Il y avait de la chaleur au Novomax samedi soir. Celle, moite, d’un ciel orageux, mais surtout celle d’une salle comble pour la venue de Joe Bel, artiste talentueuse qui, sans faire trop de bruit ni de tapage, fait pourtant l’unanimité auprès de celles et ceux qui ont écouté ses albums ou l’ont déjà vue sur scène. Quimper ne fait pas exception. En ce week-end rallongé, pas forcément propice aux sorties culturelles, on ne peut que se réjouir de voir le public au rendez-vous. Quand on a la chance d’avoir une programmation de qualité, diversifiée et à des prix attractifs, il faut venir aux concerts ! Et toutes celles et ceux présents ce soir-là ne l’auront pas regretté un seul instant.
C’est An Abhain qui ouvrait la soirée. Arrivé juste après le début de son set, je me fraye difficilement un chemin vers le fond de la salle pour ne gêner personne. Le Novomax baigne alors dans un univers folk médiéval fantasy, porté par la voix cristalline de la chanteuse qui, telle une elfe ou une fée, charme le public avec ses arpèges et son chant délicat. J’y retrouve un peu de la poésie de Dick Annegarn et le ton des premiers albums d’Emilíana Torrini. Une entrée en matière tout en douceur, avec un style déjà bien affirmé, qui captive un auditoire resté suspendu à la poésie d’An Abhain du début à la fin.
C’est en traversant le public, guitare à la main, que Joe Bel rejoint la scène du Novomax. Ce qui frappe immédiatement, c’est cette voix sublime qui, posée sur des mélodies accrocheuses, irradie la salle de douceur et d’émotion. Très bien entourée, l’auteure-compositrice-interprète nous invite au voyage, nous confie ses tourments et partage avec sincérité des fragments de son histoire. Le public est totalement sous le charme, et il y a de quoi. Rappelant parfois Fredrika Stahl ou Feist, la folk soul de Joe Bel est assez irrésistible. On se laisse facilement emporter par la justesse de la prestation et chaque chanson est accueillie par des applaudissements chaleureux. Dans la salle, les sourires se multiplient. Sur scène, Joe Bel semble tout aussi heureuse, visiblement très touchée par l’accueil reçu ce soir.
Le set fait la part belle à Family Tree, le deuxième album de Joe Bel sorti en 2024. On y retrouve d’excellents titres comme The Secret, Talking ou encore Ropes. Mention spéciale à Your Own Hands, où Joe Bel évoque ses angoisses de mère, et au magnifique Morenika, chanté en Ladino, langue ancestrale Judéo-Espagnole dérivée du vieux Castillan, qui fait clairement frissonner toute la salle. Que cette chanson est belle !
Peu après, Nothing In The World et son tempo blues rock vient secouer à nouveau l’auditoire du Novomax, lui aussi irréprochable, enthousiaste du début à la fin. Après un rappel savouré une dernière fois par le public, Joe Bel et ses musiciens quittent la scène sous une ovation largement méritée. Dans le hall d’entrée, la file d’attente devant le merchandising s’allonge déjà. Réécouter Joe Bel sera une belle façon de prolonger encore un peu le plaisir procuré par cet excellent concert.
Jérôme

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