samedi 21 octobre 2017

THE CRAFTMEN CLUB + JIM JONES & THE RIGHTEOUS MIND @ Novomax 19 octobre 2017 Quimper

La soirée qui tabasse !
Jeudi dernier le Novomax a vibré comme jamais sous les riffs de deux groupes Rock de grande classe. Les excellents Craftmen Club suivis des furieux Jim Jones & The Righteous Mind chargés par ordonnance de remplacer The Bellrays, initialement programmés mais contraints d'annuler leur tournée pour raisons médicales. Le docteur ne s'est pas foutu de notre gueule !




THE CRAFTMEN CLUB
Le groupe que tu n'oublies pas. Le 3 août 2002, je voyais les Craftmen au festival Les Irréductibles à Plougrescant (un putain de festival). Le groupe Guingampais sortait tout juste son Ep en format CD-R. Je me souviens très bien de leur set (j'ai oublié celui de Hight Tone qui passait après). Trois albums et 15 ans plus tard, l'esprit Rock est intact, les riffs toujours aussi mordants. Le 4ème Lp "Colores" sort le 10 novembre et les nouveaux titres joués (6 sur les 14 du set) sont très très bons. Mention spéciale à Nos Enfants Rois, Colores (très Noir Dés') et La Route sur lequel Marc Corlett à la Basse est impressionnant. Autres moments forts du concert, le désormais hymne Animals, les violents Gary Blood et Goodbye Mother où Steeve Lannuzel délaisse son micro et sa guitare pour descendre dans le public prendre quelques gorgées de bière. Le final sur Back In Town est explosif et la salle du Novomax est chauffée à blanc. Authentiques et impressionnants de maitrise, les Craftmen Club sont clairement un des meilleurs groupes de rock hexagonal.




JIM JONES & THE RIGHTEOUS MIND
Jim Jones n'a pas perdu de temps. Quelques semaines après en avoir terminé avec son groupe The Jim Jones Revue (split en 2014), il rebranchait sa guitare avec The Righteous Mind, une nouvelle formation montée avec son pote Gavin Jay. Moins Rockab' et plus Garage : un "doux" mélange de Grinderman, Tom Waits, MC5 et de Jerry Lee Lewis. Et ca part fort avec Boil Yer Blood. Le Rocker Anglais est très bien entouré, Gavin Jay et sa Rickenbacker aux genoux se démène quant aux autres zicos (batterie, guitare, lap steel et synthé), ils excellent et forment un ensemble imparable. Ça transpire le Rock de toute part. De No Fool (qui rappelle I Put A Spell On You de Screamin' Jay Hawkins) à Aldecide, de Save My Life à Hold Up, tout est joué pied au plancher et sans retenue. Ça pogotte sévère dans les premiers rangs du public. Ambiance Rock Tribal où j'aperçois un jeune fan poser religieusement son oreille sur une des enceintes "retour" pendant la déferlante de riffs que balance le gourou Jim Jones. Une vraie furie. Le guitariste se roule au sol, le batteur est inondé de sueur, et le clavier est en transe. Le temps passe vite et c'est déjà la fin. On a pris une bonne grosse claque ce soir, merci Monsieur. Avant de partir, Jim Jones demande d'un air diabolique "One more ? A quiet one or a fast one ?". Ai-je besoin de vous dire ce qu'il a choisi ?

Jérôme




samedi 7 octobre 2017

FAI BABA + LAST TRAIN @ L'Echonova 5 octobre 2017 Saint Avé

Belle soirée Rock à L'Echonova ce jeudi soir avec à l'affiche FAI BABA puis LAST TRAIN. Deux groupes déjà chroniqués ici, Fai baba m'avait fait très grosse impression à Beauregard cette année et je m'étais promis de les revoir dès que l'occasion se présenterait (et voilà), tandis que Last Train avait retourné le Run Ar Puns de Châteaulin il y a deux ans déjà. Bref, l'association des ces 2 groupes sur une même soirée a suffi à me conduire jusqu'à L'Echonova de Saint Avé (près de Vannes) pour la première fois.


FAI BABA
Je ne vais pas vous mentir, c'est surtout pour eux que j'étais venu. J'avais vraiment hâte de revoir le groupe Suisse pour confirmer l'impression ressentie il y a 3 mois au festival Normand. Fabian Sigmund (vêtu de blanc des pieds à la tête en passant pas sa Gretsch semi-acoustique) lance le set avec le langoureux Why Do I Feel So Alone ? L'équilibre entre les 4 musiciens est parfait avec une mention spéciale à Domi Chansorn à la batterie qui régale par son aisance, tandis le dandy à moustache derrière le micro jongle entre ses pédales à effets et le vibrato de sa guitare. Le rendu est superbe et oscille entre la nervosité de Timber Timbre (sur Fainted Lover) et le scintillant de Radiohead (Can't Get Over You). Un ami guitariste, présent au concert, me disait un peu plus tard reconnaître certains accords "tordus" dans le pur style Beatles. Je le crois sur parole. La frustration est grande lorsque un type de la Régie indique au groupe la fin du set pour cause de Timing, au bout de 40 minutes de concert...Je me contenterais donc de ces quelques titres (tous issus de leur dernier Lp intitulé "Sad & Horny"), impeccablement joués ce soir.





