférence, mais elle était très intéressante. Je rejoins le site pendant le concert de Vanessa Paradis, justement citée quelques minutes plus tôt sous la tente presse. Je ne cherche donc pas à me frayer un chemin jusqu’au premier rang et j’écoute tranquillement le best of de la chanteuse depuis l’arrière. Je vais même faire un petit tour vers l'autre partie du terrain vers la scène John où sous la tente du Studio, les DJ s'en donnent à cœur joie pour ambiancer celles et ceux qui se détournent des concerts en cours.

L’heure est ensuite venue de manger. Sur les conseils d’Alex, croisé un peu plus tôt, je jette mon dévolu sur le stand Moon & Sons, qui propose une cuisine végane carrément bluffante. J’opte pour le sandwich Zorba, parce qu’il fallait bien choisir… et c’était dé-li-cieux ! Dans mon empressement à croquer dedans, j’en ai complètement oublié de le prendre en photo. J’ai donc récupéré deux clichés sur leur compte Instagram (photos @danslalentilledemlledeuf)

 

Incroyable set des Pixies pour conclure mon Beauregard. Black Francis, Joey Santiago, David Lovering et Emma Richardson ont livré un concert mémorable pour célébrer dignement les quarante ans du groupe. Aucune chanson postérieure à 1991 parmi les vingt-deux morceaux enchaînés, comme à leur habitude, sans le moindre temps mort. Rien que des classiques, avec pas moins de huit titres issus de Doolittle. Excusez du peu ! Gouge Away, Wave of Mutilation, Isla de Encanta, Vamos, Hey, In Heaven, Caribou, Cactus, Tame, Velouria… la liste est longue, mais quel pied !


Le public est bien présent, mais il interagit autant que le groupe, c'est à dire assez peu. On sent que beaucoup n’attendent qu’une seule chose : Where Is My Mind?. C’est assez étrange, et certains semblent frustrés par l’absence d’échanges. Pourtant, l’ovation finale est immense. Les fans le savent : il ne faut pas attendre autre chose des Pixies. Ils ne communiquent pas avec de grands discours mais à coups de guitares saturées, de mélodies tordues et de cris. Moi, j’ai adoré ce concert, sans doute le meilleur des six que j’ai eu la chance de voir. Croyez-moi, le sourire de Black Francis et les longues salutations adressées au public à la fin du concert valent tous les discours. Prenez-le comme un cadeau !

Beauregard s’achève une nouvelle fois pour moi. J’y ai encore passé un excellent moment et je tiens à saluer la qualité de l’accueil ainsi que la gentillesse des bénévoles et des professionnels croisés tout au long du week-end. Bravo à toutes et à tous.

Comme chaque année, voici mon Top 5 de Beauregard #18 :

  1. Pulp
  2. Pixies
  3. The Hives
  4. Kevin Morby
  5. Franz Ferdinand

Coup de cœur : Christone "Kingfish" Ingram

Jérôme


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