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samedi 5 février 2022

Stanley Brinks & Freschard @ Le Tempo, 3 février 2022 - Morlaix

Les soirées imprévues sont souvent les meilleures et celle de jeudi soir n'a pas n'a pas failli à la règle. C'est effectivement en plein après-midi que je vois passer l'info d'un concert à Morlaix de Stanley Brinks & Freschard, le duo musical le plus "hors-clous" de ces dernières années. 

En marge, certes ! Mais pas inconnu pour autant. Stanley Brinks (aka André Herman Düne) résidant aujourd'hui à Berlin, n'a jamais cessé de tourner et de produire des albums depuis son départ en 2006 du groupe Herman Düne, fondé avec son frère David. Impossible même de dénombrer exactement le nombre d'albums réalisés seuls ou en collaboration, mais on est sur la centaine environ. Le plus dingue c'est que chacun d'entre eux est à chaque fois un petit bijou Lo-Fi, Indé ou AntiFolk...enfin appelez ça comme vous voulez mais la créativité de Stanley Brinks semble inépuisable et sans jamais souffrir de médiocrité. Clémence Freschard, n'est pas en reste avec une quinzaine d'albums au compteur dont une poignée avec son compagnon de route. Le dernier en date : Lion Heart, est encore une fois excellent. On y parle Amour, Alcool et Quotidien. Il n'en faut pas plus pour nous convaincre. C'est parti pour une traversée des Monts d'Arrée, direction Morlaix.

Le concert est divisé en 3 sets : Les chansons de Freschard tout d'abord, celle de Stanley Brinks ensuite, puis celles composées à deux. Principalement issues de leurs dernières compos.

Le timbre de voix si spécial de Stanley Brinks colle parfaitement avec la douceur dégagée par Freschard et son accent très Frenchy. En formule minimaliste Chant/Guitare, style qui correspond si bien aux deux artistes, le concert prend une tournure encore plus intimiste lorsque Stanley propose à Freschard de chanter sans les micros et de venir jouer hors de la scène au plus près du public voire carrément au milieu du public. Celui-ci ne cache pas son plaisir de voir ainsi le spectacle devenir presque un bœuf entre potes, comme à la maison. 

 

Parmi les nombreuses chansons interprétées, mention spéciale à Way Away, Orange Juice, Grapes, Find It, et Stay Where You Are où Stanley Brinks s'arrête pour accorder sa guitare sous le regard étonné de sa complice qui voit sa chanson amputée d'un couplet. Amusé plus qu'embêté le duo reprend le titre pour le finir comme il se doit. Le concert se termine et Freschard lance au public "Avant de partir, y'a-t-il une chanson que vous n'avez pas entendu et que vous voulez que l'on joue ? ", une belle proposition saisie par une spectatrice qui répond du tac au tac "Berlin". Excellent choix ! C'est donc sur cette joyeuse chanson, que l'auditoire reprend en chœur, que s'achève le concert. Ensuite le public pourra encore profiter des deux artistes entièrement disponibles en terrasse ou au comptoir.
Un grand merci à Freschard et à Stanley Brinks pour cette belle parenthèse musicale. On apprécie toujours autant l'authenticité et la qualité des textes et on a tellement aimé cette simplicité et cette proximité qui manquent cruellement par les temps qui courent.

J & A

 

samedi 18 novembre 2017

STANLEY BRINKS & THE WAVE PICTURES @ Festival Invisible - La Carène - 17 novembre 2017 Brest

Dans le cadre du l'excellent Festival invisible Brestois, il est un concert qui a particulièrement attiré notre attention, celui de Stanley Brinks & The Wave Pictures. Petit rappel sur le parcours atypique de celui qui se cache depuis plusieurs années sous ce pseudonyme. Stanley Brinks n'est autre que André Herman Düne membre fondateur du groupe franco-suédois du même nom qu'il composait avec son jeune frère David-Ivar et le batteur Cosmic Neman. En 2006, après plusieurs albums magnifiques (Switzerland Heritage, Not On Top, Mas Cambios...), André quitte le groupe, fuyant la médiatisation et le succès engendré par le sublime album Giant. Il laisse alors son frère aux commandes, le groupe continu sans lui et enlève symboliquement le tréma de son nom, devenant ainsi Herman Dune. André lui s'exile à Berlin, prend un pseudo et replonge totalement dans la scène  underground, celle de l'Anti Folk et du Lo-Fi. Depuis, Stanley Brinks sort au minimum 2 albums par an, multiplie les collaborations et écrit des chansons à la pelle. On lui attribue une cinquantaine d'albums en moins de vingt ans. Sa venue dans l'Ouest est plutôt un évènement.


La scène est disposée dans le grand hall à côté du bar. une proximité et une configuration qui sied bien au groupe. Stanley Brinks débute le set avec un blues/folk qui captive d'entrée. Son timbre de voix est reconnaissable entre mille et ses mélodies sont tout simplement belles. Le jeu de guitare est lui aussi typique "Herman Düne". Des accords folk et des notes solos hachées dans les aigus. La set list du soir est composée de titres allant du style Hippie avec Back To My Island In The Sun, au Folk Caraïbes avec Spinola Bay, en  passant par des chansons plus tendues et plus sombres comme I Didn't Know You. Fidèle à son image, Stanley Brinks ne communique quasiment pas, glissant juste un timide "Merci Beaucoup" par-ci par là. Plus le concert passe et plus les verres se remplissent au bar comme sur la scène où trône une bouteille, à portée de main du groupe qui ne se prive pas (téquila? gin?). La chanteuse Freschard avec qui Stanley Brinks collabore régulièrement le rejoint sur scène pour interpréter deux morceaux dont le joyeux Africa. Pour finir Stanley Brinks et son jeune guitariste interprète le génial HD Rider, seule titre de Herman Düne joué ce soir. C'est l'heure de la dernière, Stanley Brinks s'allume une cigarette, se remplit son verre, entonne un déterminé I'll Come Back When I Come Back et quitte la scène discrètement avant la fin du morceau. On vient de passer un très bon moment en compagnie de quelqu'un d'assez rare.

                                                                                                                                            Jérôme