LAST TRAIN
Un premier album réussi (Weathering), deux années passées à écumer les salles de concert et les festivals et des premières parties de prestige (Les Insus, Johnny Hallyday, Muse...), Last Train peut faire valoir une notoriété méritée bien qu'encore fraîche. Des jeunes fans couvrent le premiers rang certes, mais les quadras sont là aussi (eh oui), attirés pas les sonorités Blues/Rock du Band Alsacien. La différence c'est que le quadra saute moins et ne crie pas le prénom des musiciens. Bon, comme à son habitude Last Train va jouer pied au plancher et va se dépenser sans compter, à l'image de leur leader Jean-Noël Scherrer qui ne tient pas en place et du batteur Antoine Bashung qui tape généreusement sur ses fûts (presque trop). Beaucoup d'énergie donc et une qualité indéniable. La voix éraillée de Jean-Noël Scherrer est impressionnante et les riffs de guitares fusent de toutes part. Le seul bémol à mes yeux est la construction très répétitive de la plupart des morceaux, avec une grosse accalmie au milieu du titre joué, qui fait trainer en longueur avant un redémarrage crescendo et un final explosif. On retient d'excellents morceaux tels que Between Wounds, House On The Moon, Leaving You Now, One Side Road (avec bain la foule pour Jean-Noël Scherrer) et Fire. Et si Last Train est parfois dans la posture Rock (cigarette au bec, crachats, regard sérieux qui balaie la foule) on va tout de même se réjouir de voir émerger avec tant de ferveur ce jeune groupe qui semble comme destiné à endosser le leadership de la nouvelle scène Rock française.

Jérôme





lundi 21 août 2017

La Route Du Rock 2017 - Dimanche

Après la pénible édition de 2014 (d'un point de vue organisationnel), seule la programmation pouvait me faire revenir une fois de plus à La Route Du Rock. Je ne prenais pas trop de risque car il faut bien admettre que d'un point de vue musical, le Festival Malouin est toujours très bon. C'était le cas encore cette année avec entre autres PJ Harvey, The Jesus And Mary Chain, Thee Oh Sees, Temples, Interpol, Soulwax et DJ Shadows. Un Line Up de qualité qui aura permis aux organisateurs de doubler le nombre de festivaliers par rapport à l'année dernière (15 000 festivaliers en 2016). Notre passage dans l'enceinte du Fort St Père ce dimanche fût bref mais très sympa. Chronique express !



THE PROPER ORNAMENTS : Du son très anglais à la Ride ou House Of Love en moins bien. Rien de folichon chez ces quatre garçons là qui ont une fâcheuse tendance à tourner le dos au public.


ANGEL OLSEN : Retour de la belle Américaine à La Route Du Rock, 3 ans après sa prestation sous le déluge. "You were there ? You remember that, don't you ?". Elle n'a pas oublié elle non plus ! Toujours bien entourée par ses 5 musiciens, Angel Olsen à désormais le droit a la grande scène. La première partie du set est assez convenue avec notamment High & WildShut Up And Kiss Me et Not Gonna Kill You, mais c'est avec le somptueux Sister que le concert prend de la hauteur. En tournée depuis plusieurs mois, on sent bien que les titres ont pris une sacré dimension sur scène à l'image de Special qui va s'étendre sur plus de 10 minutes dans un silence de cathédrale, le public totalement captivé. Le set se termine sur Woman, qu'Angel Olsen intreprète magistralement. Le soleil fait son apparition sur ce dernier titre et vient éblouir la chanteuse. Elle même qui finissait son set il y a trois ans une serviette de bain sur la tête. Comme quoi.




YAK : Déjà chroniqué ici il y a 1 mois au festival de Beauregard, le groupe Londonien n'a pas fait trainer les choses. Un créneau de 45 minutes seulement, et un set envoyé comme une balle de fusil. Le chanteur à la gueule d'ange Oliver Burslem (Sosie de Mick Jagger à 20 ans) en fait des tonnes mais ça envoie et ça fonctionne très bien. Du crachat, du slam, du jeté de micro (avec un gentil roaddie qui le remet immédiatement, parce que quand même ...) c'est un peu cliché mais ça fait du bien par où ça passe.



MAC DEMARCO : Le garçon le plus souriant du festival était de retour également à La Route Du Rock, pour défendre sur scène son dernier album intitulé "This Old Dog " dont je vous recommande l'écoute. Une tenue vestimentaire improbable, déconneur à la moindre occaz', et surtout musicalement bienfaiteur, Mac DeMarco alterne entre moments de rigolade et mélodies splendides telles que On The Level, Salad Days ou Moonlight On The River. On remarquera Angel Olsen et son groupe, confortablement installés sur le côté de la scène, prendre un verre et "narguer" le chanteur Canadien qui ne résistera longtemps pas à l'appel de la bière. La complicité entre ceux là n'est pas nouvelle, le Mac DeMarco reprenant de temps à autre la chanson Lights Out de son amie. Bref un vrai plaisir ce concert.


Nous n'avons assisté ensuite qu'au début du set d'INTERPOL, tête d'affiche du jour, venu célébrer les 15 ans de son album phare Turn On The Bright Lights. La soirée s'arrêtera là avec le regret de ne pas pouvoir rester pour l'excellent TY SEGALL qui se produisait un peu plus tard dans la nuit. Ce sera pour une autre fois, à La Route Du Rock peut être ? 😏