lundi 6 avril 2026

Komodor + Moundrag @ Le Novomax, 4 avril 2026 - Quimper

Le monstre Komodrag & The Mounodor étant en sommeil depuis quelques semaines (quoique…), c’est le moment pour Komodor et Moundrag de reprendre leur trajectoire avec un objectif clair : défendre leurs seconds albums, Deux et Time & Space. La programmation des deux groupes au Novomax n’avait échappé à personne et la salle quimpéroise était pleine à craquer pour l’occasion. « Le concert de la saison qui s’est rempli le plus vite », glisse Ludovic Le Ven, l’un des deux programmateurs des lieux, que j’ai croisé en début de soirée. Gweza est là aussi, prêt à sortir les plus beaux clichés du concert, comme toujours. À peine le temps de goûter la bière « cuvée castagne », élaborée en collaboration avec la Brasserie Plijadur à l’occasion de la sortie du nouvel album de Komodor, que le concert de Moundrag débute. Komodor, Moundrag, Komodrag, Mounodor : le chassé-croisé peut commencer !


En dix ans, les frères Camille et Colin Goellaën Duvivier ont pris de l’envergure, c’est peu de le dire. Des passages remarqués aux Trans Musicales, deux pleines pages dans Rock & Folk, une première partie de Deep Purple, des tournées brûlantes en Espagne et au Portugal et, bien sûr, un statut de véritables pyromanes de festivals au sein de Komodrag & The Mounodor, du Hellfest au God Save The Kouign, des Vieilles Charrues au Carnavalo… Bref, ces deux infatigables surdoués du clavier et des fûts sont devenus incontournables. Sur scène, ça se confirme immédiatement, toujours dans un style unique rappelant les illustres Emerson, Lake & Palmer, Deep Purple ou encore The Who sur certaines intros. Seuls les Néerlandais de Birth of Joy (que Moundrag cite souvent comme référence) font figure d’équivalent ces dernières années.



Le concert débute avec My Woman, l’un des plus anciens morceaux du groupe, avant de faire la part belle à Deux, le dernier album sorti en octobre dernier. Camille, à l’orgue Hammond, sort des sonorités incroyables et semble avoir encore gagné en puissance, tandis que Colin, tout aussi impressionnant derrière sa batterie, enchaîne solos et séquences complètement folles. Ce dernier assure le show sur scène et au milieu du public, déjà renversé. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé Changes, The Caveman et Morning Epitaph, mais honnêtement, du coup de gong ouvrant les hostilités jusqu’au snippet de War Pigs de Black Sabbath sur The Hangman qui clôture le set, le plaisir est total ! Pas de temps mort, pas de baisse de régime : Moundrag frappe fort. Avec Deux, le duo revient mieux armé, plus solide, et bien décidé à le faire savoir.


Gros changement de plateau : on fait de la place pour Komodor qui déboule à cinq sur la scène du Novomax. Comme Moundrag, Komodor vient défendre un deuxième album intitulé Time & Space, sorti en janvier dernier, que j'avais hâte de découvrir en live. Eux aussi ont eu droit à une belle chronique dans Rock & Folk et ont écumé ces dernières années les scènes de France et d’Espagne, se forgeant au passage une réputation méritée de bêtes de scène. Avec ce nouvel album, Komodor élargit son spectre : des touches glam et psyché viennent enrichir un ADN toujours bien ancré dans le heavy, celui que l’on retrouve chez Golden Earring ou Slade (dont ils reprennent magnifiquement Know Who You Are pendant le set). C’est parti : Slyde (guitare et chant), Goudzou (basse et chant), Ronnie (guitare), Elrik (batterie) et Melin (guitare) débutent le set avec une salve de nouveaux morceaux issus de Time & Space, leur dernier LP, qui sera intégralement joué ce soir. Je retiens le furieux Soul Ticker, Ladies et surtout Top Of the Bock et Burning Land, moins frontaux et beaux exemples des nouveaux terrains explorés par Komodor. Surprenant et convaincant.


Le groupe apparaît concentré, solide, toujours aussi efficace. Mention particulière à Goudzou qui, malgré un souci de santé l’obligeant à rester assis, ne lâche rien — présence intacte, basse en tension, engagement total. Le set se poursuit avec un détour par le premier album Nasty Habits avec Believe It et Moondrag puis Goudzou prévient qu'ils vont enchaîner tous les titres sans faire de rappel : « De toute façon je ne peux pas sortir et revenir… ». Komodor termine avec Madness et Ravish Holy Land avant d’inviter Camille et Colin à les rejoindre sur scène. On ne va pas se mentir… tout le monde l’espérait, la bête Komodrag & The Mounodor est réveillée ! Le final prend alors des airs de bœuf géant entre potes, entre maîtrise et lâcher-prise : We’re An Armorican BandMarie-France, Elrik — qui a laissé ses fûts à Colin — en profite pour s’offrir un slam tandis que Slyde fait monter quatre jeunes du groupe Kids Rock de Douarnenez pour un final grandiose sur Born To Be Wild et Ramblin’ Rose à 11 sur scène !

Le concert s’achève sous les ovations d’un public totalement conquis. Le Novomax est retourné par ces deux groupes en pleine forme, complémentaires et à revoir sans hésiter sur la route — notamment au festival de Poupet le 16 juillet pour Komodor et au God Save The Kouign à Penmarc’h le dimanche 14 juin.

Jérôme