jeudi 27 juillet 2017

U2 - JOSHUA TREE TOUR 2017 @ PARIS - Stade de France 25 juillet 2017

Pour la première fois dans leur immense carrière, le groupe s'autorise un regard sur le chemin parcouru au cours de leurs 40 années d'existence. Il semblait évident de s'arrêter alors sur l'album qui a tout changé : The Joshua Tree. Celui aux tubes intemporels, celui qui a mis le monde à leur pieds en cette année 1987, les plaçant par la même occasion parmi les plus grands groupes de tous les temps. 
La volonté des 4 paddies de célébrer les 30 ans de la sortie l'album seulement un an et demi après leur dernière tournée est une véritable aubaine. Toute personne ayant déjà vécu un live de U2 sait combien ces moments sont incroyables d'intensité, d'émotions et de ferveur et combien il est pénible de patienter 4 ou 5 années entre chaque passage du groupe en France. Cette tournée anniversaire où l'album est joué dans son intégralité et dans l'ordre est aussi l'occasion unique d'entendre et de voir sur scène des titres rarement voire jamais joués en live. C'en est trop, billet en poche, vignette Crit'Air (niveau 5) sur le pare brise...Let's go !


Il est à peine 21h00, The Whole Of The Moon des Waterboys résonne dans tout le Stade de France. Sous une clameur énorme (80 000 personnes) Larry Mullen Jr arrive seul et prend place derrière sa batterie, sur l'avancée en forme d'arbre, au milieu de la foule. Il saisit ses baguettes et assène une salve de coups formant une intro reconnaissable entre mille : Sunday Bloody Sunday. L'un des plus grands tubes du groupe. Tout un symbole, car en 1976, à l'age de 14 ans, c'est bien ce jeune blond réservé qui placarda une annonce sur les murs de son collège "Batteur cherche bassiste, chanteur et guitariste pour fonder un groupe...". Ont répondu à cet appel, Adam Clayton, David Evans (The Edge) et Paul Hewson (Bono). Ainsi est né U2.


Le début de set est un enchainement incroyable, Sunday Bloody Sunday, New Years Day, Bad et Pride (In The Name Of Love). Quel plaisir d'entendre le fameux riff de basse d'Adam Clayton sur New Years Day, chanté en version longue ce soir. De la tribune où je me situe, j'aperçoit le Sacré Cœur, la Tour Eiffel et le soleil couchant lorsque Bono entonne "Under A Blood Red Sky..." On n'est pas bien là ?
C'était prévisible, j'ai eu une nouvelle fois la chair de poule avec Bad. Le souvenir du concert du 6 décembre 2015 (initialement prévu le 14 novembre 2015) me revient inévitablement en mémoire. D'ailleurs Bono l'évoque avant que les premières notes de guitares ne me transpercent : "So many memories, here in Paris. So many ...". Comme à son habitude, Bono incruste des "snippets" au cœur de ses chansons, sur Bad c'est un bel hommage à David Bowie qui est rendu avec l'incursion de Heroes.


L'écran gigantesque s'illumine soudain et c'est la silhouette de l'arbre de Josué qui apparait sur fond rouge. l'avancée de la scène représente alors son ombre parfaite. Les quatre membres de U2 se regroupent et s'alignent face à la foule, Bono lève le poing, The Edge fait claquer l'intro mythique de Where The Streets Have No Name....c'est parti pour un grand moment de communion synchrone. "I Want to run...I want to hide..." 💓


De tout l'album, seuls With Or Without You et Red Hill Mining Town en version orchestrée avec cuivres (jamais jouée en live avant cette tournée) me semblent un peu "en dessous". Pour le reste, quel plaisir ! Plongé dans l'exercice périlleux de se mesurer au temps qui passe et à la comparaison, U2 défend chaque chanson comme jamais. 30 ans après les premières prestations live de l'album culte : I Still Haven't Found What I'm Looking For, Bullet The Blue Sky, sonnent toujours aussi bien. Mention spéciale au superbe  Running To Stand Still à la fin duquel Bono lance en français "maintenant on passe à la face B de la cassette ! ". 




