mardi 21 août 2018

Fête Du Bruit 2018 @ Landerneau

Retour sélectif sur la 10ème édition de Fête Du Bruit. Comme les autres années (je suis venu en 2011, 2013 et 2014), je pose un regard très partagé sur ce festival : à la fois enchanté par la programmation, généralement très bonne, et souvent perplexe sur l'organisation et le comportement pénible de certain·e·s festivalier·ère·s déraisonnablement imbibé·e·s. Il n'empêche que j'y trouve quand même mon compte musicalement. So...
Ne sont pas chroniqués ici, les artistes que je n'ai pas vus (pas voulu ou pas pu).


JOUR 1

Comme souvent j'arrive tôt pour profiter des premiers artistes dans une ambiance très calme et un site pas encore noir de monde. Les notes de MZH PROJECT résonnent sur l'esplanade de la petite Palud, et parmi la liste des reprises faites par le groupe, j'entend Les Écorchés. Je me dis que Noir Désir me manque. En tout cas, merci à eux rien que pour ce petit bonheur d'entrée de jeu.
GENTLEMAN'S DUB CLUB prend le relais en plein soleil. Huit musiciens en costard qui font un Dub cuivré tendance Rock Steady. Pour être franc, je m'attendais à mieux et je me suis vite lassé. Peut être aussi déstabilisé par Jonathan Scratchley au micro qui chante plus comme un Jamaïcain que comme un Anglais de Leeds. N'est pas Terry Hall qui veut !

 

On retrouve un peu plus d'authenticité avec TIKEN JAH FAKOLY et là aussi il y a du monde sur scène (11 musiciens et choristes). L'Ivoirien offre un set impeccable et on retient particulièrement Francafrique et Balayeur Balayé qui ont trouvé un bel écho dans le public.


La véritable émotion du jour arrive avec PATTI SMITH. La reine du Punk, accompagnée à la guitare par son fils Jackson Smith, a été magnifique. Ghost Dance , Dancing Barefoot...le public est, d'entrée de jeu, captivé. Et quelle intensité dans le poème intitulé The Second Stop Is Jupiter (faisant référence au film L'Enfance D'Ivan de Andreï Tarkovski) qui monte crescendo pour finir comme un cri. C'est ensuite Beds Are Burning de Midnight Oil, puis le magistral Because The Night que l'icône dédiera à Fred Smith, son mari disparu en 1994. Le concert passe bien trop vite. Gloria est reprise en chœur par la foule, puis s'en suit une magnifique version quasi a capella de Can't Help Falling In Love chantée en hommage à Aretha Franklin. Le show finit avec People Have The Power. Patti Smith met en garde la jeune génération sur la nécessité de faire entendre sa voix face aux dirigeants politiques et de lutter pour préserver les libertés de plus en plus bafouées. La Grande Dame quitte la scène après un dernier regard bienveillant sur le public chamboulé par tant de charisme.

 

C'est la grosse artillerie SUM 41 qui s'installe ensuite sur scène pour la seule date Française de leur tournée Européenne. Belle prise donc pour le festival. N'étant pas un grand spécialiste du groupe, je me suis néanmoins laissé facilement happé par leur musique entraînante et pêchue. Frank Zimmo est impressionnant à la batterie, tout comme Dave Baksh à la guitare solo. Une guitare qui paraît bien petite dans ses bras, gros comme mes cuisses. Deryck Whibley, le chanteur aux cheveux blonds peroxydés assure le show "à l'Américaine" en désignant le public du doigt : "Thank You ! Thank You ! Thank You !". Des effets de scène, une structure gonflable énorme de squelette, une reprise fédératrice (We Will Rock You de Queen) et un final imparable avec In Too Deep, Fat Lip et Still Waiting, Ils ont assuré !


 

JOUR 2

Présent uniquement l'après-midi, je découvre sur scène LE MAMØØTH, jeune groupe Brestois de Rock Garage. Pas beaucoup de monde devant la scène car il est encore tôt, mais les hurlements du chanteur et le bon paquet de décibels balancés, façon choc frontal, ont réveillé les groggy de la veille. Mise en route brutale.

 

Fausse alerte, le démarrage en trombe amorcé par Le Mamøøth n'était qu'un subterfuge, l'enchaînement sera Reggae avec DANAKIL. Les fans sont là, en nombre et s'en donnent à cœur joie. Ça chante et ça danse sur Champs De Roses, Marley, La Route Des Songes ou en encore Non, Je Ne Regrette Rien. Pour les non initiés du groupe, ce concert, bien qu'assez agréable, peu devenir un brin lassant et répétitif.


VALD, les jeunes ont adoré, moi j'ai serré les dents, n'ayant aucun endroit sur site pour échapper à ça. Au bout d'une 1/2 heure, j'ai même songé à quitter le festival. C'est le moment qu'ont choisi plusieurs amis pour venir à moi pour taper la discut'. Une véritable intervention divine (comme quoi il faut garder la foi). Je n'entends plus rien qui vient de la scène et les minutes défilent. Sauvé ! Le concert de Vald est terminé. Je sais : il en faut pour tous les goûts.

