mardi 18 juillet 2017

VIEILLES CHARRUES 2017

Retour sur la 26ème édition des Vieilles Charrues qui vient de se terminer affichant une fréquentation record. En effet, le festival était complet depuis plusieurs mois, grâce à une programmation alléchante et une réputation tenace et méritée sur la bonne ambiance du festival Breton.
Des changements ont eu lieu dans l'organisation générale. Plusieurs entrées ont été mises en place pour remplacer l'unique accès habituel et il est vrai qu'en 3 jours (VSD), nous n'avons jamais attendu plus de 5 minutes à la fouille ou aux entrées "bracelets et journée". Un véritable exploit quand on voit le nombre de personnes sur site ensuite ! En revanche l'espace "Park Château" pour soi-disant se ressourcer n'est pas convaincant. Déjà le château ressemble plus à un manoir abandonné, et finalement, on devine la possibilité de placer là, 3 heures avant l'ouverture du site "concert", un maximum de personnes devant les bars et stands du festival, à l'endroit même où se situaient les marchands ambulants il y a quelques années. Cela permet tout de même de désengorger un peu les entrées aux heures d'ouverture. Quant à la structure géante #Charrues, véritable spot à selfies et photos d'accueil, elle fût rapidement recouverte de dessins, d'écritures et messages en tout genre, pas toujours d'une très grande finesse. C'était prévisible en même temps. Si l'idée n'est pas mauvaise d'offrir un espace "à part", il reste à peaufiner ce que l'on y fait exactement.
Le thème 2017 était Woodstock : Flower Power et Love and Riboul. Love je sais pas mais Riboul...y'a eu !


Place à la musique !

Vendredi : C'est avec le CELTIC SOCIAL CLUB que la journée débute. Une création Vieilles Charrues 2014 qui devait être un one shot et qui perdure suite à l'écho donné par le public et au plaisir pris par tous les protagonistes du projet à commencer par Manu Masko, Ronan Le Bars et Jimme O'Neill (ex leader des Silencers). Le métissage est toujours la marque de fabrique du groupe et après Winston McAnuff ou Louise Ebrel, c'est au tour de Mustapha El Annabi (percussionniste Algérien) et d 'un chanteur diphonique Mongol de rejoindre ce groupe toujours aussi agréable à écouter et à voir.
Direction la scène Glenmor pour la claque du jour avec DROPKICK MURPHYS. Du Punk Celtique made in Boston qui va mettre le feu en 20 secondes à la prairie de Kerampuilh. Chaque titre est chanté comme un hymne, ça pogotte, ça slam à tout va sur I Had A Hat, Going Out In Style, First Class Loser, Rose Tattoo sans oublier l’épique Until The Next Time. Terrible !


Après ce coup de chaleur, nous faisons un petit tour sur le site, sous le chapiteau Gwernig, c'est LA MACHINE qui joue son Groove made in Breizh puis on aperçoit SÔNGE en interview un peu plus loin. Le festival s'étoffe en déco également avec une tour surmontée d'un œil géant. Le regard de Sauron du haut de la tour sombre version hippie.


Nous prenons place pour les premières minutes du concert de RENAUD. Sans surprise la voix n'y est plus du tout et le chanteur énervant est bien cramé par les abus d'excès. Cela dit je m'attendais à pire et si la prestation n'est pas bonne, l'émotion est tout de même au rendez-vous. De plus, Renaud ne s'attarde pas trop sur les titres de son dernier album (heureusement) et offre à son public les plus belles chansons de son répertoire, comme un dernier baroud d'honneur.


Nous passons MHD et nous finirons ce premier jour avec PHOENIX. Vu il a une semaine à Beauregard mais nous voulions revoir la scénographie géniale mise ne place. Une projection au sol reflétée par un miroir géant incliné qui donne un superbe effet. Musicalement, je ne reviens pas sur ce que j'ai écrit la semaine dernière. Un concert impeccable et sans temps mort. On serait bien resté pour  VINTAGE TROUBLE, mais le samedi n'est pas un jour chômé pour tout le monde, il est temps de rentrer.


Samedi:
Le soleil tape déjà très fort lorsque nous arrivons à Carhaix. Aujourd'hui, je suis en mode festivalier modèle car accompagné des mes filles (et pareil le lendemain). C'est pourquoi le décalage est grand lorsque, en revenant des WC pour les rejoindre,  je vois un type bourré et complètement à poil sortir des toilettes Dames, juste à côté des mes filles qui attendaient. Ça commence bien ! 😞

Sur la scène Kerouac c'est VIANNEY qui ouvre la journée. Il y a de l'ambiance dans le public composé de 99% de filles. Il ne manque que des images de chatons en fond de scène. Le chanteur est seul à la guitare et fait durer plus que de raison chacune de ses chansons. J'ai vraiment l'impression de voir Macron avec une guitare, qui va hurler "Parce que c'est notre PROJEEET !". Voilà, que dire de plus.


