vendredi 5 décembre 2025
The Chameleons @ Cabaret Vauban, 4 décembre 2025 - Brest
lundi 17 mars 2025
Mathieu Boogaerts @ Cabaret Vauban, 16 mars 2025 - Brest
Mathieu Boogaerts vient jouer au Vauban pour la quatrième fois, à l'occasion de la sortie de son neuvième album intitulé Grand Piano. Il semble aussi heureux que le public d'être là et déboule sur scène seul sans tambours ni trompettes cinq minutes avant l'heure annoncée. Il nous présente illico son "grand piano", alias son groupe de trois musiciens qui le rejoignent sur scène depuis le fond de la salle. La seule fois que j'ai vu Mathieu Boogaerts en concert, ici même, il y a 22 ans, il était seul sur scène et projetait sur un écran un groupe qui l'accompagnait. Je me rappelle aussi d'un faux rocher sur lequel il se posait avec sa guitare. Un très bon souvenir qui ne demandait qu'à être ravivé ce soir.
Vêtu de la même chemise jaune qu'il porte dans son dernier clip, Mathieu Boogaerts explique avoir écrit le nom des toutes les chansons qu'il va jouer ce soir sur des petits bouts de papier entassés dans sa poche. Hormis la première et la dernière, l'idée est donc d'en tirer au sort l'ordre au fur et à mesure de la soirée, rendant ce concert unique. Idée originale qui colle bien au personnage. Le concert débute tout en douceur avec Faut Pas Que J'oublie, magnifique chanson qui ouvre également l'album Grand Piano. Vient ensuite ce qui va être le rituel de la soirée : main au fond de la poche, lecture du petit papier (sans en souffler mot au public), annonce discrète au musiciens, indications d'éclairage et c'est parti ! Lumière rouge, fesses qui frétillent en rythme c'est Bas De Laine qui est le premier titre sorti de la poche, suivi de Bancal et du magnifique Avant Que Je M'ennuie.
vendredi 29 novembre 2024
ALAIN CHAMFORT @ Cabaret Vauban, 28 novembre 2024 - Brest
Pour reprendre, l'expression d'un ami qui a toujours le bon mot, Alain Chamfort est un peu le Bryan Ferry français. Un taulier de la variété dans ce qu'elle sait faire de mieux, un dandy délicat et discret, un anti Sardou/Hallyday. Son dernier album intitulé L'Impermanence, sorti en mars de cette année, est, de loin, celui que j'ai préféré parmi tout ce que j'ai écouté en 2024, catégorie chanson française. À l'instar de Christophe, qui, en 2016, à plus de 70 ans, avait sorti le sublime Les Vestiges Du Chaos, Alain Chamfort signe un retour magistral avec un album oscillant entre fragilité et modernité. Un album d'une grande élégance, qui lui ressemble tout simplement.
Dans un Cabaret Vauban complet et plein à craquer, je faisais clairement partie des plus jeunes du public. Pendant les 30 minutes qui ont précédées le début du concert, c'est le best of de Joe Dassin qui était diffusé dans la salle. De quoi chauffer l'ambiance ? Carrément ! Toutes les personnes autour de moi reprenaient en cœur L'Équipe à Jojo ou Dans Les Yeux D'Émilie...un peu flippant d'ailleurs ! Les lumières s'éteignent, c'est parti ! Ce sont d'abord les quatre jeunes musiciens du groupe qui commencent et interprètent Baby Boum, avant qu'il arrive à son tour sur les notes de La Fièvre Dans Le Sang. Après cette entrée en matière plutôt directe, Alain Chamfort, indique avec humour avoir hésité entre stades ou petite salles pour cette nouvelle tournée. Il en a confié la direction musicale à Adrien Soleiman qui s'est donc chargé de piocher dans le répertoire du chanteur, entre anciennes et nouvelles compos pour façonner une set-list assez irréprochable je trouve. Dans ce début de show, les tubes sont présents avec Clara Veut La Lune et Bambou, pourtant, ce sont finalement les titres Amour Année Zéro, Contre L'Amour ou Notre Histoire qui ont ma préférence. Sur cette dernière chanson, Julia Jérosme (clavier et chant) apporte une très belle intensité sur le final.