Passer de Vald à FEU! CHATTERTON c'est un peu comme passer du MacDo à un restau étoilé. On passe de "Elle aimerait bien s' faire violer..." à "Madame je jalouse le vent qui vous caresse la joue...". Un coup à trouver le set du groupe Parisien comme le meilleur concert de tous les temps. Plus sérieusement, le set de Feu! Chatterton fut splendide. Arthur Teboul au chant est toujours aussi bavard et excelle dans les enchaînements et le jeu de scène. Le groupe, quant à lui, a gagné en finesse et musicalement c'est vraiment très bon. On embarque : Boeing,  Côte Concorde. On s'aventure : La Mort Dans La Pinède, L'Oiseau, La Malinche. On s'enivre : L'Ivresse, Ophélie, Ginger. Excellente prestation !


 

JOUR 3

Dernier jour de festival et toujours peu de monde à 15h30 pour le début des concerts. Le réveil commence à être difficile à Landerneau. C'est bien dommage car THE DECLINE ! a été très bon. Un groupe de Punk/Rock sous estimé qui n'est pas sans me rappeler New Model Army, Shoulders ou encore Social Distortion. Ce live sera l'un des derniers du groupe Rennais qui a décidé d'arrêter à la fin du mois prochain. Définitivement, temporairement ? Dans tous les cas ce baroud d'honneur fut un des très bons moments du weekend.


 

Pendant plus d'une heure, LA PHAZE tentera de faire bouger un public qui arrive doucement sur le site. En vain. Damny Baluteau, au chant, est cloué sur une chaise pour cause de jambe plâtrée. On le sent plus que jamais frustré de ne pas pouvoir exulter sur scène comme à son habitude. L'horaire réservé à ce groupe n'est pas un cadeau non plus et ne facilite pas les choses. Les titres sont pourtant très pêchus, tendance Asian Dub Fondation ou Freedom For King Kong, le set est bon pourtant, mais ça ne décolle pas vraiment.

 

SEASICK STEVE traîne sa casquette John Deere sur le site depuis la veille et c'est avec de petits yeux qu'il arrive sur scène. La faute aux enfoirés qui l'ont réveillé ce matin avec de la musique merdique (heu... Shaka Ponk ?) raconte-t-il un peu plus tard. Peut être aussi un peu à cause du vin rouge que l'Américain apprécie tant. La bouteille qu'il a près de son fauteuil sur scène ne va pas faire long feu d'ailleurs ! Entre deux gorgées, le blues du vieux briscard fait son effet et le public répond timidement pour la première fois de la journée. C'est un véritable ballet de guitares qui se produit devant nos yeux. Différente pour chaque morceau. Tantôt une guitare "normale", tantôt un bricolage improbable d'une planche à laver, d'une plaque d'immatriculation rouillée ou d'une caisse de bois à une corde !
On a connu Seasick Steve avec un peu plus de proximité envers le public, cette fois-ci il reste finalement souvent dans son fauteuil. Niveau musique c'est nickel. L'apport d'un deuxième guitariste est bénéfique et Crazy Dan à la batterie fait le show, me faisant vraiment penser à Jean-Marie (Animal) du Muppet Show. C'est la troisième fois que je vois Seasick Steve en live : Jamais déçu !


 

Une petite bruine tombe sur l'esplanade de La Petite Palud comme pour saluer l'arrivée du groupe Écossais FRANZ FERDINAND. Une entrée en scène pas des plus énergiques (décidément !) mais heureusement l'impression va vite se dissiper. Alex Kapranos va prendre le taureau par les cornes et va enfin réussir à soulever pour de bon ce public du dimanche. Le tempo des chansons est un peu plus lent que lors des tournées précédentes mais l'effet reste toujours le même : Franz Ferdinand sur scène, ça fonctionne à merveille.
La réorganisation du groupe opérée il y a un an (départ du charismatique Nick McCarthy et arrivée de Dino Bardot et Julian Corrie) a fait prendre au groupe un virage Glam bien assumé sur leur dernier album. Sur scène, Alex occupe désormais la place de seul vrai leader. Il interpelle le public en Français (avec l'accent) "Mesdames et messieurs écoutez et répétez ! Bonjour vous êtes Jacqueline ? Faites du bruit les amis...". Les tubes s'enchaînent : The Dark Of The MatinéeAlways Ascending, Jacqueline, Lazy Boy, Love Illumination, Ulysses, Take Me Out... On a pas cinq minutes pour souffler. Le dernier titre This Fire résume bien cette fin de set : This fire is out of control, we're going to burn this city, burn this city...




 


 

Après ça, je reste vingt bonnes minutes devant SHAKA PONK, à voir ce groupe, devenu tête d'affiche, bouger dans tous les sens sur scène dans un décor impressionnant. Mais bon, concernant la musique de Shaka Ponk, je suis un peu du même avis que le vieux Steve hein ! Je laisse les fans profiter et je décide de rentrer.
Fête Du Bruit s'arrête là pour ma part et j'ai toujours cette drôle d'impression en quittant le site. Un festival sauvé par sa programmation qui ferait bien de concentrer ses efforts sur son organisation, car sur place c'est très perfectible, même après 10 éditions (traitement des bénévoles, déco, sécurité, toilettes, propreté, etc...).


Aucun commentaire:

Publier un commentaire