vendredi 11 novembre 2016

CHRISTOPHE @ La Carène 10 novembre 2016 - Brest

Christophe est définitivement quelqu'un pour qui j'ai beaucoup d'admiration. Pas seulement parce que j'ai beaucoup entendu ses chansons étant petit (ma mère s"appelle Aline...vous voyez le topo), non !  Je trouve ce chanteur à part. Je le considère comme le grand frère de Bashung, audacieux, innovant et sans compromission. Tout au long de sa carrière, il a su tirer le meilleur de ses diverses influences (Elvis, Lou Reed, Alan Vega, Jean-Michel Jarre) s'éloignant radicalement du chemin de la variété facile au détriment parfois de sa popularité. D'ailleurs l'auditoire de ses débuts n'est pas forcément le même aujourd'hui. A 71 ans, contrairement à beaucoup de ses collègues apparaissant sur la photos de classe du siècle "Salut Les Copains", Christophe intéresse beaucoup la nouvelle scène française et le public qui va avec. Son 16ème album studio "Les Vestiges Du Chaos", sorti cette année, est un vrai bijou alliant sensibilité et modernité, marquant au passage une nouvelle collaboration entre le chanteur et Jean-Michel Jarre, plus de 40 ans après Les Mots Bleus. Joli coup donc pour la Carène qui inscrit là un grand nom à son palmarès.


Christophe précède ses six musiciens à l'entrée en scène, et se place face au public. Rapidement il précise au public le programme de la soirée. "Je vais jouer le dernier album intégralement puis je reprendrai plusieurs titres anciens et je terminerai par Aline. Vous me connaissez : Je suis cash. Lorsque nous chanterons tous Aline à la fin du concert, il n'y aura pas de rappel, je ne reviendrai plus, tout le monde pourra rentrer chez lui et ce sera très bien comme ça".


La prestation live des Vestiges Du Chaos est excellente. La voix de Christophe est juste, les musiciens qui l'entourent sont très très bons (c'est peu de le dire) et l'éclairage renvoie une ambiance assez Cold Wave dans les tons blanc/bleu parfaitement en accord avec l’œuvre. L'ensemble est sublime: Tangerine est interprété en duo fantôme avec le regretté Alan Vega (projeté en image via un jukebox amené sur scène), Lou est agrémenté d'un passage harmonica qui élève la fin du morceau,  Drone et Stella Botox sont superbement orchestrés tout comme Océan d'Amour et le vibrant Ange Sale (injustement absent de la version vinyle de l'album). Gros coup de cœur de la soirée pour le titre Les Vestiges Du Chaos. Rythmique Electro, synthé grave, et saxo baryton...tel le Blackstar de Bowie, c'est du grand art. La première partie du concert s'achève au bout d'une heure avec E Justo et une transition instrumentale des Mots Bleus.



Christophe revient seul au piano pour débuter le second set du live avec notamment Les Marionnettes. Les fans de la première heure donnent tout à coup de la voix et accompagnent le chanteur dans ses couplets et ses refrains. Au fil du temps il fera revenir ses musiciens tour à tour pour interpréter en version intimiste ses plus grands succès. La Dolce Vita, Les Paradis Perdus, Succès Fou, Señorita (façon Alan Vega et en Beatbox !), Christophe est très détendu et prend plaisir à bavarder et plaisanter avec le public. "J'adore parler, on peut discuter et boire un coup, on est bien là, entre nous". Il nous confiera notamment ses problèmes vestimentaires, de permis de conduire et son admiration pour Radiohead, Nine Inch Nails, Callas et surtout pour l'ami Bashung. Il reprendra d'ailleurs Alcaline avec le violoncelliste Jeff Assy qui l'a longtemps accompagné. C'était beau, tout simplement. Encore quelques belles chansons, Mal Comme, Les Mots Bleus, T'aimer Fol'ment et puis comme promis plusieurs fois au cours de la soirée : Aline. Dans une version plus dynamique que celle de 1965.


Christophe a donné ce soir un concert magistral, ou plutôt deux, marquant un peu plus au passage son influence et son empreinte sur la musique et la chanson française. Celle d'un artiste généreux, avant-gardiste et assumant tout.


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