mardi 6 février 2018

BEAUREGARD #10

Une édition anniversaire éclectique.


C’est dans une salle du BBC pleine à craquer que Paul Langeois et Claire Lesaulnier, les organisateurs du Festival depuis sa création 2009, ont décidé de nous dévoiler, avec 1 mois d’avance sur le planning habituel, leur programmation coup de cœur pour cette 10 ème édition.


Il a bien grandi le petit John depuis ses débuts hésitants sur 2 jours, car avec 53000 billets vendus, le festival (sur 4 jours désormais) pourrait très vite afficher complet vu la programmation annoncée qui a de quoi satisfaire toutes les générations.

Plutôt que de faire revenir les artistes ayant marqué l'histoire de Beauregard, les organisateurs ont privilégié la nouveauté, puisque seuls ORELSAN, NEKFEU et CONCRETE KNIVES ont déjà foulé les jardins du château.

Les fans de Rock dont nous faisons partie ne peuvent en effet qu’être comblé·es par la sélection proposée, avec l'immense JACK WHITE dès le vendredi soir pour une première journée qui s’annonce déjà inoubliable, d’autant que intéressé ne fera que 2 Festivals en France cet été !
Toujours en provenance des USA, on risque de pogoter sévère avec les Texans de AT THE DRIVE IN, récemment reformés, ainsi qu'avec PARQUET COURTS, THE OFFSPRING et les californiens de BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB.

La scène régionale normande désormais bien foisonnante sera dignement représentée dans toute sa variété entre le Surfin' Rock de THE BAKED BEANS (Rouen), le retour des CONCRETE KNIVES (Caen) qui viendront présenter leur nouvel opus (annoncé le 23 février prochain) en ouverture de DEPECHE MODE le lundi, puis le song-writer MALO’ ainsi que le duo énergique BAFANG.

Les organisateurs ont clairement mis l’accent sur la fluidité pour limiter au maximum l’attente à l’entrée avec 14 files au lieu de 5 ou 6 habituellement, tandis qu’un dispositif spécifique sera également mis en place à l’issue du set de clôture de Depeche Mode pour éviter, là encore, l’attente et les embouteillages éventuels.

A noter enfin que le groupe éléctro de cloture du samedi sera annoncé ultérieurement pour boucler cette prog’ alléchante !

Rendez-vous donc du vendredi 6 au lundi 9 juillet pour souffler les 10 bougies de John au Château de Beauregard à Herouville St Clair près de Caen.

                                                                                                                                                          Stan

dimanche 4 février 2018

LYSISTRATA @ Novomax 3 février 2018 Quimper

On a bien du mal à s'en remettre. En 1 heure de temps, Lysistrata a déglingué le Novomax et a envoyé du gros son à s'en faire exploser les tympans. Oui, car aussi inoffensifs et sympathiques qu'ils puissent paraitre en coulisses, une fois sur scène, les Lysistrata se situent plutôt en haut de la chaine alimentaire du Live. 
Lauréat 2017 du Prix Ricard S.A Live Music, le groupe originaire de Charente-Maritime chante en anglais et joue un mélange de Math Rock et de Rock Hardcore. Plus de 100 concerts donnés l'année dernière, un premier Lp fraichement pressé et une réputation grandissante, font de ce jeune groupe LA révélation du moment.


Ce qui surprend chez ces 3 garçons (hormis leur jeune âge), c'est surtout la maitrise rythmique dont ils font preuve. Les chansons de Lysistrata sont des salves puissantes qui basculent ensuite vers une phase plutôt calme bien que toujours tendue. On a parfois l'impression d'avoir deux chansons en une à l'image de Answer Machine ou de Reconciliation dont la seconde moitié est assez hypnotisante et anxiogène. Bizarrement, cette partie m'a beaucoup rappelé ce long passage de 10 minutes dans le film Alien, le huitième passager, où Ripley (Sigourney Weaver) évacue le remorqueur spatial Nostromo dans un vacarme de sirènes répétitives et angoissantes, le tout sous des flashs de lumières néons. Anxiogène je vous dis !


Mention spéciale au très bon Asylum. Vite fait bien fait. Simple et efficace. Ben au chant et à la batterie mène le tempo sans relâche sur un phrasé rapide. Max à la basse fait face à Théo à la guitare. Ces deux là font aussi les chœurs (et les cris). Par prudence, ils poseront leur lunettes avant le déluge de décibels qui déferle sur Sugar & Anxiety. Théo quitte sa guitare un instant pour aller taper sur un fût, histoire d'ajouter quelques coups de canon supplémentaires à cette artillerie lourde. Gros coup de cœur du set. 