Je me rapproche ensuite de la grande scène Glenmor pour CAMILLE. J'ai beaucoup de mal avec le personnage mais je dois admettre que ses chansons sont intéressantes et notamment celles de son dernier album. Comme Seeds par exemple. Au final, ça ne m'a pas déplu mais il a manqué tout de même le lien pour faire de ce concert un moment marquant. Au milieu de ses musiciens et choristes, en retrait sur cette grande scène, Camille a sans le vouloir, bien résumé la situation en observant le public attentif sous le soleil brûlant "Vous êtes dans la lumière et je suis dans l'ombre". Un bon concert tout de même.


Au tour des NAIVE NEW BEATERS d'entrer en jeu. En mode Live avec deux musiciennes et deux cuivres pour les accompagner sur scène. Je me rend compte que c'est la 4ème fois en 1 an que je les vois ! Pour l'occasion le trio déjanté fait venir la chorale d'enfant de Carhaix pour chanter sur Words Hurt. "Big Up pour la power chorale" lance David Boring avec sa voix d'Omer Simpson. Concours de chaloupe (balancement de bras en l'air) avec le Mainsquare, interaction avec le public, ils sont drôles certes, mais surtout très bons dans leur genre. Les NNBS excellent dans leur Electro/Rock et mettent le feu à chaque prestation (la 3ème ici aux Charrues). J'adore !



ROYAL BLOOD prend le relais. Le duo Britannique, qui vient tout juste de sortir son second Lp, envoie du gros son. Mike Kerr au chant et guitare basse est impeccable et l'accueil du public est bon. Les titres comme Little Monster, Figure It Out ou Lights Out sont vraiment bons sur scène. Seul bémol, cette formation en binôme basse/batterie lasse un peu sur la longueur et pourtant le groupe n'a joué qu'une heure. J'imagine mal ce groupe continuer sur ce même schéma pendant 5 albums. Bien sympa cela dit.


On zappera KERY JAMES pour se placer au premier rang pour ARCADE FIRE. Dix ans après un concert mémorable ici même, le groupe est très attendu. La scène est remplie d'instruments et un large sas de verre est situé en arrière plan. Le groupe arrive et commence son set avec Everything Now, issu de l'album qui sortira dans une dizaine de jour. D'autres nouveaux morceaux sont joués : Chemistry, Creature Comfort et Signs Of Life (seul titre que je trouve moyen). La set-list du concert est énorme : Rebellion, Haïti, le génial Here Comes The Night Time pendant lequel le grand Win Butler emprunte l'appareil d'un photographe du crash barrière pour prendre des clichés de la foule, The Suburbs, No Cars Go, Neighborood #1 (Tunnels). Tout les grands titres du groupe sont là. Comme à leurs habitudes les membres d'Arcade Fire n'hésitent pas à permuter d'instruments et si le groupe bouge un peu moins qu'avant sur scène, la qualité est plus que jamais présente. Les Vieilles Charrues tiennent là le concert qui met tout le monde d'accord. Arcade Fire n'aura plus qu'à contempler son œuvre :  toute la foule qui reprend en chœur  le fabuleux Wake Up pour un final grandiose.





Nous n'aurons pas le courage d'attendre 1h30 pour voir Jean-Michel Jarre après ça. Autour de moi, le lendemain, j'ai pu entendre deux sons de cloches à son sujet. Avis partagés visiblement.

Dimanche:
Nous décidons d'arriver tôt afin de voir LA FEMME qui joue à 14h ! Horaire assez bizarre qui ne semble pas déranger la troupe bien décidée à foutre le bordel quoi qu'il arrive. Vêtu des couleurs Basques, le groupe connaît de gros problèmes technique d'entrée de jeu. Le set débute avec Sphynx, un danseur et deux danseuses seins nues viennent gesticuler entre les musiciens. Visuel intéressant même si cela contraste assez avec ces foutues tenues Basques. La set list est énergique, Tatiana, Où Va Le Monde, Nous Étions Deux, Paris 2012, Sur La Planche, Antitaxi. Les danseurs interviennent une fois sur deux, cette fois ci en mode prostitués/travestis plus obscène que burlesque tandis que le groupe se lance dans un Paquito (genre de slam Basque) géant au cœur de la foule sous le regard amusé de Marco Prince et des ses collègues de FFF en Backstage. Bref un grand n'importe quoi dans une chaude ambiance et un concert néanmoins valable (on se demande comment c'est possible !).



Les écrans de Glenmor montrent un tracteur vert (John Deere) se garer au pied de l'arrière scène. L'ami SEASICK STEVE en descend. C'est la plus belle arrivée d'artiste 2017 :) Le reste est sans surprise mais tellement bon. Un blues sans chichi avec des "home-made guitars" et un bonhomme extrêmement attachant. Sans déroger à la règle, le vieux Summertime Boy ramène sur scène une jeune fille pour lui susurrer son Walkin' Man les yeux dans les yeux. Bouteille de vin à la main, regard malicieux du haut de ses 76 ans. Il était grand temps de voir Seasick Steve fouler Kerampuilh. C'est chose faite...et très bien faite !