Le décor de scène est sobre, un vase et des fleurs comme sur la pochette de L'Impermanence, son dernier album dont il joue ensuite 4 titres : L'Apocalypse Heureuse, Whisky Glace, l'irrésistible En Beauté et le fragile Par Inadvertance. Alain Chamfort, qui se charge essentiellement de composer les musiques de ses chansons, rend ensuite hommage à ses paroliers, Jacques Duvall et Pierre-Dominique Burgaud pour ne citer qu'eux. C'est le moment d'enchainer un Medley très années 80, même dans le son : Bébé Polaroïd/Bons Baisers D'Ici/Souris Puisque C'Est Grave. Le public est au taquet, et Alain Chamfort semble lui aussi passer un très bon moment. Tout en regardant sa troupe, il lâche comme un cri du cœur : "Je suis vraiment content d'être là...". Et puis, il est presque à domicile finalement, lui qui a des origines morbihannaises et dont le "vrai nom" est Alain Le Govic.
lundi 18 novembre 2024
The Silencers @ Cabaret Vauban, 16 novembre 2024 - Brest
The Silencers au Vauban, c'était clairement inratable pour toutes celles et ceux qui, comme moi, étaient tombés raides dingues de A Letter From St Paul, A Blues For Buddha et Dance To The Holy Man (mon préféré), les 3 premiers albums du groupe. Que de souvenirs ! Aujourd'hui, l'adorable Jimme O'Neill, est le seul rescapé de la formation d'origine qu'il avait créée il y a 40 ans avec ses potes. Le groupe a vu passer un bon nombre de musiciens depuis. The Silencers est même devenu une affaire de famille puisque Aura et James O'Neill, les enfants de Jimme, ont intégré la formation il y a plusieurs années déjà. Après la mort de Cha Burns, (guitariste et compagnon de route de toujours de Jimme O'Neill) en 2007, The Silencers se sont fait plus discrets. L'album Come paru en 2004, restait leur dernier en date jusqu'à ce que paraisse, un peu à la surprise générale, le superbe Silent Highway il y a 1 an. Pendant tout ce temps, Jimme O'Neill n'était pas resté inactif, loin de là. Il n'a jamais quitté la scène, se produisant régulièrement avec son groupe, en solo ou avec d'autres projets musicaux tels que The Honkytonk Hicks ou The Celtic Social Club. Avec ce nouvel album des Silencers, l'inépuisable Jimme signe un magnifique retour aux sources et repart en tournée pour le plus grand bonheur des fans dont je fais partie.
C'était la course pour ne rien vous cacher ! La route, les travaux du tramway dans le quartier du Vauban, chercher une place de parking, retrouver les copains et casser la croûte... Je suis arrivé pile poil au début du concert. Bon, comme c'était complet, je me suis retrouvé tout au fond de la salle, près du bar. Pas la meilleure place pour bien voir le spectacle mais on peut dire que j'étais dans l'ambiance. Les solides et bruyants buveurs de bières qui m'entouraient ont transformé le cabaret Vauban en un vrai pub de Glasgow. Bruyants certes, mais fans ceci dit ! Ils reprenaient joyeusement en cœur la quasi totalité des chansons. En revanche il m'était impossible de bien entendre les échanges que Jimme O'Neill avait avec le public. Du coup, j'étais bien placé pour prendre moi aussi une bonne bière. On se console comme on peut !
Une set list best of qui débute en fanfare avec Painted Moon et son fameux solo d'harmonica suivi de I See Red et Answer Me, titre qui ouvre l'album A Blues For Buddha que j'ai tant écouté. Quel plaisir ! Arrive ensuite Hey Mr. Bank Manager, la plus Beatles des chansons des Silencers, comme un mélange des classiques Money et Mr. Postman. Ce soir, Jimme O'Neill est entouré de 3 musiciens dont Baptiste Brondy, batteur du groupe Delgrès, avec qui il a produit et arrangé Silent Highway. Ce dernier nous gratifiera d'un solo magnifique à la fin de I Want You un peu plus tard. Mais pour l'heure, c'est le nouvel album qui est mis à l'honneur avec 67 Overdrive, Western Swing, Whistleblower et Sunny Side.
