jeudi 25 juin 2026

Lloyd Cole @ Le Family, 24 juin 2026 - Landerneau

Arrivé à Landerneau un peu avant le concert, je suis allé à La Grange aux Loups boire un punch généreusement offert sur présentation du ticket acheté 100 francs à la Sonothèque de Brest. Je plaisante bien sûr, ça c’était il y a trente ans, lors de la première venue de Lloyd Cole au Family. Cette fois, je me suis désaltéré rapidement au Café du Port, en terrasse, par 35°C à l’ombre, avant de rejoindre la file d’attente déjà très longue qui longeait l’Elorn. Je mesure une nouvelle fois l’empreinte tenace que Lloyd Cole a laissée, particulièrement en France, pendant les années Commotions mais aussi par la suite. S'il est un peu moins dans la lumière aujourd’hui, il reste l’un des auteurs-compositeurs les plus doués de sa génération et le public répond toujours présent. 

Le concert est complet malgré des conditions météo qui n’incitaient pas vraiment à s’entasser dans une salle non climatisée. Il y a bien quelques ventilateurs aux quatre coins de la salle et sur scène, mais il fait tout de même très chaud au Family, comme partout d’ailleurs. J’étais loin d’imaginer que je ruissellerais de sueur, assis, à un concert de Lloyd Cole. Comme il y a huit ans au Mac Orlan, pas de première partie. L’Anglais la joue solo et assure deux sets d’environ cinquante minutes. Deux guitares électriques, un pupitre, un micro, quelques ventilateurs et plusieurs bouteilles d’eau : à 20h30, Lloyd Cole entre en scène tout de blanc vêtu et le concert commence.

Le premier set, comme le second d’ailleurs, propose une traversée de la riche discographie de Lloyd Cole, que ce soit avec The Commotions, The Negatives ou en solo. L’entrée en matière est douce avec 29 et le premier « tube » arrive dès le troisième morceau avec Rattlesnakes, puis un peu plus tard Brand New Friend et Perfect Skin. Mais plus encore que les titres les plus connus du Britannique, ce sont les autres compositions qui prennent une belle dimension dans cette formule dépouillée. Mention spéciale à Night Sweats, Baby et Butterfly, toutes issues de périodes moins exposées de sa carrière.



Entre les morceaux, Lloyd Cole prend soin de remercier le public et lui adresse quelques mots toujours teintés de cet humour britannique ravageur, mélange d’autodérision et de sens de la formule :

— Je parle un peu français, mais comme un petit garçon, et je pense que vous ne voulez pas entendre un enfant sur scène ce soir. Je ne parle pas breton malheureusement, mais je suis un quart gallois, donc pas totalement mauvais !

— (après un départ raté) Si vous assistez à un concert parfait de moi du début à la fin, c’est que c’est un tribute band.

— (après Undressed) Cette chanson parle de nudité et, au cas où vous mettriez des images sur les paroles, il s’agit de moi nu... mais en 1991 !

— Comme vous le constatez, j’assure la première partie du concert. Il y aura une pause de quelques minutes et je reviendrai seul, mais cette fois en artiste principal... (devant le peu de réaction du public) Bon, cette blague ne fonctionne pas du tout en France !

Delicious !

Et comme annoncé, après la splendide 2CV, un entracte d’une vingtaine de minutes est observé.

Le deuxième set débute fort avec Are You Ready To Be Heartbroken ?, immédiatement saluée par le public. J’ai adoré cette chanson et je l’aime toujours autant. Elle me rappelle cette époque où Lloyd Cole and The Commotions, The Silencers, The House Of Love ou Love And Money occupaient l’espace laissé vacant par les Smiths. Ils passeront ensuite le relais à la britpop des années 90, à Blur, Pulp, Suede et aux autres. Cette seconde partie est magnifique avec notamment The Afterlife, Charlotte Street, No Blue Skies et la sublime Jennifer She Said, reprise en chœur par le public. J’ai alors une pensée particulière pour ma grande amie Jenny qui, à l’autre bout de la France, traverse une période très compliquée avec un courage admirable. You are amazing, my dear friend. 😘


Le concert se poursuit, impeccablement chanté et joué avec notamment My Other Life, The Idiot puis Hey Rusty, particulièrement réussis. Toujours aussi pince-sans-rire, Lloyd Cole s'adresse au public et fait mouche une fois de plus :

The Afterlife est une chanson de mon album Guestbook. C’est un album fantastique !

— Vous avez une très jolie ville, mais cet après-midi je suis resté à l’hôtel dans ma chambre. J’essayais simplement de rester vivant !

— Dans quelques minutes, nous allons tous pouvoir rentrer chez nous et mettre des vêtements secs !

Après le bien nommé I’m Gone, Lloyd Cole quitte la scène quelques instants avant de revenir pour un rappel chaleureusement réclamé par le public du Family. Ce sera d’abord Lost Weekend, puis l’incontournable Forest Fire, que je trouve toujours aussi belle qu’il y a quarante ans. C’est sans doute à cela que l’on reconnaît les grandes chansons. On peut les réécouter encore et encore, laisser le temps filer et toujours l'apprécier autant. Et puis cette formule guitare-voix a l’avantage de mettre en valeur la qualité des mélodies et des textes. Une style de live qui convient bien à Lloyd Cole depuis quelques années.

Après deux heures de concert et trente morceaux interprétés, le Britannique quitte simplement la scène du Family sous une standing ovation. Loin de l’image parfois un peu bougonne qu’il renvoyait autrefois, souriant, appliqué et mesuré, Lloyd Cole a régalé le public du début à la fin sans jamais chercher à se mettre en avant ni à jouer la star. Un comble quand on est seul en scène.

Jérôme

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire