lundi 19 novembre 2018

Endless Boogie @ Le Café Chantier 18 novembre 2018 Saint Eloy

Deux heures de Heavy Blues exécutées par un groupe culte de l'underground new-yorkais, au cœur du Finistère, dans une ville de deux cent habitants, sur les palettes d'un café associatif : c'était dimanche soir à Saint Eloy avec les rugueux ENDLESS BOOGIE ! Paul Major, aka Top Dollar, le chanteur/guitariste aux allures d'homme des cavernes, scrute les lieux et annonce d'emblée "It's seems that i am as old as this building, so i feel good here ...". Un accord parfait s'annonce, une rencontre qui va faire date. Au Café Chantier, les vieilles pierres vont vibrer sévère !


En route pour une virée à fond la caisse à bord d'un vieux truck transpirant le cambouis. Le groupe est venu interpréter Vibe Killer, leur dernier album sorti en 2017. La voix rauque tendance gutturale de Paul Major associée au tempo obsédant imposé par Jesper Eklow (guitare rythmique), Harry Druzd (batterie) et Mark Razo (basse), forment un rendu violent et hypnotisant. Du blues psyché tendance voodoo sur des titres dépassant souvent les vingt minutes. Alors on se laisse happer par les riffs tendus, et par cette basse qui résonne sans jamais s'arrêter. 


Le son est parfait et le light show est une guirlande. Au bout d'une heure, les vieux briscards s'autorisent un pause de 10 minutes. Petite accalmie pour mieux revenir "Louder". C'est terriblement efficace, au devant de la scène, quelques uns sont pris d'une irrésistible envie de danser, de se tordre de plaisir, comme pour célébrer un rite ancestral. Les musiciens, eux s'observent pas mal, laissant le morceau évoluer au feeling tout en restant hyper concentrés.




Le concert se termine après deux titres en rappel et un morceau dédicacé à Little Bob et à Christian Vander, immense batteur de MAGMA. Paul Major est déjà au merch à signer ses Lp, Mark Razo part fumer sa clope et rejoint Jesper Eklow sur la terrasse tandis que Harry Druzd partage la bouteille de whisky du groupe avec les spectateurs venus le féliciter. Décidément rien à jeter chez Endless Boogie.

Et puis, quelques mots sur ce lieu si sympathique. Le Café Chantier est un endroit où l'on se sent tout de suite très bien. Un endroit simple, convivial. Un lieu imaginé par des copains, des bénévoles, voulant créer, dans ce village qui ne possède plus ni école ni commerce, un lieu d'échange, interculturel et intergénérationnel. Une bâtisse rénovée par le biais de chantiers participatifs et de bonnes volontés. Bref un lieu qui respire la solidarité et le partage que je vous recommande chaudement.

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                                                                                                                                           Jérôme


samedi 3 novembre 2018

DOMINIQUE A @ L'Archipel 2 novembre 2018 Fouesnant

Dominique A débute, à L'Archipel de Fouesnant, sa seconde tournée de l'année. Deux tournées pour deux albums sortis en 2018. Le premier, "Toute Latitude" plutôt sombre et tortueux, faisait la part belle aux guitares et à une rythmique tendance Trip hop. Il y a 6 mois, à La Carène à Brest, lorsque nous l'avions vu, Dominique A était en "full band" pour exprimer, de la meilleure façon, l'ambiance de cet album. En toute logique, c'est en solo cette fois qu'il vient présenter "La Fragilité". Le versant lumineux et calme de son projet. 


Après une première partie assurée par Laetitia Velma, Dominique A entre en scène avec La Poésie. Sublime texte écrit en hommage à Leonard Cohen et dont les notes de guitare graves et appuyées ne sont pas sans rappeler celles de The Partisan.
La mise en scène est minimaliste pour mieux laisser la place aux textes : Une lumière simple, efficace, quelques paysages flous projetés sur écran (pendant deux ou trois titres seulement) et deux guitares (une sèche et une électrique).



Les échanges avec le public ne sont pas rares. Dominique A explique parfois quelle fut l'inspiration ou l'évident constat qui l'ont mené au texte (Dobranoc, Dans Le Grand Silence Des Campagnes). Il insiste sur l'accueil chaleureux reçu ici, à Fouesnant, par toute l'équipe de L'Archipel : "C'est la 4ème fois que je viens jouer ici. Belle salle, belle ville...vous êtes bien lotis" dit-il en souriant. Et lorsqu'un spectateur lui répond : "On a un bon Maire ! " La réponse fuse : "Vous êtes de la famille ?". 