On quitte le Novomax impressionnés par ce jeune groupe et totalement convaincus. Lysistrata est à découvrir sur scène et à ne rater sous aucun prétexte. Et pour ceux qui avaient un mot d'excuse pour hier soir, il restera deux opportunités bretonnes pour aller prendre sa claque. Le 25 avril à La Carène de Brest ou le 20 juillet aux festival des Vieilles Charrues. A bon entendeur 😉.

Toutes les photos ICI                                                                                                                    Jérôme

PS: The Mirrors ouvrait la soirée, en remplacement de dernière minute de Equipe de Foot (Forfait pour cause de chanteur malade). Un empêchement de dernière minute nous a retardé, nous sommes arrivés malheureusement à la toute fin de leur set. Ce n'est que partie remise pour chroniquer ce groupe qui semblait avoir fait une très bonne impression à en croire les commentaires qui fusaient pendant le changement de scène.

jeudi 30 novembre 2017

THE STRANGLERS @ La Carène 28 novembre 2017 Brest

Woke up on a good day and the world was wonderful...

Les Stranglers ont régalé mardi soir à La Carène. Passant en revue, à l'occasion de leur Classic Collection Tour, leurs chansons les plus emblématiques. Une tournée Best Of jouée à guichet fermé, pour les Men In Black de Guilford qui affichent plus de 40 ans de carrière au compteur. Impressionnant ! 


Les Étrangleurs version 2017 c'est : deux piliers fondateurs, Dave Greenfield aux claviers et Jean-Jacques Burnel à la basse, Baz Warne à la guitare et au chant et Jim Macauley à la batterie. Après une intro Waltzinblack, le groupe dégaine un furieux Toiler On The Sea. Le décor est planté, ce début de set résume si bien ce groupe inclassable. Une valse suivie d'un titre punk. Avant d'enchainer avec Grip, le charismatique leader franco-anglais Jean-Jacques Burnel prend le temps de glisser quelques mots à la salle comble : "Je vous vois avec vos pulls, vous avez froid ? ". L'homme est taquin, on le sent provocateur mais toujours avec le sourire. Son jeu de basse est génial, brutal et rapide comme sur Nice 'N' Sleazy, sur Bear Cage ou encore sur le magnifique Walk On By. Morceau sur lequel Dave Greenfield fait un festival au synthé et la joue façon Ray Manzarek des Doors. Superbe.


L'album Feline est ensuite à l'honneur avec un enchainement magnifique Midnight Summer Dream/European Female.  Baz Warne et JJ Burnel se relaient au chant et la magie (noire) de ces titres opère encore 35 ans après leur sortie. Pour prolonger l'envoûtement, les Stranglers emploient les grands moyens : Always The Sun qui, malgré quelques petits cafouillages rythmiques ce soir, fait toujours son effet puis le délicieux Golden Brown pendant lequel Jean-Jacques Burnel vient jouer dans le crash barrière au contact de son public.



A parcourir en une soirée Live l'œuvre du groupe, on mesure aisément toutes les inspirations générées derrière lui : Peaches15 StepsNorfolk Coast ou Relentless comme autant de sillons tracés pour The Specials, Blur, Deus, Editors ou Kasabian pour ne citer qu'eux. Retour au son punk en fin de set sur 5 Minutes et Tank. Les Stranglers quittent la scène sous les ovations d'un public composé majoritairement de quinquas admiratifs bien qu'étrangement calmes. Avant le rappel, Jean-Jacques Burnel ne peut s'empêcher d'interpeller la salle : "Vous êtes très polis. Trop polis." dit-il sourire en coin et regard brillant "Mais j'ai une explication. Vous êtes Celtes et les Celtes prennent les artistes pour des Dieux qu'on n'ose pas déranger...ou alors c'est que vous n'avez pas assez picolé pour bouger votre cul !". Ça pique mais ça passe. Message reçu (tardivement), le public se lâche enfin sur le plus vieux titre des Stranglers : Go Buddy Go et sur le hargneux No More Heroes qui clôture un concert d'une très grande classe.

...Midnight summer dream has me in its spell.

                                                                                                                                                           Jérôme