Ces nouveaux titres sont vraiment bons et s'intègrent parfaitement aux anciennes compos. Le temps défile, on entre dans la seconde moitié du concert dont je retiens bien sûr Scottish Rain, Number One Friend, I Want You et le formidable Bulletproff Heart, que Jimme O'Neill avait composé en 1980 avec son premier groupe Fingersprintz. C'est un autre tube imparable qui clôture le set : The Real McCoy, lui aussi repris en cœur par un public qui aura été très bon ce soir.
Après une ovation méritée, Les Silencers reviendront pour un ultime tour de piste, en reprenant tout d'abord The Letter des Box Tops avant de finir une fois pour toute le show sur I Can Feel It dans un Vauban bouillonnant. Un superbe show, des retrouvailles dignement fêtées, une joie partagée, bref, un excellent concert ! Alors qu'il avait joué en showcase un peu plus tôt dans la journée (chez Dialogues Musiques) et après 2 heures de concert, Jimme O'Neill, toujours aussi humble, passera de longs moments avec le public, se rendant disponible pour les dédicaces, les selfies et les échanges passionnés. Vers 2 heures du matin, dans un cabaret Vauban passé en mode boîte de nuit, il était encore derrière une pinte de bière à discuter... Inépuisable !
Jérôme
vendredi 13 septembre 2024
PETER DOHERTY @ Cabaret Vauban, 12 septembre 2024 - Brest
J'ai toujours eu un faible pour Peter Doherty. Je lui reconnais du talent, du charisme et de la poésie. J'ai eu l'occasion de le voir 4 ou 5 fois déjà, avec The Libertines, Babyshambles ou en solo. Des prestations très inégales allant du très bon au mauvais selon la période. Mais même quand il était à côté de la plaque, je lui trouvais un côté attachant et authentique, c'est comme ça ! Peut-être parce physiquement il ressemblait un peu à mon frère il y a quelques années. Aujourd'hui, Peter Doherty semble apaisé, bien dans ses pompes, moins torturé. Sa venue à la mythique salle brestoise, annoncée mi-juillet, semblait presque trop belle pour être vraie et pourtant...en ce jeudi soir, dans un Cabaret Vauban plein à craquer, Peter Doherty est bel et bien là. Un vrai cadeau de rentrée.
La première partie est assurée par Liza Mauzole, une jeune artiste brestoise qui chante un folk, pas si doux que ça, oscillant entre Joni Mitchell et Dick Annegarn à qui, Vacille, Tangue, sa seule chanson en français m'a fait penser. Liza Mauzole nous raconte son histoire en toute simplicité et honnêteté, ses chansons sont convaincantes et ses mélodies accrocheuses : Super Hero et Single Song en sont de parfaits exemples. La jeune artiste, très honorée d'assurer la première partie d'une légende, comme elle le déclare avant son dernier titre, clôture sa très bonne prestation par un titre de circonstance : There She Goes des Babyshambles.
Il fait au moins 30°C dans la salle et pourtant, Peter Doherty arrive avec un long manteau d'hiver et coiffé d'un chapeau qu'il ne quittera pas. Il est accompagné sur scène, par intermittence, par le guitariste Andrew Newlove, compagnon de route depuis plusieurs années, mais c'est essentiellement en mode solo que le concert va se dérouler. Pas de set list, Peter Doherty se laisse aller au gré de ses envies et inspirations. Il débute avec Empty Room (nouvelle chanson ?) puis enchaîne très vite avec des titres plus anciens, ceux des Libertines et des Babyshambles : The Ha Ha Wall, Can't Stand Me Know ou le sublime Beg, Steal Or Borrow.