Et puis, on ne va pas faire dans le suspens, le live du nantais est encore une fois magnifique. La surprise serait que ce ne soit pas le cas. On va pas réécrire comment, seul avec sa guitare, Dominique A maitrise, comme peu savent le faire, l'art de la poésie et de la mélodie (L'Océan, Par Les Lueurs, Immortels, La Splendeur, Eléor...). On ne va pas disserter sur la générosité de l'artiste qui donne le meilleur de lui-même pendant près de deux heures, offrant à son public sept titres en rappel (En Surface, Le Temps Qui Passe Sans Moi, Le Convoi, ...). Enfin, à quoi bon expliquer encore comment la chair de poule nous gagne sur les réarrangements de certains titres, sur les passages a capella, sur les vocalises que l'artiste déploie (Central Otago, Gisor, Tout Sera Comme Avant, Corps De Ferme A L'Abandon, La Fragilité...) ou sur l'envoûtant Le Courage Des Oiseaux qui clôture ce concert. C'est beau et puis c'est tout.

                                                                                                                                                              Jérôme


samedi 20 octobre 2018

LLOYD COLE @ Le Mac Orlan - 19 octobre 2018 - Brest

Lloyd Cole à Recouvrance. En tournée solo, célébrant la période 83-96, dans la mythique salle brestoise du Mac Orlan. Tous les ingrédients étaient réunis pour une belle séquence nostalgie, au son des sublimes mélodies que Lloyd Cole, avec ou sans ses Commotions, nous offrait à cette période. Le concert est complet, la scène est minimaliste : un micro, deux guitares folk, une bouteille d'eau et un chevalet pour y poser la set list. Lloyd Cole avouera un peu plus tard avec franchise : "Depuis que j'ai 50 ans, je suis bien incapable de lire une set list posée au sol !". Puis il ajoute malicieusement en scrutant d'un peu plus près le public devant lui  : "Vous n'avez pas l'air jeune non plus !".


Le set de la soirée est composé de deux partie de 50 à 60 minutes chacune, séparées par un entracte. Dès le début du concert avec Patience, Perfect Blue et Rattlesnakes, je mesure le privilège que j'ai d'assister à cette prestation tout en proximité. La voix de Lloyd Cole est intacte et l'interprétation acoustique de ses chansons, replace à sa juste valeur, ses qualités d'écriture et son sens de la mélodie. Dans la lignée d'un Morrissey ou d'un Paddy McAloon. 
Lors de cette première partie de set, je retiens plus particulièrement My BagPretty Gone se terminant sur Norwegian Wood des Beatles, le bel enchainement Butterfly avec la reprise de Leonard Cohen Famous Blue Raincoat, Downtown et le superbe Jennifer She Said.

 

Lloyd Cole, qui s'exprime parfois en français, n'est pas avare en bavardage avec son auditoire qu'il invite volontiers à chanter avec lui. Puis sourire en coin il ajoute : "And if you feel a little drummer tonight and want to clap your hands, please....don't ! It's nice but there is no drums on stage, and when the sound comes back to me it's always a little shit. So please, control yourself !".
Quant à l'image du chanteur bougon, peu souriant, chantant mâchoires serrées que beaucoup se font, Lloyd Cole s'en amuse : "I know i look angry...but i'm not ! It's just my face !"


Après l'entracte et toujours dans la même configuration intimiste, alternant le jeu sur ses deux guitares, Lloyd Cole poursuit sa rétrospective, avec entre autres : Are You Ready To Be Heartbroken?, No Blue Sky, 2 CV, Undressed, Mr. Malcontent, Hey Rusty, Perfect Skin et Lost Weekend. Rien que ça ! Pourtant lorsque l'anglais quitte la scène, le public ne semble pas vouloir le laisser filer comme ça. Il reste un titre à ajouter au festin, un titre pour que ce soit parfait. Et parfait ce sera.
Lloyd Cole revient puis, histoire de rappeler que l'humour British existe encore, entame les premiers accords de Boys Don't Cry des Cure avant bien sûr de nous jouer Forest Fire. Superbe chanson que tout le monde dans la salle reprend en chœur.


Cette fois c'est bien fini. Le public est debout pour ovationner comme il se doit l'artiste qui vient de jouer près de 30 chansons version "Naked", comme jouées après un repas entre amis, encore à table et avec un bon café. 
Dans la catégorie "concert précieux", il est bien difficile de faire mieux que ce que nous a proposé Lloyd Cole ce soir au Mac Orlan.

                                                                                                                                                Jérôme