dimanche 10 novembre 2019

ARCHIVE @ La Carène, 8 novembre 2019 - Brest

La France aime Archive. Le groupe anglais qui fête ses 25 ans cette année le sait bien et sur les 49 dates de cette tournée anniversaire, 18 sont programmées dans l'hexagone !  L'étape brestoise est la troisième de la liste et affiche complet (comme toutes les dates en France) depuis plusieurs jours. Le souvenir du magnifique concert, joué ici même il y a deux ans lors de la tournée The False Fondation, est encore frais et nous avions hâte de retrouver Darius Keeler, Danny Griffiths, Pollard Berrier, Dave Pen et surtout Maria Q, de retour au chant avec le groupe (une première pour nous en 4 concerts de Archive). Toutes ces bonnes vibrations étaient la promesse d'un bon concert, ce fût bien plus que ça ! 


Aucune première partie n'est programmée ce soir. Pendant deux heures et demi, Archive va puiser ses chansons dans ses 12 albums studios et offrir le meilleur et le plus représentatif de leur carrière. C'est Maria Q qui débute au chant avec You Make Me Feel. Avec Pollard Berrier et Dave Pen, ils se partageront le micro et la scène tout au long de la soirée, rappelant que la raison d'être et l'essence d'Archive est avant tout d'être un collectif musical. La première émotion forte arrive sur Pills que la chanteuse interprète à merveille sur un crescendo clavier/guitare/rythmique, véritable signature musicale du groupe. Suit le lancinant Bullets. Darius quitte ses clavier une première fois pour se positionner comme chef d'orchestre au centre de la scène martelant le tempo de ses bras pendant le déluge de guitare qui tombe en fin de morceau. Danny Griffiths, l'autre hémisphère d'Archive est plus statique. Positionnés face à face, chacun à une extrémité de la scène, les deux maîtres à composer du groupe semblent, comme à leur habitude, contrôler tout le concert avec une précision d'horloger. 


Ce soir les titres sont enchaînés sans temps mort et le light show, toujours très efficace, est plus sobre que lors de la précédente tournée. Vocalement c'est aussi très impressionnant ! Wiped Out, Baptism, Finding It So Hard sont magistralement interprétés par dessus un rythme qui s'accélère petit à petit. Du trip/hop vers l'électro/rock progressif, comme très peu savent le faire. Qui fait ça aussi bien d'ailleurs ? C'est l'occasion aussi d'apprécier le son impeccable renvoyé par La Carène de là où nous étions positionnés.
Deux nouveaux morceaux sont joués : Erase et Remains Of Nothing où les trois voix se croisent entre couplets Art rock et Rap (initialement avec le groupe britannique Band Of Skulls sur l'album anniversaire 25).  Là encore, une très grande maîtrise. 


Marie Q revient une dernière fois au chant pour interpréter Collapse/Collide avant de laisser Pollard Berrier enchaîner avec Controlling Crowds, sûrement le titre le plus connu du groupe en France. La puissance des claviers tranche avec les passages a capella du chanteur. L’enchaînement est parfait avec Dangervisit qui commence en doux phrasé répétitif pour finir en transe electro/rock noyée dans une déluge de lasers qui balaie la salle.


Le rappel est splendide : Lights tout d'abord et ses longues minutes hypnotisantes avec là encore un jeu de lumières en accord parfait avec l'ambiance musicale. L'ultime part de ce gâteau d'anniversaire est Again, également joué en version longue, débuté à la guitare sèche et se terminant en une puissante mélodie progressive qui rappelle Shine On You Crazy Diamond des Pink Floyd. Référence à qui Archive peut être comparé légitimement. 
Totalement comblée, La Carène ne se privera pas pour ovationner comme il se doit ce groupe si créatif et talentueux.


                                                                                                                                                    Jérôme
 
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samedi 2 novembre 2019

THE DIVINE COMEDY @ La Carène, 30 octobre 2019 - Brest

Qui veut faire des heures sup' au bureau ce soir ? Environ 1 200 personnes !
Il faut dire que la réunion est animée par Neil Hannon, charismatique leader de The Divine Comedy qui vient présenter son dernier opus (le 12ème!) intitulé Office Politics. Un concept album qui pose un regard amer sur la société du travail et "les joies" de l'open space. Les temps modernes version Neil Hannon, c'était mercredi soir à La Carène.


