Peter Hook & The Light @ La Carène, 22 mars 2025 - Brest
À 69 ans Peter Hook, bassiste de Joy Division/New Order au jeu reconnaissable entre tous, trace son chemin avec sa propre formation, The Light, depuis presque 20 ans maintenant, régalant les fans du monde entier avec des concerts "marathon" digne du Boss. Le mancunien s'est lancé pour objectif de jouer la totalité de la discographie de ses deux groupes au fil des tournées et des années. Un vrai cadeau pour les fans de New Order mais aussi pour ceux de Joy Division car certaines chansons du groupe n'avaient jamais été jouées en live auparavant (Ian Curtis, chanteur iconique de Joy Division, s'étant donné la mort avant la sortie de Closer leur second album). Taulier du post-punk, pionnier du mouvement Madchester et de la vague Acid/House qui a déferlé sur l'Europe fin 80's, co-propriétaire d'un des night-club les plus importants de l'histoire de la musique (l'Haçienda), bagarres, drogues, faillite, procès, excès en tout genre...Peter Hook a eu une vie agitée mais est toujours là ! Il demeure aujourd'hui, à juste titre, une légende vivante et sans surprise, ce concert ainsi que tous ceux de sa tournée affichent complet.
Cette date brestoise est la dernière de la tournée Substance où Hooky reprend l'intégralité des deux albums/compilations de New Order et de Joy Division. Pas de première partie puisque le groupe joue près de 3 heures ! Le concert débute avec Crystal, Regret puis What Do You Want From Me ? titre du groupe Monaco que Peter Hook avait fondé fin 90 avec David Potts, le guitariste de The Light, sur scène aujourd'hui. Après cette intro changeante à chaque concert de la tournée, place à l'album Substance de New Order. Pendant 1h30, passage en revue des hits du groupe en commençant par Ceremony titre symbole par excellence puisqu'il demeure le dernier écrit par Joy Division et le premier sorti par New Order.
La première partie du set est très bonne avec les emblématiques Temptation, Everything's Gone Green, Confusion, The Perfect Kiss et bien entendu Blue Monday, peut-être le plus gros tube de New Order, que la foule accueille d'une belle clameur. Peter Hook, plié en deux sur sa basse qu'il balance au niveau de ses genoux, vient dès qu'il peut au plus près de la scène regarder son public droit dans les yeux avant de retourner au micro, bras levé et tournoyant. À sa droite, un autre bassiste, plus jeune, au même physique, s'active autant que son ainé : c'est Jack Bates le fils de Peter Hook qui l'accompagne depuis plus de 10 ans maintenant. Les chiens ne font pas des chats ! La seconde moitié du set est moins convaincante. Les chansons comme Sub-Culture, Shellshock, State Of The Nation et Bizarre Love Triangle sont vraiment ancrées période 80's et vieillissent un peu mal je trouve. L'ambiance redescend d'un cran même si True Faith, qui clôture cette première moitié de concert, trouve un bon accueil auprès du public. Le groupe fait ensuite une pause de quelques minutes avant de revenir en mode Joy Division. Peter Hook semble plus grave, dédie ce set à Ian Curtis et la soirée prend une allure plus solennelle. Le ton est beaucoup plus dur, la voix de Hooky est plus adaptée à ce registre, c'est un tout autre concert qui débute.
Aucune fausse note et aucun ennui dans cette seconde partie de concert. C'est brut, rock, sombre et on mesure à l'écoute de Warsaw, Digital, Leaders Of Men, Autosuggestion ou Disorder, toute l'influence que Joy Division a pu avoir sur les générations entières de groupes. De Killing Joke qui est arrivé dès 1980 jusqu'à Frustration aujourd'hui. Le public semble plus apprécier également et pogote au milieu de la salle. La dernière ligne droite du set est superbe : Transmission, She's Lost Control, Shadowplay, Incubation puis Dead Souls. Peter Hook explique avec émotion qu'elle était la chanson préférée de Ian Curtis et qu'il aimait danser dessus lors des concerts pendant la longue intro du morceau et ainsi voir la réaction du public interloqué de le voir exécuter sa fameuse "Epilepsy Dance". Cette séquence qu'évoque Peter Hook est l'une des scènes cultes du très bon film "Control" d'Anton Corbijn qui retrace la vie de Ian Curtis. Le concert touche à sa fin, le final est splendide avec les très attendus Atmosphere et Love Will Tear Us Apart, hymne intemporel repris par toute la salle. Quel plaisir ! Peter Hook, toujours aussi généreux et sincère avec son public, quitte la scène de La Carène le devoir accompli, non sans avoir jeté son tee-shirt dans la foule et embrassé son fils. Excellent concert !
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