Le Brestois est taquin et l'Anglais espiègle. Depuis le public une voix s'élève : «Il parle bien Français l'Anglais !», sur scène du tac au tac, Peter Doherty l'œil malin et le sourire en coin répond quasiment sans accent : «En fait oui...». Un délicieux moment comme Le Vauban, avec son atmosphère si particulière, sait en offrir très souvent. Les échanges avec le public se multiplient, chacun demandant sa chanson favorite. Aussi lorsque Peter Doherty réclame une cigarette aux spectateurs, ce sera en échange de Salome, l'un des plus beaux titres de sa carrière. Il grimace mais s'exécute...en vain car malgré quelques tentatives il n'arrivera pas à retrouver les accords de la chanson. Sur le côté de la scène, une petite tête blonde dévore l'artiste des yeux et applaudit presque aussi fort que le public : c'est Billie-May, la fille de Peter Doherty, âgée de 15 mois seulement. Son père la regarde tendrement et lui chante en français Mon Petit Lapin A Bien Du Chagrin, à la fin de la chanson on entend un aboiement...on se croirait vraiment dans son salon ! Quel plaisir de le voir si heureux et souriant quand on connaît son parcours.
jeudi 9 décembre 2021
KLÔ PELGAG @ Cabaret Vauban, Brest 4 décembre 2021
Heureux·ses les brestois et les brestoises, la talentueuse Klô Pelgag passait par le Cabaret Vauban samedi soir pour y jouer son 3ème album : Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Avec ce nouvel opus, d'une beauté et d'une sincérité fascinantes, l'artiste québécoise a raflé quasiment tous les trophées du gala de l'ADISQ (hautes récompenses québécoises de l'industrie du disque), égalant au passage un record détenu par Céline Dion. Rien que ça ! Pour ma part, j'ajoute à tout cela les chaudes recommandations d'une amie, installée à Montréal, qualifiant cette soirée comme immanquable. Bref... Je me suis précipité dans l'écrin brestois avec l'excitation des grands soirs.
On frissonne dès le début. Quelle entrée en matière ! Klô Pelgag, au piano et entourée de sa troupe de musiciens, fait montre de toute sa puissance vocale avec La Maison Jaune. Il est rare qu'un concert dégage autant d'intensité aussi vite. Le public est complètement happé par la chanteuse qui, à l'image de son dernier album, joue les montagnes russes en terme d'émotions. Joie et douleur explosent. Tantôt entrainante et malicieuse, tantôt bouleversante, à fleur de peau. Impossible de ne pas penser à l'immense Kate Bush à l'écoute de Für Elise ou Le Sexe Des Etoiles. La sorcière du son a son héritière avec Klô Pelgag, dont l'univers créatif complexe et exigeant fait rejaillir des œuvres profondes et totales.
Tout s'enchaîne très vite. Si l'on est secoué par les vibrations de Rock Progressif sur Mélamine ou Insomnie, on est ensuite submergé d'émotion lorsque Klô Pelgag interprète seule au piano J'aurai Les Cheveux Longs ou Soleil. Malgré la force et la gravité de certains textes, l'artiste se plait à dédramatiser tout cela très vite. Renversant sa chaise ou déplaçant les sacs du public pendant le show devant les regards amusés. Elle s'en étonne d'ailleurs : « Vous me laissez partir avec vos affaires sans rien dire, vous êtes d'une bienveillance étonnante ! ». Touchante et déconcertante dans ses échanges, Klô Pelgag nous parle de Carlos et du Big Bisous sans trop que l'on sache pourquoi, de la pandémie, avant de balancer, comme un cri du cœur : « Let's go ! La vie s'est fait pour vivre ! ».
Après les superbes Samedi Soir À La Violence et Rémora, Klô Pelagg et ses musiciens quittent la scène pour y revenir quelques secondes plus tard pour un rappel qui sonne la fin du concert. Alors on profite une dernière fois de sa vitalité et de son talent avec Les Animaux et Les Ferrofluides-fleurs que le public entonne. Klô Pelgag balaie des yeux une dernière fois l'ensemble du public : « C'était le spectacle de Brest, belle vie à tous ! ». C'est fini. On ressort boosté, chamboulé par cette immersion, ce voyage dans le monde de Klô Pelgag, qui a écrit ce soir, une très belle page de la mythique salle brestoise.
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Jérôme



















