lundi 7 décembre 2015

U2 @ AccordHôtels Arena - 6 décembre 2015 - Paris


C’est le premier des deux concerts de U2 déprogrammés suite aux attentats du 13 novembre. En entrant dans l’AccorHôtels Arena (anciennement Palais Omnisport de Bercy et peut être un jour le camembert Président Stadium !), on ressent bien l’aspect très particulier que revêt cet évènement. Bono, The Edge, Larry et Adam, qui étaient dans la capitale pendant ces terribles évènements, s’étaient recueillis comme beaucoup devant le Bataclan et avaient promis de revenir vite à Paris pour communier encore et encore avec leur public. Au-delà de la peur, de l’émotion, de la tristesse. Stronger Than Fear !  Moins d’un mois plus tard, le risque était grand de se noyer dans l’émotion, de s’épancher, de faire de cette soirée un trop plein de sombres souvenirs et d’inhiber toute joie, tout espoir et toute musique finalement. Alors U2 va faire ce qu’il sait faire de mieux. Donner, partager, puiser son énergie dans le cœur des 20 000 personnes rassemblées et leur restituer une chaleur, un moment de fraternité inoubliable comme seul ce groupe en est capable. Leur plus bel hommage. 


L’entrée se fait sur la chanson de Patti Smith People Have The Power, comme depuis le début de la tournée Européenne.  La scène est séparée en deux plateformes et la nouveauté technologique de la tournée (il y en a toujours avec U2) réside en un double écran géant de 24m tout en LED. L’écran peut se poser sur la scène, les musiciens peuvent aller à l’intérieur et faire partie d’un véritable décor électronique. 


Pour la petite histoire nous étions situés dans l’axe longitudinal de l’écran côté E Stage (petite plateforme). Belles places mais qui nous privaient totalement de vue sur le fameux écran (cela ne nous a pas gâché la fête, nous nous concentrions mieux sur le groupe du coup). 



Ça commence fort ! Un bel enchainement The Miracle/Vertigo/Out Of Control/I Will Follow qui donne le ton. Première belle surprise en ce qui me concerne avec Out Of Control qui n’est pas systématiquement jouée et que j’adore.  Bono dédie la chanson suivante Iris, à sa mère décédée lorsqu’il avait 14 ans et évoque pour la première fois de la soirée la douleur que représente la perte d’un être cher. L’écran géant s’illumine et prend sa place dans le show. Le combo Sunday Bloody Sunday/Raised By Wolves qui évoque les conflits et attentats qui ont endeuillé les terres Irlandaises est terriblement d’actualité en France et prend une mesure forcément spéciale.  Cette première partie se termine avec un excellent Until The end Of The World.



Entracte de 5 minutes et retour des Paddys avec le très dispensable Invisible, joué à l’intérieur de l’écran. Ce sera le seul bémol de la soirée. Le titre est moyen et casse un peu le rythme.  Heureusement, la suite est bien meilleure Mysterious Ways, Elevation et le superbe Ordinary love rarement jouée jusqu’à maintenant. Gros frisson ensuite avec  October/Bullet the Blue Sky, sans aucun doute un des gros temps fort du live où Bono alterne douceur et rage.  La fin du set est impeccable Zooropa/Where The Streets have No Name/Pride/With Or Without You, le public est hyper présent, l’ambiance est vraiment géniale et le rappel qui va suivre va finir de rendre ce concert exceptionnel. 



Dès les dernières notes de City Of Blinding Lights Bono entonne  les paroles de Ne Me Quitte Pas et les noms des 130 victimes des attentats apparaissent sur l’écran jusqu’à former un grand drapeau Bleu Blanc Rouge. Le moment est poignant, le Leader de U2 contient tant bien que mal son émotion et cherche ses mots pour exprimer ce qu’il ressent en cet instant de communion. 


Le public l’a bien compris, et va répondre à Bono de la plus belle des manières. Ce sont 20 000 personnes qui reprennent a capella la plus célèbre des chansons de U2 : One. Cette chanson que l’on connaît par cœur, que l’on a presque trop écouté fût un véritable moment de grâce. Et que dire de Bad,  LA chanson que tout fan de U2 rêve d’entendre en live, peu jouée sur cette tournée, ou alors à la place de One justement. Le groupe va l’offrir à son public comme un cadeau. Quel bonheur d’entendre ces notes, ces mots et de les crier ensemble, avec eux, avec tout le monde...Grandiose !
Et c’est pas fini !


Une silhouette aux longs cheveux gris se distingue sur la scène. C’est la grande Patti Smith qui rejoint le groupe pour un final jouissif et euphorique sur People Have The Power ! Quelle pêche, quelle voix, quelle idéale façon de clôturer un concert magnifique à tous points de vue.
Bono, The Edge, Larry, Adam…vous êtes mes héros !


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