dimanche 22 mars 2026

ANGE @ Le Novomax, 20 mars 2026 - Quimper

Ange était de passage à Quimper vendredi soir pour la première de ses trois escales bretonnes. Je vais être très clair afin de ne pas faire offense à tous les fans, récents ou de longue date : je connais peu leur musique. Mais l’occasion était belle de me faire un avis sur cette formation légendaire dont la carrière s’étale sur plus de 56 ans, avec diverses périodes et de nombreux musiciens. Le Novomax affiche complet. Il y a du beau monde dans la salle : j’aperçois Gwennyn, Marc Morvan, Alan Simon, entre autres. Je croise une amie fan d’Ange qui, du haut de ses trente-cinq ans, doit faire partie des plus jeunes ici. D’ailleurs, la plupart des tabourets du bar ont été réquisitionnés par des personnes ne pouvant rester debout trop longtemps. Un public multigénérationnel, une fidélité qui traverse les époques sans faiblir !

Un an après le retrait de la scène de Christian Décamps, membre fondateur, c’est donc Tristan Décamps, son fils, qui assure le chant. Lui ainsi que les autres musiciens officient déjà depuis plus de vingt ans. Seul Séraphin Palmeri, aux claviers, est le « petit nouveau » de la troupe. Sur Je travaille sans filet, qui ouvre le set, ce dernier nous gratifie d’un excellent jeu de thérémine, ce curieux instrument à ondes que l’on joue sans contact et qui diffuse un son hanté si particulier. Après Adrénaline, qui tonifie l’ambiance, ce sont cinq nouveaux morceaux issus du dernier album Cunégonde (2025) qui sont joués. Ma préférence va à Quitter la meute, Pace nobilis et Le langage des fluides sur laquelle on entend la voix enregistrée de Christian Décamps. La rythmique est excellente et la maîtrise totale. Des références à Genesis (premiers albums), Pink Floyd (notamment à Run Like Hell) ou encore à certains titres de Marillion me viennent à l’esprit.


Arrivé à mi-chemin, Tristan Décamps annonce une plongée dans la grande discographie d’Ange, en commençant par un retour au Moyen Âge avec les excellents Camelote et Godevin le vilain. La salle se délecte d’entendre les classiques. Moi aussi, même si l’une des rares chansons que je connaissais bien, Sur la trace des fées, présente sur l’album Émile Jacotey, ne sera pas jouée. Difficile d’ailleurs de ne pas penser à la pochette de cet album avec ce grand gaillard au béret posté un peu plus loin devant moi...un fan, un fantôme ?

Ange, c’est aussi de la mise en scène, des chansons pas juste interprétées, mais habitées. L’un des moments forts de la soirée est Colin-Maillard, où Tristan chante les premiers couplets les yeux bandés. Le set se termine avec le génial Quasimodo, débuté par un solo de batterie et conclu par une démonstration de guitare de Hassan Hajdi, impressionnant de bout en bout.


La salle est totalement conquise et réclame un rappel qui ne se fait pas attendre. Ange revient pour un dernier tour de chant : Dignité, Le soir du diable, où Tristan se mue en marionnettiste, puis rend un hommage émouvant à Denis Verdin, président de l’association Un pied dans la marge, le fan club d’Ange. L’émotion est palpable à la fin de ce très beau poème lu en son honneur.

 

Le concert s’achève en apothéose sur Hymne à la vie, devant un public en totale harmonie, qui ovationne longuement les musiciens. Soirée triomphale.

Pour ma part, je comprends mieux pourquoi cette formation si particulière, unique en son genre, a marqué aussi durablement le paysage du rock français et possède encore, après toutes ces années, autant de fans. Ange est à part. Et son univers résonne particulièrement bien avec la culture bretonne. Je ressors de ce concert totalement réjoui. Et convaincu.

Jérôme