Le groupe entre en scène après une première partie sympathique Man & The Echo. 
Neil Hannon ose le costume orange sans se ridiculiser pour autant. Il y a des gens comme ça... Entouré de cinq collaborateurs, le Britannique est au centre d'un bureau vintage reconstitué et surplombé par une horloge géante dont les heures vont défiler au rythme du set. Impossible d'échapper à ce terrible cadran, le public est lui aussi à la place de l'employé confronté à ses horaires. Il est 08h00, réveil tonique avec Europop, Infernal Machines et Generation Sex. Malgré quelques mots en français, Neil Hannon préfère converser en anglais entre les morceaux. «Sinon, vous n'allez rien comprendre», explique-t-il tout sourire. L’enchaînement qui suit abrite son lot de petites merveilles, notamment Commuter Love, Norman And Norma, le Beatlesien Absolutely Obsolete et To The Rescue. Il est déjà 14h00


 

Nous sommes pile au milieu du set, c'est l'heure de la publicité promotionnelle. «Vous aimez les synthétiseurs ?» Question anodine que Neil Hannon pose au public qui ne se méfie de rien.  Il se lance alors dans un phrasé rapide et monocorde, noyé dans une marée de notes synthétiques fusant de toute part. The Synthetiseur Service Centre Super Summer Sale. Et lorsque, sur les dernières notes de cet interlude, un spectateur lance un suppliant «Stop it !», cela provoque l'hilarité sur scène comme dans la salle. La suite est bien plus agréable avec I'm a Stranger Here, interprété à la guitare acoustique et accompagné de chœurs façon chorale. Splendide.

Il se passe toujours quelque chose avec The Divine Comedy. Il est 21h00, et après une bonne quinte de toux émanant des musiciens, l'heure est à la détente et à la fête. Office Party ! Chapeaux pointus sur la tête, ballons de baudruche aux quatre coins de la scène, le bureau se transforme en dancefloor avec At The Indie Disco, Becoming More Like Alfie et le génial National Express dont le swing est repris par toute la salle : Ba ba bada ba ba bada...
Le final est plus doux, il est désormais 02h00 du matin : After The Lord Mayor's Show, A Lady Of A Certain Age, le magnifique Absent Friends avant de finir avec When The Working Day Is Done, naturellement.

 

Rappel exigé, le groupe se rassemble au devant de la scène pour un ultime tour de chant : Songs Of Love et Tonight We Fly, merveilleux titre qui résume, à lui seul, le ressenti de la soirée. Après une longue ovation, Neil Hannon, visiblement ravi, quitte le bureau...cravate sur la tête. Nice job !

                                                                                                                                                    Jérôme

mercredi 23 octobre 2019

PIXIES @ Le Liberté, 21 octobre 2019 Rennes

La foule des grands soirs s'est pointée à l'heure au Liberté pour l'un des trois concerts français de la tournée Beneath The Eyrie, le septième album des Pixies. L'ouvrage est une vrai réussite, mêlant les sonorités Surf qui prédominaient sur Bossanova à celles plutôt Folk des albums solo de Franck Black. C'est d'ailleurs sur les notes de Cecilia Ann que le concert débute. Franck Black, Joey Santiago, Paz Lenchantin sont regroupés autour de la batterie de David Lovering avant de se répartir la scène équitablement pour jouer 40 titres non-stop, sans aucun temps morts, enchaînant chaque nouveau morceau sur la dernière note du morceau précédent. Du Pixies tout craché, taiseux mais tellement généreux.


La totalité du dernier album est joué ce soir. Les 12 morceaux de Beneath The Eyrie sont répartis entre ceux des premiers albums du groupe. À l'honneur notamment : Surfer Rosa Doolittle et Bossanova. Les intros sont toujours aussi incroyables. De celles qui vous envoient direct au tapis (St. Nazaire, Isla De Encanta, Rock MusicU-Mass) à celles qui vous mettent les poils (Caribou, Debaser, Ana, Hey, Where Is My Mind).

 

Franck Black est encore plus imposant que dans mes souvenirs, on sent bien que, même si chaque musicien est indispensable au groupe, aucun doute là dessus, le patron c'est lui ! Paz Lenchantin, à la basse et au micro (sur Los Surfers Muertos) est impeccable. Au sein du groupe depuis maintenant 5 ans, elle a su trouver sa place et remplacer dignement Kim Deal, qui avait bien du mal à suivre le rythme en plus de se prendre la tête régulièrement avec le groupe. Joey Santiago est toujours aussi calme et pourtant si tueur, avec ses riffs aigus qui fusent sans prévenir. Sur Vamos, c'est avec la prise Jack de sa guitare qui fait hurler l'ampli avant de frapper les cordes avec sa casquette. Un vrai Peaky Blinders ! David Lovering quant à lui est tout en maîtrise, passant d'un jeu léger à un tempo puissant avec une facilité déconcertante.

 

Le concert file à toute allure, comme prévu. Les anciens morceaux n'ont pas pris une ride et sont toujours aussi canons (Cactus, Nimrod's Son, Wave Of mutilation, Bone Machine) et les nouveaux comme Bird Of Prey, This Is My Fate, Silver Bullet sont franchement à la hauteur. Pixies vieillit bien et après une reprise de Neil young (Winterlong), nous quitte sur Velouria, après deux heures intenses.

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