Je suis franchement bluffé par la dimension live de certains titres (pourtant pas les plus connus) et la voix de Bono qui peut sembler un peu juste parfois est toute en puissance sur : In God's Country en hommage aux Irlandais d'Amérique. Ce dernier y va de son intro bluesy à l'harmonica sur l'excellent Trip Through Your Wires  puis c'est le stade entier qui reprend avec le groupe le refrain de One Tree Hill. L'écran dynamise très bien l'ensemble, en images mais également en lumières tant il est imposant. Aux couleurs de l'Irlande ou à celles de l'Amérique, indissociables sur cet album.




Après un court extrait façon Western noir & blanc, où les personnages s'en prennent à un dénommé Trump qui leur ment "You're a liar Trump", l'atmosphère se noircie jusqu'à devenir angoissante lorsque The Edge fait gronder ses cordes sur Exit. Bono a laissé tomber les lunettes et s'est coiffé du fameux chapeau noir période 87'. Il gesticule, danse, vit littéralement ce titre noir longtemps délaissé en live, jusqu'à l'avalanche guitare/batterie tandis que l'écran renvoi une image saccadée du visage du chanteur en gros plan. Le très grand moment du concert. Énorme ! 



L'enchaînement qui suit est tout aussi beau, la douce mélodie de Mother Of The Disappeared vient clôturer ce set majestueux et c'est la Mère du Punk, Patti Smith, qui rejoint le groupe, pour chanter ce dernier titre devant Bono à genoux, comme elle l'avait fait ce fameux 6 décembre 2015 sur People Have The Power. Quel final !


Bien entendu, après ce moment de bravoure et une ovation méritée, le groupe réapparait pour un rappel exigé de sept titres période post Joshua Tree. C'est tout d'abord Miss Sarajevo, que le groupe interprète après un court témoignage filmé d'une réfugiée Syrienne de 15 ans. Son portrait géant sera passé de mains en mains dans les tribunes pendant le couplet enregistré de Luciano Pavarotti. Le texte touchant de cette chanson trouvant encore aujourd'hui tout son sens, bien que l'horreur se soit déplacée de Sarajevo à Alep. Puis ce sont les inévitables tubes que le public attend : Beautiful Day, Elevation et Vertigo. Un beau triptyque tout en couleur repris en cœur par tout le public. On entendra d'ailleurs quelques cris hystériques pendant Elevation lorsque Larry Mullen Jr, via l'écran de 2442 pouces, enverra un cœur avec les doigts à ses admiratrices. Love.



"Cette chanson est dédiée aux femmes qui à un moment donné, se sont dressées pour défendre leurs droits, leurs idées et la cause de toutes les femmes...". Les accords de Ultraviolet (Light My Way) résonnent, tandis que défilent sur l'écran géant plusieurs portraits de Femmes. De Angela Davis à Lena Dunham, de Malala Yousafzaï à Patti Smith, de Hillary Clinton à Emma Watson, de Anne Frank à Angela Merkel, des Suffragettes à Simone Veil, sous les applaudissements unanimes. 
Autre titre incontournable issu de l'album Achtung Baby : One. Et même si on l'a entendu des centaines de fois, on ne boudera pas notre plaisir à se faire embarquer à nouveau par cette sublime ballade. Chantée, dans un stade par 80 000 personnes, ça fait son petit effet, croyez-moi !
Pour finir U2 présente un nouveau titre : The Little Things That Give You Away qui figurera dans le prochain album intitulé Songs Of Experience (sortie envisagée fin 2017). Parce que depuis le succès planétaire de The Joshua Tree, U2 n'a jamais cessé d'avancer quoiqu'on en dise et quoiqu'on en pense. Parfois de façon convenu (All That You Can Leave Behind, How To Dismantle An Atomic Bomb) parfois de façon plus risquée (Zooropa, Pop, No Line On The Horizon). Larry, The Edge, Adam et Bono, dispatchés aux quatre coins de la plateforme centrale se regroupent comme un seul homme quand arrive le dernier couplet de cette nouvelle chanson. Sous le regard bienveillant de Bono, au milieu du gigantesque Stade de France, U2 reste au bout du compte un groupe de Rock formé par 4 collégiens Irlandais. L'histoire continue.


Toutes les photos ici et les vidéos là.

La première partie était assurée par Noel Gallagher's High Flying Birds

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