Il y a 25 ans au Teppaz à Cherbourg, je voyais FFF pour la première fois...

    avril 1992

Toujours aussi agitée et motivée, la tribu FFF débute avec Barbès. Quel plaisir de réentendre ces titres-là résonner à nouveau : Le Pire Et Le Meilleur, Morphée, AC2N, Silver Groover... A plusieurs reprises, Marlon Magnée viendra sur scène montrer son cul (pour être cohérent jusqu'au bout) puis c'est tout le groupe La Femme qui les rejoindra sur scène pour un partage festif. Chaleur, sueurs et pogo au programme comme au bon vieux temps.  FFF vit, a vécu et vivra !



Nous sommes restés 3 chansons devant MATMATAH. La concentration de festivaliers au mètre carré était tout simplement intenable. Nous nous sommes repliés car de toute façon il était impossible là où nous nous trouvions (niveau Tavarn 5) d'apprécier le concert. C'était la grosse ambiance apparemment pour le retour après 9 ans du groupe local. Nous sommes donc aller écouter la Pop délicate de RADIO ELVIS qui jouait devant un public très clairsemé. Les lauréats des Victoires de la Musique 2017 (catégorie : Album Révélation) ont su rapidement charmer l'auditoire. Au Loin Les Pyramides, Solarium, Les Moissons...L'influence Bashung est évidente et assumée puisque le groupe reprendra Osez Joséphine en fin de set. Nickel.


On regrettera que PAOLO CONTE ait été programmé à 19h10. L'artiste Jazz aurait mérité un passage sur Glenmor et en plein après midi. Au lieu de ça, il aura eu le temps de voir défiler devant lui les milliers de gens quittant la grande scène (où venait de se produire Matmatah) pour aller au stand de restauration. Franchement très limite cette histoire. On aura quand même apprécié au milieu de cet exode des perles telles que Sotto Le Stelle Del Jazz, Come Di et bien sûr Via Con Me. Devant moi un type tout droit sorti du HellFest est complètement captivé par la prestation du Maestro. Je crois voir sur le côté de son chapeau un badge "I ♥ Paolo" mais en regardant de plus près il s'agit c'est "I ♥ Porn" qui est inscrit. So Charrues !



Nous allons nous restaurer au calme mais même l'espace Gwernig est envahi ! Le stand végétarien (le seul du site) est pris d'assaut et on frôle la rupture de stock. Donc, petit conseil aux organisateurs pour 2018 : un ou deux stands végé de plus seraient les bienvenus. Après pas mal d'attente (heure de pointe aussi) et un très bon repas finalement obtenu, nous passons un petit moment devant KARHOUB sous le chapiteau. Mariage parfait entre le Kan Ha Diskan et le chant Palestinien. Moi qui ne suis pas spécialement fan des chants traditionnels en tout genre, j'avoue avoir bien apprécié ce passage vécu comme une vrai bulle d'air frais au milieu de nuages de poussière.


Nous ne retournerons pas sur Glenmor de la soirée et laisserons un public jeune et motivé sauter devant MACKLEMORE & RYAN LEWIS. C'est avec MIDNIGHT OIL que nous clôturerons nos Charrues 2017, une semaine après une splendide prestation au Festival de Beauregard, Peter Garrett et son groupe réussissent à nouveau un superbe live. Avec la moitié de la set list renouvelée , en témoigne le nerveux Redneck Wonderland. Grande classe ! 


Bilan positif pour cette nouvelle édition, même si je déplore la course au record d’affluence engagée depuis quelques temps par les organisateurs. Jérôme Tréhorel a beau répéter au lendemain de l'édition que la jauge ne sera pas augmentée, on le voit néanmoins très fier d'annoncer une édition record avec ses 280 000 personnes sur 4 jours. Je regrette les éditions à 230 000 où le site était bien plus respirable. Je suis souvent très critique avec les Charrues mais finalement j'aurai bien du mal à ne pas y aller. C'est comme un vieux pote avec tous ses défauts, ça reste ton pote quand même. Et ça compte !

Les + de 2017                                            Les - de 2017
- Pas d'attente (fouilles / entrées)              - Beaucoup trop de monde
- L'apéro Forumeurs                                 - Le sort réservé à Paolo Conte et ses musiciens
- La qualité de la restauration                   - Le Park Chateau
- La déco sympa                                       - Ambiance festive oui mais moins familiale et moins sympa
- Pas d'embrouilles ni bagarres               - Beaucoup d'alcool (sans pichet !) et de pisse (sans toilettes sèches)

TOP 5 MILOUZE EN LIVE :
1 - ARCADE FIRE
2 - DROPKICK MURPHYS
3 - MIDNIGHT OIL
4 - NAIVE NEW BEATERS
5 - FFF

Toutes LES PHOTOS ICI

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